De Paris à Washington, ménages sous pression

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Les bourses européennes ont terminé hier dans le rouge, affectées par la situation en France et les craintes que l’économie française ne se dégrade encore un peu plus.

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Les bourses européennes ont terminé hier dans le rouge, affectées par la situation en France et les craintes que l’économie française ne se dégrade encore un peu plus.

Craintes

La crainte d’une contagion et d’une dégradation du climat des affaires expliquent la baisse des bourses européennes, même si l’euro est finalement resté assez stable.

En revanche, le spread entre le Bund et l’obligation française à 10 ans a pris 10 points de base lundi, reflétant les inquiétudes du marché.

Et l’annonce d’une nouvelle manifestation samedi et du début des discussions sur le budget de la sécurité sociale ne sont pas de matière à rassurer les investisseurs.

Si la crainte a pesé sur les bourses européennes, on constate aussi un effet de contagion sur le spread de la Belgique, qui a aussi progressé hier, accentué également par l’absence d’avancées dans les discussions budgétaires.

Pour ne rien arranger

Les prix du pétrole sont repartis à la hausse suite à des attaques sur des navires dans le Golfe, et après l’annonce par les Houthis qu’ils ont lancé plusieurs attaques contre des cibles saoudiennes énergétiques, aéroportuaires et militaires, hier.

Et pour le moment les sanctions américaines sont toujours de mise contre la Russie, Trump n’ayant pas arrêté de décision finale, car la majorité des Américains sont contre cette décision. Il évalue dès lors si le gain électoral de lever ces sanctions n’est pas trop faible par rapport aux mécontentements que provoqueraient cette décision qui auraient un effet électoral négatif.

Et ce n’est pas le seul point de mécontentement

Hier, l’indice des constructeurs de maisons aux États-Unis a chuté à son niveau le plus bas depuis près de quatorze ans et demi en octobre, suite à la hausse des taux hypothécaires et des prix des matériaux de construction liés à l’énergie.

L’indice NAHB a chuté de trois points à 29 ce mois-ci, le niveau le plus bas depuis juin 2012.

Le constat est sans appel pour Bill Owens, président de la NAHB, « les constructeurs sont également confrontés à une hausse des coûts des crédits à la construction, des matériaux de construction et du gazole, ainsi qu’à une pénurie persistante de main-d’œuvre.  À l’échelle nationale, plus d’un tiers des constructeurs ont signalé des opérations de contrôle de l’immigration sur leurs marchés au cours du mois dernier, ce qui a entraîné des retards dans les chantiers et dissuadé les travailleurs en situation régulière de se présenter à leur travail ».

La baisse de la demande a laissé les constructeurs avec un surplus de logements neufs invendus sur le marché, les décourageant également de commencer les travaux sur de nouveaux projets de maisons individuelles.

Ce qui a fait dire à Robert Dietz, économiste en chef de la NAHB, « la hausse des taux hypothécaires, l’augmentation des coûts de construction et la baisse de la confiance des consommateurs incitent de plus en plus d’acheteurs à rester sur la touche. En conséquence, la fréquentation des agences immobilières a chuté à son plus bas niveau depuis avril 2012, si l’on exclut le début de la pandémie en avril 2020 ».

Cette dégradation du marché immobilier devrait se retrouver aussi dans les indices qui seront publiés cet après-midi, avec une baisse attendue des permis de construire, et une chute de 0,5 % des ventes de maisons existantes.

La hausse des taux hypothécaires, avec un 30 ans qui est à son niveau le plus élevé depuis trois ans, est aussi la conséquence de la politique de Trump et vient exacerber le mécontentement des ménages américains.

Inflation en hausse

Au Canada, où elle est passée de 3 % en août à 3,1 % en septembre en taux annuel, après une hausse de 0,1 % sur le mois.

Comme partout, cette hausse est liée aux coûts de l’énergie, avec une hausse annuelle de 19 % de ces derniers.

Hors énergie, l’inflation de base est passée de 2,4 % en août à 2,2 % en septembre.

La Banque centrale du Canada devrait pour autant laisser ses taux inchangés le 28 octobre, compte tenu du ralentissement de l’économie, affectée par la guerre commerciale de Trump.

Mais une hausse des taux en décembre n’est pas exclue, et le taux à deux ans a fortement augmenté montrant que le marché s’inquiète de cette hausse de l’inflation.

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