Autre symbole de l’échec de la politique de Trump, le déficit commercial américain s’est aggravé, démontrant que la dépendance des Etats-Unis n’a pas du tout évolué, malgré les tarifs douaniers.
La dépendance américaine a la vie dure
Autre symbole de l’échec de la politique de Trump, le déficit commercial américain s’est aggravé, démontrant que la dépendance des Etats-Unis n’a pas du tout évolué, malgré les tarifs douaniers.
Déficit commercial
Même si le fait que les importations ont atteint un sommet historique est le reflet d’une forte demande intérieure, cela ne peut cacher l’énorme dépendance des Etats-Unis aux importations.
Le déficit commercial a augmenté de 13,7 % en août pour atteindre 105,6 milliards de dollars, le plus important depuis mars 2025.

Cette aggravation est la conséquence d’une hausse de 4,3 % des importations, qui ont atteint la somme historique de 420,8 milliards de dollars, avec des importations de biens qui ont bondi de 5,3 % pour atteindre 342,2 milliards de dollars.
Il faut pointer en particulier les importations de biens d’équipement qui ont grimpé de 6,2 milliards de dollars pour atteindre un record de 146,4 milliards, portées par les semi-conducteurs et autres machines industrielles, reflétant la construction des infrastructures d’IA.
Les exportations ont augmenté de 1,4 % pour atteindre 315,2 milliards de dollars, avec des exportations de biens qui ont augmenté de 2,2 % pour atteindre 205,7 milliards de dollars.
Une augmentation des importations pèse sur le PIB, résultat, après ce chiffre, les économistes de Goldman Sachs ont réduit leur estimation de croissance du PIB au troisième trimestre à 3,1 % contre 3,4 % précédemment.
Résultat aussi, les Etats-Unis affichent des déficits commerciaux record avec le Mexique, le Vietnam et la Malaisie. Et affichent toujours des déficits avec Taïwan, la Chine, l’UE, la Corée du Sud et l’Inde, nouvelle preuve de l’échec de la politique de Trump.
Par contre, ils ont enregistré un excédent commercial record de biens avec la Belgique, tout en conservant des excédents avec les Pays-Bas, l’Amérique du Sud et centrale, le Royaume-Uni, Hong Kong, le Brésil, l’Australie et l’Arabie saoudite.
Comme l’ont indiqué les indices ISM, et comme le confirme cette forte hausse des importations, la forte demande intérieure entretient l’inflation, et cette dépendance aux importations provoque des tensions dans les chaînes d’approvisionnement, tensions qui sont inflationnistes.
Toute la question est de savoir si ces tensions inflationnistes sont temporaires, comme l’a rappelé la présidente de la FED de San Francisco, Mary Daly, « si les chocs que nous avons subis — tarifs, prix du pétrole du conflit au Moyen-Orient, puis l’IA — s’ils s’avèrent être des chocs conventionnels là où ils viennent, ils disparaissent, et qu’ils ont des effets temporaires, alors nous n’aurons peut-être pas besoin d’en avoir plus », de hausse de taux.
« Mais s’ils s’aggravent mutuellement ou s’ils durent simplement plus longtemps que ce que nous avions prévu … si nous avons un second cycle de négociations tarifaires qui aboutira à plus de tarifs, alors ce serait un second choc en plus d’un premier choc. Cela prolongerait la période pendant laquelle ces chocs se poursuivraient », a-t-elle ajouté.
Si Daly ne s’est pas prononcée sur une hausse des taux, en revanche, le président de la FED de Kansas City, Jeff Schmid, a estimé que la FED devait encore augmenter ses taux pour réduire l’inflation.
A propos de hausse de taux
Alors que j’étais en train d’écrire ces lignes, la Banque centrale indienne a relevé son taux de 0,25 % pour le porter à 5,5 %, une première depuis quatre ans.
Cette hausse n’est pas une surprise et a été adoptée à l’unanimité, le gouverneur de la Banque centrale soulignant qu’il est clair que les perspectives d’inflation ne sont plus bénignes.
Il faut dire que l’inflation s’est inscrite à 4,82 % en août, dépassant l’objectif de 4 % à moyen terme de la Banque centrale pour un troisième mois consécutif.
Il faut dire que l’Inde est fortement dépendante des énergies fossiles, et qu’en plus la roupie indienne s’est nettement dégradée par rapport au dollar, accentuant l’inflation importée.

Et pour encore un peu plus compliquer les choses, les faibles pluies de mousson liées à El Niño ont aggravé les pressions sur les prix des produits alimentaires.
Et la tension sur les prix du pétrole ne devrait pas retomber de sitôt, avec les problèmes de capacité de raffinage, comme je l’évoquais hier. Mais aussi la situation au Yémen, avec, ce matin, les Houthis qui ont attaqué l’aéroport international d’Aden avec des missiles balistiques et des drones chargés d’explosifs.
Ces attaques sont survenues alors que les combats s’intensifiaient sur plusieurs fronts au Yémen après que les forces gouvernementales soutenues par l’Arabie saoudite ont lancé une contre-offensive contre les Houthis.
A propos de conflit, et le fait est inquiétant, l’équipage d’un navire marchand a disparu hier après que le navire a coulé en mer Noire au large de la Bulgarie, à la suite d’une frappe de drone.
Même si à ce stade le doute demeure, selon plusieurs sources, il s’agit très probablement d’une attaque russe.
Le Premier ministre bulgare, Rumen Radev, a mis en garde en déclarant que « nous assistons à une intensification de la guerre, avec toutes les règles du droit international désormais violées, et des navires civils attaqués en mer. C’est absolument inacceptable ».
