Le temps des fractures

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Fuite de Bolsonaro aux Etats-Unis, incertitude totale en Israël en l’absence d’un candidat ayant la possibilité de former un gouvernement, et dans l’attente des élections à mi-mandat, il faut constater que les fractures dans les pays se creusent de plus en plus.

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Fuite de Bolsonaro aux Etats-Unis, incertitude totale en Israël en l’absence d’un candidat ayant la possibilité de former un gouvernement, et dans l’attente des élections à mi-mandat, il faut constater que les fractures dans les pays se creusent de plus en plus.

Fractures de la société

En plus des conflits géopolitiques, il va falloir intégrer et vivre avec cette fragmentation dans de plus en plus de pays, avec une société divisée qui ne se parle plus.

Et ce n’est pas une question de génération, mais plus d’une fracture idéologique qui traverse l’ensemble de la société.

Et pour le moment, le monde politique au lieu de fédérer a plutôt tendance à exacerber les divergences, au lieu d’apaiser il accentue les différences. 

Mais évidemment le contexte géopolitique international n’aide pas, et la chute du pouvoir d’achat avec la hausse des coûts de l’énergie amplifie les réactions.

Et pour le moment, aucun signe d’apaisement. Alors que le prix du baril avait fait mine de légèrement redescendre, ce matin, il est reparti à la hausse après que les Houthis ont déclaré qu’ils avaient frappé la plus grande raffinerie de pétrole d’Arabie saoudite avec un missile.

Statu quo

Contre toute attente, la Banque centrale de Nouvelle-Zélande a laissé son taux inchangé à 2,75 %, ce matin.

La réaction a été à la hauteur de la surprise avec une forte chute du dollar néo-zélandais par rapport au dollar américain, comme le montre le graphique.

Le vote a été serré, quatre membres ayant voté pour le statu quo et trois pour une hausse, le communiqué soulignant que « tous les membres du Comité ont été d’accord sur les perspectives globales de l’inflation. Cependant, les membres différaient quant à l’importance accordée aux différents risques et au calendrier de la réponse de la politique monétaire ».

Reculer pour mieux sauter, le marché table, à une forte probabilité, sur une hausse des taux en décembre, ce que n’a pas démenti la gouverneure Anna Breman en parlant des hausses de taux « le comité a discuté du fait qu’elles pourraient même être plus élevées que ce que nous avions dit lors de la réunion de septembre ».

Ce statu quo, qui a pris le marché à contrepied, s’explique peut-être parce que, dans dix jours, aura lieu une élection générale, et que la Banque centrale a voulu éviter d’interférer dans cette dernière.

Croissance des prêts

Alors même que la BCE a augmenté ses taux, ce qui a entraîné inéluctablement un resserrement des conditions de crédit, les prêts aux entreprises et aux ménages ont augmenté respectivement de 4,2 % et 3,1 % en septembre, un rythme stable comparé à août.

Mais, la demande de prêts immobiliers dans la zone euro a considérablement reculé au cours du troisième trimestre. Sur cette période, 27% des banques ont enregistré une baisse de la demande de crédits immobiliers, un recul plus marqué que celui observé au cours du trimestre précédent (-15%).

C’est le résultat de l’enquête de la BCE, qui constate que « les hausses des taux d’intérêt ont été le principal facteur à l’origine de cette baisse, suivies par la chute de la confiance des consommateurs et la détérioration des perspectives du marché immobilier ».

Et la France s’est distinguée comme étant le grand pays européen où ce resserrement était le plus marqué.

Ce qui n’a rien de surprenant quand on voit que l’indice de la confiance des consommateurs français, publié par l’INSEE, a chuté à son niveau le plus bas depuis juin 2013.

Ce qui est frappant, c’est que tous les indicateurs se dégradent. L’opinion des ménages concernant leur situation financière personnelle, passée et future, se dégrade nettement, la proportion de ménages estimant qu’il est opportun, dans la situation économique actuelle, de faire des achats importants se replie.

La part des ménages estimant qu’il est opportun d’épargner baisse de nouveau, et leur capacité d’épargne future diminue de nouveau.

L’opinion des ménages sur le niveau de vie futur en France se replie nettement,  et il atteint même son plus bas niveau depuis le début de l’enquête (octobre 1972).

Les craintes des ménages concernant l’évolution du chômage repartent à la hausse.

Et pour finir, la part des ménages qui considèrent que les prix ont fortement augmenté au cours des douze derniers mois est de nouveau en nette hausse. Et pour la suite, la part des ménages estimant que les prix vont accélérer au cours des douze prochains mois augmente de nouveau.

Autant dire que la situation ne va pas s’améliorer alors qu’une nouvelle journée de manifestations est annoncée ce samedi, et encore une autre journée le 5 novembre.

Si le statu quo du rating de la France a soulagé la pression sur les taux des obligations françaises, le répit pourrait être de courte durée compte tenu des difficultés du gouvernement pour arriver à établir son budget.

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