Trump a craqué l’allumette, le pétrole explose

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Emballement, ce matin, du prix du baril, qui a dépassé les 100 $, ce qui entraîne les bourses nettement dans le rouge, une poursuite de la hausse des taux, ainsi que celle du dollar.

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Emballement, ce matin, du prix du baril, qui a dépassé les 100 $, ce qui entraîne les bourses nettement dans le rouge, une poursuite de la hausse des taux, ainsi que celle du dollar.

Conflit parti pour durer ?

Ce brusque emballement est la conséquence du sentiment que la guerre est partie pour durer, ce qui a comme conséquence que le détroit d’Ormuz risque de rester bloqué pour un moment, ce qui paralyse le transport maritime.

Conséquence de ce blocage du transport, les producteurs de pétrole ralentissent ou stoppent leur production étant dans l’incapacité de pouvoir écouler cette dernière .

Autre élément qui explique cette hausse, la nomination de Mojtaba Khamenei pour succéder à son père Ali Khamenei au poste de guide suprême de l’Iran indique sans ambiguïté que les partisans de la ligne dure restent fermement aux commandes à Téhéran.

Et dernier point, en s’en prenant à des réserves de pétrole en Iran, les Etats-Unis ont ouvert la porte à des attaques iraniennes qui pourraient s’en prendre à des réserves de pétrole ou des installations pétrolières des pays du Golfe.

Alors que la semaine passée on pouvait se montrer encore un peu optimiste sur la suite des événements, ce matin, la situation prend une tournure extrêmement inquiétante.

Nous sommes en passe de vivre un véritable choc énergétique mondial, à cause du choix de Trump.

Les bourses l’ont bien compris avec des chutes en Asie entre 5 % et 8 % des indices, des futures en Europe qui affichent des baisses de 3 %, et ceux aux Etats-Unis de 2 %.

Il n’y a pas que les bourses qui souffrent en Asie, mais également les devises de certains pays qui sont importateurs nets de pétrole comme la Corée du Sud, les Philippines et la Thaïlande.

Et de leur côté, les rendements obligataires poursuivent leur hausse dans la crainte d’une hausse de l’inflation qui contraindrait les Banques centrales à ne plus pouvoir réduire leur taux, voire à les augmenter.  Il suffit de regarder le rendement du Treasury 2 ans.

Car comme le soulignait, ce matin, la directrice générale du FMI, Kristalina Georgieva, une augmentation de 10 % des prix du pétrole, si elle se poursuivait pendant la majeure partie de l’année, entraînerait une hausse de 40 points de base de l’inflation mondiale.

Une chute inattendue

L’économie américaine a perdu des emplois de manière inattendue en février et le taux de chômage a augmenté pour atteindre 4,4 %, ce qui laisse présager une détérioration des conditions du marché du travail, alors que le consommateur va voir le prix de l’essence exploser dans les prochains jours.

Même si une partie de cette chute des emplois est due à une grève des travailleurs du secteur de la santé et à une tempête hivernale qui a pesé sur la construction ainsi que sur les emplois dans le secteur des loisirs et de l’hôtellerie, il s’agit quand même d’un signal interpellant.

Pour Olu Sonola, responsable de l’économie américaine chez Fitch Ratings, « c’est une mauvaise nouvelle quelle que soit la façon dont on l’envisage. Si l’on ajoute à cela le bruit des tarifs douaniers, la hausse des prix de l’énergie et les nouvelles impulsions inflationnistes, la FED est en fait un cerf dans les phares jusqu’à ce que ces chiffres s’installent dans une tendance durable et exploitable ».

Le nombre d’emplois a diminué de 92.000 le mois dernier, après 126.000 créations d’emplois en janvier. Après avoir été le moteur de la croissance des emplois en janvier, le secteur de la santé a été un des grands responsables des destructions en février, même si tous les secteurs affichent des diminutions.

Autre facteur à prendre en considération et qui est loin d’être négligeable, l’emploi dans l’administration fédérale a diminué de 330.000, soit 11,0 % depuis le pic d’octobre 2024.

Le taux de participation a chuté à 62,0 % en février, son niveau le plus bas depuis décembre 2021 et le taux de chômage est passé de 4,3 % à 4,4 %.

Hausse de l’inflation

En Chine, avec un taux annuel qui est passé de 0,2 % en janvier à 1,3 % en février, soit son niveau le plus élevé depuis 37 mois.

Il faudra voir si ce mouvement est durable, car une partie de la hausse, comme chaque année, est la conséquence des voyages intérieurs et des dépenses de consommation liés au Nouvel An chinois.

L’indice de base, qui exclut les prix volatils de l’alimentation et du carburant, a augmenté de 1,8 % en taux annuel, par rapport à la hausse de 0,8 % en janvier.

Même si le chiffre reste négatif, l’indice des prix à la production affiche un recul de 0,9 % en taux annuel, après une baisse de 1,4 % en janvier.

Ce chiffre reflète toujours une production excédentaire et une demande intérieure très faible, ce qui pourrait inciter la Banque centrale chinoise à assouplir ses taux, sauf si le choc pétrolier perdure.

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Belle trouvaille pour le titrage de ce bulletin quotidien. Sans entrer dans la polémique consistant à se prononcer sur la pertinence de cette guerre il ressort néanmoins qu’au jour 9 de cette guerre le fruit s’avère être nettement plus dur à croquer que ce qui était prévu et que pris par l’ivresse des victoires faciles et pris par la main par son ami, le leader maga n’a pu résister, tel un enfant, à se prêter au jeu de la guerre en se gardant bien d’évoquer sa phrase culte ” so many people ‘re dying !” Dois-je en conclure que les milieux des affaires, de la géopolitique et de l’économie aux usa manquent soit de compétence soit ne pèsent pas lourd sur le pouvoir exécutif dans ce qui se profile comme un possible bilan négatif résultant cette intervention.