Forte correction sur les bourses asiatiques ce matin sur fond de tensions de plus en plus fortes au Moyen-Orient, de rotation sectorielle dans les portefeuilles suite à des inquiétudes sur les investissements dans l’IA, et d’interrogations sur l’inflation.
Quand les risques s’additionnent
Forte correction sur les bourses asiatiques ce matin sur fond de tensions de plus en plus fortes au Moyen-Orient, de rotation sectorielle dans les portefeuilles suite à des inquiétudes sur les investissements dans l’IA, et d’interrogations sur l’inflation.
Un cocktail détonant
Voilà en effet beaucoup d’ingrédients qui rendent ce cocktail un peu indigeste pour les bourses.
Il y a de plus en plus d’interférences sur la ligne, avec de nouvelles frappes cette nuit en Iran, ce qui maintient la pression sur le prix du baril et du gaz.
Sur la semaine, les contrats à terme sur le Brent et le pétrole brut américain devraient grimper de plus de 11 % chacun, marquant leur plus forte hausse depuis avril.
Et pour couronner le tout, les tensions commerciales sont également revenues au premier plan, après que les États-Unis aient imposé de nouveaux tarifs de 25 % au Brésil.
Hausse du prix du blé
Si la hausse du prix du baril concentre toute l’attention, cette semaine a aussi été marquée par une hausse assez sensible du prix du blé, après que l’Ukraine et la Russie aient lancé des attaques de missiles et de drones contre des navires en mer Noire et en mer d’Azov, intensifiant les hostilités dans une zone vitale pour les exportations de céréales.
L’armée ukrainienne a déclaré avoir frappé au moins 11 navires russes, indiquant que le nombre total de navires frappés par les forces ukrainiennes ce mois-ci avait désormais atteint 147.
L’armée russe de son côté aurait intensifié les frappes contre les ports ukrainiens en eaux profondes de la mer Noire dans la région de la Grande Odessa, qui traitent une grande partie du blé.
Ces attaques ukrainiennes ont contraint la Russie, premier exportateur mondial de céréales, à limiter le transport maritime en mer d’Azov — une route qui gère environ un quart de ses exportations de céréales.
Cela explique la hausse du prix du blé de plus de 10 % cette semaine, car l’Ukraine de son côté a perdu environ un tiers de sa capacité d’exportation de céréales via ses ports de la mer Noire en raison des attaques russes.

Guerre commerciale, le retour ?
Comme la date butoir des tarifs douaniers de 10 % qui ont remplacé ceux annulés par la Cour suprême est le 23 juillet, il faut s’attendre à une salve d’annonces de nouveaux tarifs de la part de l’administration américaine dans les prochains jours.
Premier pays dans la ligne de mire, le Brésil qui devrait se voir imposer un tarif de 25 % en vertu de l’article 301, sous des arguments évidemment complètement fallacieux, à savoir que les politiques brésiliennes concernant le commerce numérique, les tarifs, la propriété intellectuelle, l’accès à l’éthanol et la déforestation pèsent sur le commerce américain.
Cette annonce nous donne déjà une idée des prochaines annonces qui vont concerner d’autres pays, une soixante environ, qui seraient également concernés par cet article 301.
Dans le cas du Brésil, la raison principale de ces nouveaux tarifs est peut-être à aller chercher du côté de Bolsonaro, ancien président, que Trump veut voir revenir au pouvoir et qu’il soutient depuis toujours.
Le Brésil a annoncé étudier des mesures, non pas touchant les importations américaines, mais des mesures qui incluraient des restrictions sur les entreprises audiovisuelles américaines et la suspension des brevets pharmaceutiques et agricoles.
Une autre tension en vue ?
Lors de son discours hier, Trump a renouvelé ses accusations selon lesquelles la Chine aurait interféré dans les élections américaines en 2020, ce qui pourrait être le signe d’un nouveau refroidissement des relations entre les deux pays.
Trump accusant la Chine d’avoir acquis de manière inappropriée des données sur des millions d’électeurs américains.
Et avançant dans son discours que « le gouvernement chinois voulait que le président américain perde la prochaine élection, et la raison pour laquelle ils voulaient que je perde est parce qu’ils savaient que je les connaissais ».
Est-ce que ces propos pourraient venir remettre en cause la visite de Xi Jinping le 24 septembre prochain aux Etats-Unis et marquer une reprise des hostilités commerciales ? La Chine n’a en tout cas pas réagi à ces allégations, qui lui semblent bien puériles.
Attitude de la FED ?
Dernières déclarations de membres de la FED hier, avant la prochaine réunion les 28 et 29 juillet, et pas des moindres.
Pour le vice-président de la FED, Philip Jefferson, a priori pas de changement dans la politique actuelle, mais « dans un scénario où l’inflation réelle ne commence pas à ralentir rapidement, je pense qu’il serait approprié de reconsidérer notre position politique actuelle afin de garantir notre engagement à assurer la stabilité des prix ».
Même s’il estime que la FED est « bien positionnée », « la succession rapide de chocs augmente le risque que l’inflation s’enracine et que les attentes d’inflation se déstabilisent. La question de savoir si la récente hausse des prix de l’énergie alimentera des attentes d’inflation à plus long terme et entraînera une hausse persistante de l’inflation est cruciale ».
En pointant aussi le risque inflationniste de l’IA qui pourrait accentuer la pression inflationniste si la demande de dépenses et d’investissements plus forts passe en premier.
La présidente de la FED de Dallas, Lorie Logan, s’est montrée plus agressive, estimant que « l’inflation a été trop élevée, trop longtemps, et ne semble pas être sur la bonne voie depuis 2 %. Je crois actuellement que des taux d’intérêt légèrement plus élevés équilibreraient mieux les perspectives et les risques pour les objectifs maximaux d’emploi et de stabilité des prix du FOMC. »
« Les données sur le travail, la consommation et les finances indiquent que la politique monétaire ne freine pas l’économie. Si une inflation plus élevée s’ancre, il nous faudrait des hausses de taux plus fortes pour la ramener à l’objectif, avec un coût plus élevé pour le marché du travail. Mieux vaut une restriction modeste maintenant qu’une restriction sévère plus tard ».
« Il est temps de terminer le travail de restauration de la stabilité des prix ».
Et s’exprimant elle aussi sur l’IA, « les effets de demande sont déjà là. Et lorsque la demande dépasse l’offre, le résultat est une hausse des prix ».
