Le vent se lève sur les marchés

Mode Expresso

Le vent ne souffle pas uniquement sur la côte française, mais sur les taux français, et aussi sur les marchés boursiers sur fond d’inquiétude sur le financement de l’IA et sur la hausse du prix du baril.

Mode Lungo

Le vent ne souffle pas uniquement sur la côte française, mais sur les taux français, et aussi sur les marchés boursiers sur fond d’inquiétude sur le financement de l’IA et sur la hausse du prix du baril.

Un vent mauvais

Souffle d’abord sur la dette française, avec un taux français à 10 ans qui continue de grimper, ce qui aggrave encore un peu plus l’écart de taux avec le Bund.

Et une baisse de rating ce soir, hautement probable selon moi, ne va pas arranger les choses, surtout que le monde politique ne prend pas conscience de la gravité de la situation.

Mais nous n’avons rien à envier à nos voisins, et le spread de l’obligation belge à 10 ans par rapport au Bund est à son plus haut niveau depuis 14 ans. 

Et comme en France, notre monde politique fait preuve d’une irresponsabilité inacceptable compte tenu de la forte dégradation de notre situation. Cela sera en partie le sujet du débat en direct sur Matin Première à 8 h 30 auquel je vais participer.

Pour ne rien arranger, le prix du gaz a dépassé les 90 euros le mégawattheure, et le prix du baril est à son plus haut niveau depuis cinq mois suite aux attaques houthis en Arabie saoudite qui ont suscité des inquiétudes quant à une nouvelle perturbation des approvisionnements énergétiques, sur fond de craintes que le conflit au Moyen-Orient puisse s’aggraver brusquement.

Les indices PMI, attendus ce matin en Europe, devraient assez logiquement, vu le contexte, marquer le pas, mais normalement devraient rester au-dessus du seuil des 50.

L’autre vent qui souffle est celui sur les valeurs technologiques, ce qui a provoqué cette nuit aux Etats-Unis, le plus grand rallye quotidien des bons du Trésor depuis plus de trois ans.

Les bourses asiatiques, ce matin, poursuivent leurs fortes corrections, entraînées par la chute de 2,60 % du Nasdaq, avec des chutes marquées de META, et de Tesla.

Cette correction ne surprend pas grand monde, la seule question étant de savoir s’il s’agit d’un sain assainissement compte tenu des niveaux atteints, ou d’une réelle purge.

Hausse de l’inflation

Si ce vent mauvais a fait s’envoler les anticipations de hausses de taux de la part de la FED, car comment envisager une hausse si l’économie américaine subit un net ralentissement en cas de forte correction des valeurs liées à l’IA, ce n’est pas le cas au Japon.

Même si la BOJ devrait laisser ses taux inchangés la semaine prochaine, en revanche, une hausse en décembre semble quasiment acquise après que l’inflation a dépassé le niveau des 2 %.

Cette hausse est la conséquence de la hausse des prix de l’énergie, de la faiblesse du yen, qui perdure entraînant de l’inflation importée, et de la forte demande de l’IA.

Résultat, l’inflation de base, qui exclut les aliments frais volatils mais inclut les coûts du carburant, a augmenté de 2,1 % en septembre en taux annuel contre un taux de 1,7 % en août.

Et l’indice, qui exclut les aliments frais et le carburant, a vu son taux passer de 1,9 % à 2,4 % en septembre.

L’inflation des services a également accéléré à 1,5 % en septembre contre 1,2 % le mois précédent.

En tenant compte du fait que le gouverneur de la BOJ, Kazuo Ueda, a déclaré la semaine dernière que la Banque centrale ne tolérerait aucun dépassement inflationniste, ce chiffre renforce le scénario d’une hausse des taux.

Le taux devrait passer à 1,50 % en décembre, et devrait s’établir à 2 % sur la première partie de l’année 2027.

C’était attendu

La Banque centrale turque a abaissé son taux d’intérêt de 100 points de base à 36 % hier, reprenant son cycle baissier, interrompu par la guerre en Iran et la hausse du prix du baril.

Cette baisse de taux, qui devrait encore être suivie d’une autre en décembre, s’explique parce que l’inflation a finalement reculé, malgré la hausse du prix du baril, et se situe en taux annuel actuellement à 29,73 %.

Cette baisse de taux n’a, en revanche, pas amélioré la position de la lire turque qui continue inexorablement de se dégrader par rapport au dollar.

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