Quand Washington s’agite, Moscou récolte

Mode Expresso

Perplexité après les propos de Trump sur une fin proche de la guerre, que les marchés ont quand même mis à profit pour se reprendre, en oubliant que le grand perdant est le peuple iranien dans sa grande majorité.

Mode Lungo

Perplexité après les propos de Trump sur une fin proche de la guerre, que les marchés ont quand même mis à profit pour se reprendre, en oubliant que le grand perdant est le peuple iranien dans sa grande majorité.

Excès

Hier la chute des bourses, et la hausse du prix du baril étaient sans doute excessives, mais ce matin la réaction inverse l’est tout autant.

Car que veut dire une fin proche ? 

Surtout qu’en réponse à Trump, les gardiens de la révolution ont déclaré qu’ils « détermineraient la fin de la guerre » et que Téhéran n’autoriserait pas « un seul litre de pétrole » à être exporté de la région si les attaques américaines et israéliennes se poursuivaient.

Mais encore plus inquiétant, après un échange téléphonique avec Poutine, Trump a évoqué la possibilité d’alléger les sanctions pétrolières contre la Russie. Sacrifier l’Ukraine pour faire baisser le prix du baril, pour ne pas perdre les élections à mi-mandat ? Un marchandage cynique et qui semble pourtant se dessiner.

A ce stade, nul ne sait comment les sanctions pourraient être allégées, elles pourraient se traduire par un allègement général ou par des options plus ciblées qui permettraient à certains pays d’acheter du pétrole russe sans craindre des sanctions américaines.

Comme c’est déjà le cas depuis la semaine dernière pour l’Inde, qui bénéficie d’une dérogation temporaire permettant d’acheter certaines cargaisons de pétrole russe.

La perspective de voir les pays du G7 libérer une partie des stocks stratégiques a contribué aussi à faire baisser le prix du baril, mais tant que le détroit d’Ormuz restera bloqué, le prix ne baissera que marginalement.

Les bourses asiatiques se sont reprises ce matin, les futures en Europe indiquent une hausse de 1 %, le dollar repart légèrement à la baisse ainsi que les rendements obligataires.

Et pendant ce temps

La Chine continue de tracer sa route, de se tenir en dehors des conflits et de se renforcer.

Pour preuve, ses exportations ont fait un bond de 21,8 % sur la période de janvier-février, après déjà une forte hausse de 6,6 % en décembre. Cette hausse est portée essentiellement par les investissements en IA qui ont besoin de circuits intégrés et de technologies.

Et cette dynamique devrait perdurer, en particulier vers les Etats-Unis, les producteurs chinois s’engouffrant dans la brèche du sursis tarifaire après la décision de la Cour suprême, pour accentuer leur livraison.

Résultat, l’excédent commercial de la Chine pour les deux premiers mois s’est élevé à 213,6 milliards de dollars, dépassant de loin les 169,21 milliards de dollars enregistrés au cours de la même période l’année dernière.

De leur côté, les importations ont augmenté de 19,8 % en janvier-février, portées évidemment par la période du Nouvel An, un chiffre bien supérieur à la hausse de 5,7 % enregistrée en décembre.

Et ces exportations sont restées soutenues malgré un yuan qui demeure solide par rapport au dollar.

Quel contraste !

Avec la situation en Allemagne, où les commandes industrielles ont connu une chute de 11,1 % en janvier par rapport au mois précédent.

Même si on exclut les commandes à grande échelle, la baisse a été de 0,4 % en janvier, après il est vrai la plus forte hausse en deux ans en décembre.

Même constat pour la production industrielle qui a également chuté, de manière inattendue, de 0,5 % en janvier par rapport au mois précédent.

Ce recul est principalement dû à la baisse de la production de produits métalliques, qui a chuté de 12,4 %, mais on observe aussi des baisses dans l’industrie pharmaceutique ainsi que dans l’industrie des produits informatiques, électroniques et optiques.

Même si l’économie allemande devrait faire mieux qu’en 2025, ces chiffres sont décevants, et un prix durablement élevé du baril ne va pas améliorer les choses, bien au contraire.

Révision à la hausse

Bonne surprise au Japon, où le chiffre du PIB pour le quatrième trimestre de 2025 a été révisé à la hausse.

Il a en effet progressé de 1,3 % après une première estimation de 0,2 %, en taux annuel, soit une hausse trimestrielle de 0,3 %.

Cette révision à la hausse est surtout due à une hausse de 1,3 % des dépenses en capital des entreprises, alors que l’estimation première tablait sur une hausse de 0,2 %.

Et dans une moindre mesure par la révision de la consommation privée qui a augmenté de 0,3 %, contre une précédente estimation de 0,1 %.

Mais comme pour l’Allemagne, la situation demeure fragile, et si le prix du baril se maintient au niveau actuel cela affectera négativement la consommation et l’activité des entreprises.

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