Le couperet des indices PMI

Posté le 24 mars 2020

J’ai beau égrener, tous les jours, les mesures prises par les banques centrales et les gouvernements, cela ne changera rien dans la progression du virus si les gestes simples ne sont pas unanimement respectés.

Le couperet des indices PMI

Personne ne sera surpris de la chute annoncée des indices de confiance, et qui vont refléter, en partie, l’ampleur de la récession. Car il ne fait aucun doute que nous serons en récession en 2020, comme l’a souligné le FMI, en mettant aussi en avant le fait que 80 pays avaient demandé une assistance financière.

En regardant le graphique, qui reprend l’évolution des indices PMI au Japon, il ne fait aucun doute que le pays n’échappera pas à la récession. Si l’indice PMI manufacturier a encore plutôt bien résisté, même s’il est revenu à son niveau d’avril 2009, l’indice des services s’est effondré.

En passant de 46.8 à 32.7, il est tombé à son niveau le plus bas depuis le lancement de cet indice, soit depuis septembre 2007. Connaissant le poids du secteur des services dans l’économie nippone et en sachant que le report des Jeux Olympiques est aujourd’hui inévitable, la récession sera importante cette année. Ce qui n’empêche pas ce matin le Nikkei de clôturer sur une hausse de plus de 7% sur l’espoir de voir la BOJ, ainsi que des fonds de pension, acheter des actions. Mais il a aussi été soutenu par l’annonce de SoftBank de vendre une partie de ses activités et de procéder à des rachats massifs de ses actions pour un montant de 18 milliards de dollars.

Même constat en Australie, comme le montre le graphique, où le secteur des services s’effondre aussi, ce qui devrait fortement réduire le taux de croissance pour cette année.

J’ai repris sous la forme d’un tableau les prévisions pour les différents indices PMI qui vont être publiés aujourd’hui et qui vont évidemment donner le même constat, sans exception.

Plan en Allemagne

Le gouvernement a décidé d’un plan de 750 milliards d’euros en se basant sur un scénario d’une récession avec un recul de 5% du PIB en 2020. Comme annoncé, ce plan se décompose en 100 milliards d’euros destinés à un fonds qui pourra prendre le contrôle de sociétés en difficulté ou d’empêcher de voir des fleurons tomber dans l’escarcelle d’investisseurs ou industriels étrangers.

KfW aura bien 100 milliards d’euros pour prêter aux entreprises, et 156 milliards seront affectés au budget pour de nouveaux investissements. Le solde, soit 400 milliards servira de garantie pour les crédits aux entreprises.

Pour financer ce plan, l’Allemagne compte emprunter 356 milliards d’euros, soit 10% du PIB.

Fermeté du franc suisse

Comme le montre le graphique, le franc suisse continue de se renforcer au grand désespoir de la BNS et malgré ses interventions. Il ressort en effet qu’elle est intervenue massivement la semaine passée en vendant pour 5.8 milliards de francs suisse, soit le montant le plus important depuis le jour du résultat du référendum sur le Brexit.

Même si elle s’est abstenue du moindre commentaire, elle compte bien tout faire pour éviter de voir le franc suisse passer en dessous de 1.05 par rapport à l’euro, en sachant qu’elle dispose de la faculté d’intervenir sans limite de montant.

Annonces de la FED

J’évoquais hier après-midi les annonces de la FED, qui n’ont pas réussi à rassurer la bourse américaine, car cette dernière est toujours en attente du plan de l’administration américaine. Mais surtout que ces mesures n’ont évidemment aucun effet sur la propagation du virus, qui est logiquement le seul élément pris en considération pour le moment.

Cependant, en additionnant toutes les annonces de la FED, le montant total de ses interventions devrait s’élever à 4.000 milliards de dollars, somme complètement folle mais qui montre qu’elle ne veut pas provoquer d’assèchement des liquidités comme en 2008. Et ce faisant, elle évite de voir les taux longs remonter, ce qui serait évidemment totalement contreproductif.