Le retour de la sanction obligataire

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Qu’est-ce qui pousse les rendements obligataires à la hausse, un peu partout à travers le monde, mais en particulier aux Etats-Unis, alors que la probabilité d’une hausse de taux de la part de la FED s’éloigne ?

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Qu’est-ce qui pousse les rendements obligataires à la hausse, un peu partout à travers le monde, mais en particulier aux Etats-Unis, alors que la probabilité d’une hausse de taux de la part de la FED s’éloigne ?

Hausse des taux

La première raison est à chercher dans un conflit au Moyen-Orient qui s’enlise, et, alors que la trêve de 60 jours se termine, les déclarations belliqueuses ont repris avec un prix du baril qui est reparti à la hausse.

D’un côté, l’Iran a déclaré que Téhéran avait changé de posture et allait devenir « totalement offensif », et d’un autre côté, Trump a déclaré que l’Iran devait se rendre.

Mais cette nouvelle joute verbale n’explique pas à elle seule le fait que le rendement du Treasury à 30 ans ait atteint son plus haut niveau depuis 2007.

Même si inéluctablement la hausse du prix du baril entretient les craintes inflationnistes et dès lors la nécessité à un moment donné pour la FED de devoir quand même resserrer ses taux.

Une autre raison de cette tension est liée aux préoccupations concernant les dépenses budgétaires aux Etats-Unis, alors que le dollar subit, à nouveau, une certaine désaffection, ce qui pourrait être le signe que les investisseurs étrangers se détournent des émissions du Trésor américain.

Ce qui pourrait tomber à un mauvais moment alors que ce dernier se trouve en concurrence avec les hyperscalers de l’IA qui font appel au marché des capitaux à tour de bras pour financer leurs investissements colossaux.

Cette difficulté d’attirer les investisseurs de la part du Trésor américain s’est reflétée dans deux récentes adjudications, qui ont vu le rendement du Treasury 10 ans s’envoler à son niveau le plus élevé depuis 19 ans, et celui à 30 ans à un sommet de 25 ans.

A cela il faut ajouter la position extrêmement ambiguë de Warsh, qui prétend vouloir combattre l’inflation, mais qui, à ce stade, n’a pas donné de signe tangible de sa volonté d’agir en ce sens.

Alors qu’il avait fait très bonne impression lors de sa première conférence de presse, le doute sur sa réelle indépendance par rapport à Trump est revenu rapidement compte tenu de son attitude plus que complaisante pour un statu quo monétaire.

Comme je le soulignais, cette hausse des rendements obligataires n’est pas cantonnée au marché américain, mais touche l’ensemble du marché obligataire, avec un rendement de l’obligation japonaise à 10 ans qui a atteint son niveau le plus élevé depuis septembre 1996.

Cette hausse est soutenue par la perspective d’un resserrement des taux de la part de la BOJ encore cette année,

Et le marché obligataire en Europe n’échappe pas à cette tendance, la crainte que la hausse du prix du baril accentue les pressions inflationnistes n’étant pas étrangère à cette tension.

Au sein même de la zone euro, les divergences de taux s’accentuent, avec un rendement de l’obligation française à 10 ans qui a atteint son niveau le plus élevé depuis juin 2009, avec un écart de 0,85 % par rapport au Bund 10 ans. Les craintes des investisseurs étant que la trajectoire budgétaire française ne s’améliore probablement pas avant l’élection présidentielle prévue pour le printemps 2027.

Croissance qui ralentit

En Chine, comme l’a confirmé la publication d’une série d’indicateurs économiques hier.

Ainsi, la production industrielle en juillet a augmenté de 4,5 % en taux annuel contre un taux de 5,3 % en juin.

Ce recul peut s’expliquer en partie par des conditions météorologiques extrêmes, avec trois typhons et des millions de personnes relocalisées dans les pôles manufacturiers de l’est et du sud de la Chine.

Les ventes au détail ont augmenté de 0,6 %, en taux annuel contre une hausse de 1 % en juin, avec en particulier des ventes automobiles qui ont diminué pour un dixième mois consécutif en juillet.

Et dernier indicateur en demi-teinte, les investissements en immobilisations se sont contractés de 6,7 % au cours des sept premiers mois de 2026, contre une baisse de 5,7 % entre janvier et juin.

Et pour couronner le tout, le marché immobilier ne montre aucun signe d’amélioration avec les prix des logements neufs qui ont chuté de 0,1 % en juillet. Soit une chute de 3,2% sur un an, contre une baisse de 3,3 % en juin.

Propos rares

Alors que les attaques par drones et missiles s’intensifient en Ukraine, mais également en Russie, on a appris que la banque d’État russe de développement VEB avait limogé son économiste en chef.

Ce n’est pas son limogeage qui a surpris, mais les propos qu’Andrei Klepach, l’un des macroéconomistes les plus en vue de Russie, a tenus lors d’un forum financier en mai.

« Nous prenons du retard. Nous perdons à la fois la concurrence technologique et économique dans le monde. Et nous la perdons non seulement au profit de la Chine et des États-Unis, mais d’une certaine manière aussi au profit de l’Ukraine », a-t-il déclaré.

En rajoutant, « nous ne gagnerons pas la compétition dans cette guerre d’usure. Nous avons l’illusion que tout là-bas (en Ukraine) va s’effondrer. Elle ne s’est pas effondrée et ne s’effondrera pas. Nos coûts augmentent ».

Il a également souligné que les pressions augmentaient en raison des frappes ukrainiennes contre les infrastructures énergétiques et logistiques en Russie.

« Économiquement, nous ne nous effondrerons pas, mais notre retard continuera de croître, avec toutes les conséquences qui en découleront », a déclaré Klepach dans son discours, prédisant qu’une crise sociale pourrait survenir « précisément quand personne ne s’y attend particulièrement. »

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