Le retour du protectionnisme

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Droits de douane américains annoncés ce soir, ripostes de ses partenaires qui fuseront après, tension autour de Taïwan, hausse du prix du baril suite à des menaces sur l’Iran et la Russie, le florilège des bonnes nouvelles ne se tarit pas.

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Droits de douane américains annoncés ce soir, ripostes de ses partenaires qui fuseront après, tension autour de Taïwan, hausse du prix du baril suite à des menaces sur l’Iran et la Russie, le florilège des bonnes nouvelles ne se tarit pas.

Droits de douane

Ces derniers seront annoncés ce soir à 20h, et entreront en vigueur immédiatement, ainsi que les 25% sur les importations d’automobiles. Normalement, demain entrera aussi en vigueur les droits de douane de 25% sur toutes les importations canadiennes et mexicaines.

Selon des rumeurs, les droits de douane seraient de 20% sur toutes les importations américaines, mais ils pourraient être abaissés si les pays concernés répondaient aux exigences américaines.

Il semblerait qu’en plus les droits de douane se cumuleraient, et donc, par exemple, une voiture importée du Mexique soumise aujourd’hui à des droits de douane de 2.5%, subirait les droits de douane de 25% sur les importations mexicaines et ceux sur le secteur automobile, soit un total de 52.5%.

Les mesures de rétorsion se font déjà sentir avec par exemple un boycotte assez massif des produits américains au Canada.

De son côté, l’UE est prête à négocier, mais aussi prête à riposter comme l’a souligné Ursula von der Leyen, « notre objectif est de parvenir à une solution négociée. Mais bien sûr, si nécessaire, nous protégerons nos intérêts, nos citoyens et nos entreprises. Nous ne voulons pas nécessairement exercer des représailles. Mais si cela s’avère nécessaire, nous disposons d’un plan solide et nous l’utiliserons ».

Erosion

En attendant, les indicateurs aux Etats-Unis continuent de se dégrader, dont celui de l’indice ISM manufacturier qui s’est contracté en mars.

Cet indice est passé de 50.3 en février à 49, ce qui indique une contraction du secteur manufacturier, les annonces de Trump tuant dans l’œuf la reprise.

Dans le détail, le sous-indice des nouvelles commandes a chuté à 45.2, le chiffre le plus bas depuis mai 2023, contre 48.6 en février.

Et surtout, très interpellant, la mesure des prix payés par les fabricants pour les intrants a bondi à 69.4, le plus haut niveau depuis juin 2022, contre 62.4 en février.

Il ressort aussi que le flux des importations s’est considérablement ralenti, ce qui suggère que l’approvisionnement préalable en matières premières par les entreprises cherchant à éviter la hausse des prix due aux droits de douane est en train de s’estomper.

Et les usines ont continué à supprimer des emplois, la mesure de l’emploi dans l’industrie manufacturière est tombée à 44.7 contre 47.6 en février.

Un autre indicateur est venu d’ailleurs confirmer ce déclin sur le marché de l’emploi, l’indicateur JOLTS, qui mesure les offres d’emploi, qui montre que ces dernières ont reculé de 194.000 en février.

Mais pour l’instant, le marché de l’emploi semble résister, et les chiffres relatifs à celui-ci,qui seront publiés vendredi, devraient confirmer cet état de fait.

Hausse du prix du baril

Paradoxalement, le prix du baril est légèrement à la hausse depuis quelques jours, alors que la crainte d’un ralentissement de l’économie aurait dû provoquer l’effet inverse.

Cette hausse s’explique par les menaces par Trump de droits de douane sur le pétrole russe en l’absence d’avancées dans les discussions, de nouvelles sanctions américaines contre l’Iran et de menaces de bombardements, et également des menaces sur le Venezuela, et plus spécifiquement sur les pays qui importeraient du pétrole provenant de ce pays.

Alors que la production de la part des pays de l’OPEP+ est légèrement repartie à la hausse, dans un marché déjà déséquilibré entre l’offre et la demande, on aurait pu s’attendre à une stabilisation ou légère baisse du prix du baril, et pas l’inverse.

Recul de l’inflation

L’inflation en zone euro a reculé, passant de 2.3% en février à 2.2% en mars, et l’inflation de base de 2.6% à 2.4%.

Autre bonne nouvelle, l’inflation dans les services, qui préoccupait énormément la BCE, a aussi reculé, en passant de 3.9% à 3.4%.

Mais pour autant, une guerre commerciale pourrait raviver la pression inflationniste si des mesures de représailles sont prises par l’UE. Mais cette hausse pourrait n’être que temporaire, car l’impact serait tellement négatif sur la croissance qu’il annihilerait à plus long terme l’effet inflationniste.

Selon Christine Lagarde une guerre commerciale pourrait réduire d’un demi pour cent la croissance économique de l’UE, ce qui est énorme quand on sait que la croissance l’année passée a été de 0.9%

Ces chiffres sont venus renforcer le scénario d’une baisse de 0.25% des taux lors de la réunion de la BCE le 17 avril prochain, et, en fonction des annonces ce soir, la probabilité pourrait encore augmenter.

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