L’incertitude économique qui domine devrait inciter les Banques centrales à se montrer très prudentes et à privilégier l’attente plutôt que la précipitation pour leur décision monétaire.
Banques centrales : la grande immobilité
L’incertitude économique qui domine devrait inciter les Banques centrales à se montrer très prudentes et à privilégier l’attente plutôt que la précipitation pour leur décision monétaire.
Réunions des Banques centrales
Cela sera le cas demain pour la Banque centrale du Canada, et aussi pour la FED, qui tient sa réunion ce mardi et mercredi.
Concernant la Banque centrale du Canada, le statu quo ne fait aucun doute, par contre la suite est totalement incertaine. A priori une hausse des taux à la fin de l’année semblait le scénario le plus probable.
Mais compte tenu des incertitudes et des tensions entre les Etats-Unis et le Canada, au niveau commercial, l’économie canadienne pourrait traverser des zones de turbulence.
Pour autant, une baisse des taux ne règlera pas des problèmes de barrières commerciales, mais en même temps, la Banque centrale ne peut pas ignorer le résultat d’une récente enquête qu’elle a menée auprès des entreprises et des consommateurs, qui a montré que le moral des entreprises canadiennes restait faible dans le contexte des tensions commerciales et que les consommateurs s’inquiétaient pour leur emploi et le remboursement de leurs dettes.
Mais d’un autre côté, les données économiques ont montré que l’impact des droits de douane a été limité au-delà des secteurs directement touchés de l’acier, de l’aluminium, du bois d’œuvre et de l’automobile.
Mais la décision de la Banque centrale du Canada sera éclipsée par celle de la FED, qui devrait pourtant adopter aussi le statu quo.
Et ce statu quo se justifie pleinement au regard des derniers indicateurs économiques. La croissance américaine est solide, le taux de chômage a baissé à 4,4 %, malgré une croissance de l’emploi faible, et le taux d’inflation (indice des prix des dépenses de consommation personnelle) se situe à 2,8 % par rapport à un objectif de 2 %.
Les membres du Comité auront aussi pris connaissance des chiffres des nouvelles commandes qui ont augmenté plus que prévu.
Les commandes de biens d’équipement non militaires, à l’exclusion des avions, ont augmenté de 0,7 % en novembre après un taux de 0,3 % en octobre.
Ce chiffre indique que les entreprises, pas dans tous les secteurs, ont repris leurs investissements, en partie rassurées et en tablant sur une certaine stabilité commerciale.
Raison complémentaire pour que la FED ne se précipite pas pour baisser ses taux, ce qui se reflète dans le niveau du rendement du Treasury 2 ans.

Accord commercial
L’Inde et l’Union européenne ont finalisé l’accord commercial historique qui représentera un quart de l’économie mondiale, ce matin.
L’Inde prévoit de réduire les droits de douane sur les voitures importées de l’UE à 40 %, contre 110 % auparavant.
Cependant les deux parties devront encore finaliser les détails et ratifieront ce qui est appelé “la mère de tous les accords” dans un an environ.
Les véhicules électriques à batterie seront exclus des réductions de droits d’importation pendant les cinq premières années afin de protéger les investissements des acteurs nationaux.
Cet accord est plus consensuel car il concerne moins les matières premières agricoles, l’Inde protégeant farouchement sa production agricole qui représente encore un large pan de son activité économique.
Redressement de la confiance
C’est ce qui est ressorti hier de la publication de l’indice de confiance des chefs d’entreprise qui a été publié par la BNB.

Le climat des affaires s’est amélioré en janvier dans toutes les branches d’activité sondées, à l’exception des services aux entreprises.
C’est dans le commerce que l’indicateur de conjoncture a le plus progressé, mais aussi dans l’industrie manufacturière, après la chute brutale du baromètre de conjoncture en décembre, avec une évaluation bien plus positive du carnet de commandes total.
Même dans le secteur de la construction, la confiance des chefs d’entreprise est repartie à la hausse.
Seul bémol, « le climat conjoncturel dans les services aux entreprises s’est quant à lui dégradé pour le deuxième mois d’affilée, en raison d’une importante révision à la baisse des anticipations relatives tant à la demande générale du marché qu’à l’activité des entreprises interrogées ».
Ce regain de confiance surprend un peu, car au même moment était publié l’indice IFO en Allemagne qui est ressorti stable à 87,6 en janvier.
Ce qui a fait dire à son président, Clemens Fuest, « l’économie allemande commence la nouvelle année sans élan ».
Et le sous-indice des attentes montre qu’elles se sont légèrement assombries, tombant à 89,5 contre 89,7 le mois précédent.
Par contre, comme pour l’indice de la BNB, les données sectorielles ont montré que l’indice a augmenté de manière significative dans l’industrie manufacturière, le commerce de détail et la construction, tandis que le climat des affaires dans les services s’est détérioré.
