Les braises de l’inflation brûlent les espoirs

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La baisse du prix du baril et du gaz, et une correction des bourses sur fond d’interrogation sur l’IA, autant d’éléments qui pourraient réduire légèrement les pressions inflationnistes.

Mode Lungo

La baisse du prix du baril et du gaz, et une correction des bourses sur fond d’interrogation sur l’IA, autant d’éléments qui pourraient réduire légèrement les pressions inflationnistes.

Mais en attendant

La Banque centrale d’Australie a, une nouvelle fois, relevé, ce matin, son taux de 0,25 % pour le porter à 4,85 %, son niveau le plus élevé depuis 18 ans.   

Mais il pourrait bien s’agir de la dernière hausse, la décision ayant été prise à 6 contre 3, et le communiqué ne fait plus référence à une augmentation supplémentaire des taux.

Ce qui s’est directement reflété dans le taux australien à 2 ans, qui a fait une courbe rentrante après l’annonce, même si le communiqué souligne que « le Conseil continuera de faire ce qu’il juge nécessaire pour ramener l’inflation de manière durable à l’objectif ».

Toute la difficulté pour la Banque centrale, comme pour ses consœurs d’ailleurs, est de trouver le juste équilibre entre les hausses de taux pour éviter la hausse de l’inflation, sans trop brider la croissance.

Et plusieurs signaux indiquent déjà ce ralentissement. Le marché immobilier en particulier connaît son plus grand ralentissement depuis quarante ans. Et le marché de l’emploi s’est dégradé, avec un taux de chômage à 4,7 %, son niveau le plus élevé depuis cinq ans.

Comme aux Etats-Unis, malgré ces signaux, l’inflation demeure largement au-dessus de l’objectif de la Banque centrale, alimentée par la hausse des coûts de l’énergie et par les investissements dans les centres de données.

Même constat aux Etats-Unis

L’indice ISM manufacturier montre une activité soutenue, mais avec de fortes tensions sur les prix. L’indice continue en effet de progresser et est passé de 54,5 à 55,5 en octobre.

Et sans surprise, l’activité est portée par la vigueur des dépenses de consommation et des investissements des entreprises dans le domaine de l’IA.

Revers de la médaille, les problèmes dans les chaînes d’approvisionnement perdurent, et l’indice des livraisons des fournisseurs a encore progressé, passant de 59,0 en septembre à 59,1 en octobre.

Mais surtout, l’indice des prix payés pour les intrants a, certes, légèrement reculé, passant de 77,9 en septembre à 75,2, mais demeure à un niveau extrêmement élevé, indiquant que les pressions inflationnistes ne se calmeront pas de sitôt.

Cette question de la hausse de l’inflation sera évidemment l’élément de bascule dans ces élections à mi-mandat, avec cependant une incertitude totale quant au fait de savoir si les Etats-Unis vont connaître une vague bleue qui va tout emporter.  A ce stade, il n’y a aucune certitude que les démocrates pourraient contrôler le Sénat également.

Mais le vote se déroule sous haute tension et le risque est grand de voir l’administration Trump multiplier les recours, les tentatives de manipulation, les menaces et j’en passe.

Il n’a d’ailleurs pas fallu attendre le jour des élections, hier, la Cour suprême a rejeté une tentative de l’administration Trump d’empêcher temporairement la Californie de compter les bulletins de vote par correspondance de plus de 20. 000 électeurs inscrits que les responsables fédéraux accusent d’être probablement non-américains.

Cette décision intervient après une décision dans le même sens du juge fédéral David Carter à Los Angeles, qui avait souligné à ce moment-là, « jamais auparavant dans l’histoire américaine le gouvernement fédéral, à la veille d’une élection, n’a cherché à contraindre un gouvernement d’État et local à abandonner ses propres procédures électorales constitutionnelles et à se plier à la volonté de l’exécutif ». Et d’ajouter « si l’exécutif peut réduire les votes et menacer une élection en cours sur la base d’allégations non prouvées, alors notre démocratie est en danger ».

Ralentir l’appréciation

La Banque populaire de Chine a annoncé qu’elle augmenterait le ratio d’exigence de réserve de change (RRR) de 2 points de pourcentage à 6 % contre 4 % pour les institutions financières, à compter du 15 novembre.

Résultat, le yuan qui a connu un long processus de renforcement par rapport au dollar, a interrompu ce dernier et affiche une baisse assez nette.

Pour justifier cette décision, la Banque centrale a indiqué que cette mesure vise « à renforcer la gestion de la liquidité des devises étrangères dans les institutions financières ».

Comme le montre le graphique, le yuan s’est renforcé de plus de 5 % par rapport au dollar depuis le début de l’année, les autorités accompagnant ce mouvement qui résulte des excédents commerciaux qui entraînent de fortes conversions des devises.

Cette annonce vise à ralentir le renforcement du yuan plus qu’à inverser la tendance, car compte tenu de la force des exportations chinoises et dès lors de l’ampleur de l’excédent commercial à venir, l’afflux de devises et du dollar en particulier devrait encore s’accentuer.

Encore des hausses

La pause de la BCE dans son processus de resserrement n’était qu’une pause, a déclaré Peter Kazimir, le chef de la Banque centrale slovaque, « pour moi, la question n’est plus de savoir si d’autres mesures seront nécessaires, mais combien de mesures supplémentaires seront nécessaires ».

Et d’enfoncer le clou, « les marchés peuvent encore sous-estimer ce qui est nécessaire. La question n’est pas une seule réunion ou un seul mouvement. C’est le chemin nécessaire pour ramener l’inflation à un objectif et la maintenir ».

Il s’inquiète du fait que les pressions sur les coûts pourraient s’accumuler avant que les entreprises ne les répercutent et que les attentes pourraient changer avant que des pressions plus larges sur les prix n’apparaissent dans les données.

« Attendre la certitude ne fait pas nécessairement une bonne politique », a-t-il déclaré.

« La pause de la semaine dernière n’était pas une ligne d’arrivée », a conclu Kazimir.

Un graphique, un mot

Le graphique est celui qui reprend l’évolution du différentiel de taux entre le Bund 10 ans et l’obligation belge 10 ans,  qui se situe à son niveau le plus élevé depuis août 2012.

Et le mot est « irresponsable » en parlant de notre monde politique, comme je l’ai martelé dans les colonnes de l’Echo et sur les ondes de la Première hier.

Information : dans le tableau j’ai rajouté le prix du gaz qui est un élément qui me semble important à suivre.

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