Les entreprises gardent leurs salariés, mais n’embauchent plus

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Le marché de l’emploi aux Etats-Unis se refroidit, ce qui a aussi refroidi les attentes d’une hausse des taux d’intérêt de la part de la FED, qui va attendre d’y voir plus clair dans les prochains mois.

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Le marché de l’emploi aux Etats-Unis se refroidit, ce qui a aussi refroidi les attentes d’une hausse des taux d’intérêt de la part de la FED, qui va attendre d’y voir plus clair dans les prochains mois.

Marché de l’emploi

La croissance de l’emploi aux États-Unis a fortement ralenti en juin et les chiffres des deux mois précédents ont été revus fortement à la baisse, ce qui indique un refroidissement du marché du travail.

57.000 emplois ont été créés en juin contre 110.000 attendus, et le chiffre pour avril et mai a été révisé à la baisse de 74.000 emplois.

Dans le détail, les emplois dans les services professionnels et commerciaux ont augmenté de 36.000 postes, dans l’assistance sociale de 25.000, et dans la santé de 22.000.

De façon plus inquiétante, les emplois dans les loisirs et l’hôtellerie ont chuté de 61.000, le plus haut niveau depuis décembre 2020. Et l’emploi dans la construction a augmenté de 11.000 personnes, tandis que les emplois manufacturiers ont augmenté de 3 000.

Les salaires ont maintenu leur rythme de croissance non inflationniste, avec un taux de 3,5 % sur un an contre 3,4 % en mai, ce qui signifie qu’il n’y a pas d’effet de second tour voyant l’inflation entraîner une hausse des salaires.

Le taux de chômage a reculé à 4,2 % contre 4,3 % en mai, mais c’est essentiellement le fait du départ de 720.000 personnes de la population active, ce qui a fait baisser le taux de participation au niveau le plus bas depuis plus de cinq ans.

Ce dernier est tombé à 61,5 % contre 61,8 % en mai, ce qui est le reflet aussi de la diminution de l’immigration.

En résumé, le marché de l’emploi aux Etats-Unis se refroidit, en partie parce que le niveau des licenciements reste très bas, car, échaudées par les pénuries de main-d’œuvre des années précédentes, les entreprises américaines pratiquent une forme de rétention préventive de l’emploi, mais les embauches sont faibles.

Ces chiffres ont éloigné la perspective d’une hausse des taux en juillet, qui était déjà faible, et réduit la probabilité d’une hausse en septembre. 

Ces chiffres posent plus de questions qu’ils n’apportent de réponses, mais manifestement le marché de l’emploi se tasse insidieusement et plusieurs éléments contribuent à opacifier la situation.

Et je voudrais en rajouter un, les déclarations de Mark Zuckerberg, reconnaissant que les systèmes appelés agents IA n’avaient pas progressé aussi rapidement qu’il l’avait prévu.

Il a tenu ces propos lors d’une réunion interne, dont Reuters a eu les enregistrements, réunion qui concernait les conséquences de l’annonce par Meta du licenciement de 10 % de ses effectifs mondiaux et de la réaffectation d’environ 7.000 employés sur l’IA au mois de mai.

« La trajectoire du développement de l’agent au cours des quatre derniers mois n’a pas vraiment accéléré comme nous l’avions prévu », a reconnu Zuckerberg, alors que Meta devrait dépenser jusqu’à 145 milliards de dollars dans l’infrastructure de l’IA cette année.

En écho à ces propos, la présidente de la FED de San Francisco, Mary Daly, a déclaré « je pense qu’il existe un scénario où nous devons lutter contre l’inflation qui s’avère plus persistante. Il y a aussi un scénario où la croissance ne continue tout simplement pas à se soutenir … Ou l’investissement ralentit parce que les gens craignent de ne pas avoir encore vu les bénéfices ».

Et elle a déclaré que l’incertitude entourant l’impact de l’IA sur l’économie l’empêche de précipiter une décision sur les taux d’intérêt, « on ne veut pas réagir rapidement quand le monde change vite ».

Agir vite justement

Car il y a urgence vu la situation en Allemagne, et après l’absence de mesures depuis un an, le gouvernement du chancelier Friedrich Merz a enfin annoncé une série de réformes.

L’objectif est de faciliter la vie des entreprises, avec la promesse de réduire la bureaucratie, de laisser aux employeurs plus de possibilités d’embaucher des travailleurs sous contrat de courte durée et de rendre plus difficile leur absence pour maladie.

« Nous voulons remettre l’Allemagne sur les rails », a déclaré Merz aux journalistes.

Les mesures comprennent 10 milliards d’euros d’allègements fiscaux annuels pour les personnes à faibles revenus, financés par l’augmentation du taux d’imposition maximal à 47 %, contre 45 % pour les plus hauts revenus ayant un revenu annuel de 280.000 € ou plus.

Les mesures concernent aussi la construction de logements plus abordables et un plan d’action contre la fraude aux prestations, ainsi qu’une réduction de 8 % du personnel dans les ministères fédéraux grâce à la numérisation.

Ces mesures s’intègrent dans la réforme des pensions, avec un projet d’augmentation progressive de l’âge de la retraite, projet qui devrait être adopté par le parlement d’ici la fin de l’année.

Mais ces réformes posent question, car « la plus grande faiblesse du paquet de réformes est l’absence de mesures pour consolider les dépenses publiques », a déclaré le président de l’institut IFO, Clemens Fuest. « L’allègement fiscal n’est pas envisageable à moyen terme à moins que la croissance des dépenses publiques ne soit freinée ».

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