La production industrielle loin de ses niveaux d’avant crise

Posté le 16 septembre 2020

Comme en Europe, la production industrielle aux Etats-Unis montre des signes d’essoufflement et n’a pas récupéré le chemin perdu durant la période de confinement.

Essoufflement

La production industrielle a progressé de 0.4% au mois d’août, et si on regarde la production manufacturière, cette dernière affiche une hausse de 1% après un rebond de 3.9% en juillet. Malgré cette hausse, la production manufacturière se situe 6.7% en dessous de son niveau de février.

Les causes sont connues, la demande reste faible (voir le graphique des carnets de commande), les chaines de production continuent de subir des disruptions, et le virus est toujours bien présent.

Si on observe sur le graphique l’utilisation des capacités industrielles on constate qu’elles ont très légèrement progressé en passant de 71.1% à 71.4%, mais restent 8.4% en dessous de la moyenne sur la période allant de 1972 à 2019.

Cet essoufflement est aussi lié à l’absence d’un nouveau plan de soutien de la part du gouvernement, ce qui complique également la tâche de la FED qui ne peut pas à elle seule assurer la reprise.

Cette dernière, qui tient sa deuxième journée de réunion, devrait donner ses prévisions et certainement confirmer qu’elle allait garder des taux bas pour une très longue période. La question est de savoir de quelle ampleur sera sa révision par rapport à la situation de juin (voir graphique).

Nouveau premier ministre

Après 8 ans de l’ère Abe, le Japon a un nouveau premier ministre en la personne de Suga, sans grande surprise.

Mais la tâche qui l’attend est énorme car la situation économique du Japon est tout sauf rassurante.

Ainsi, les exportations ont reculé de 14.8% en taux annuel au mois d’août et les importations affichent une baisse de 20.8%.

Si les exportations ont progressé de 5.1% vers la Chine, en revanche, elles affichent une baisse de 7.8% vers le reste de l’Asie et surtout de 20.8% vers les Etats-Unis.

Il s’agit du 21ème mois de recul des exportations, situation que n’avait plus connu le Japon depuis juillet 1987 qui avait mis un terme à 23 mois de déclin.

Ces chiffres reflètent une demande intérieure anémique, et surtout l’absence d’une reprise du commerce international dont le Japon est fortement dépendant.

Et ce recul des exportations vers les Etats-Unis est finalement comme un écho du faible niveau de la production industrielle souligné plus haut.

Petit espoir ou poker menteur ?

La tension sur le sterling est retombée d’un cran malgré la proposition de loi en discussion au parlement britannique permettant d’apporter des modifications à l’accord signé avec l’UE.

Il semblerait que la Grande-Bretagne ait offert des concessions provisoires sur la pêche. Des progrès auraient été réalisés sur les aspects techniques des négociations sur la pêche, notamment en ce qui concerne le partage des quotas et la liste des stocks, mais tout n’est pas encore réglé pour autant.

Tout est cela est encore conditionnel et il serait envisagé un « mécanisme de suppression progressive » des quotas de pêche qui augmenterait la part de la Grande-Bretagne dans le temps, plutôt que du jour au lendemain à partir du 1er janvier 2021.

Cela serait une avancée majeur car le dossier de la pêche empoisonne les discussions depuis des mois, mais cela ne lève en rien la menace que fait peser le texte actuellement en discussion au parlement britannique.

OMC dépassée ?

C’est en substance les propos que l’administration Trump pourrait développer ou continuer à développer après un premier avis dans le cadre des mesures prises contre la Chine par les Etats-Unis.

Selon l’OMC, les États-Unis ont enfreint les règles du commerce mondial en imposant des droits de douane de plusieurs milliards de dollars dans la guerre commerciale.

Cette annonce a provoqué la colère de Trump et la réplique n’a pas tardée ; « ce rapport du groupe spécial confirme ce que l’administration Trump dit depuis quatre ans : l’OMC est totalement inadaptée pour mettre fin aux pratiques technologiques néfastes de la Chine », a répondu le représentant américain au commerce Robert Lighthizer.

Mais cette décision n’est qu’un début et pourrait durer des années, mais en cas de réélection de Trump, elle pourrait servir d’argument pour contester définitivement l’existence de l’OMC.