Contraste saisissant entre, des nouveaux records des indices boursiers aux Etats-Unis, et la chute des indices en Asie et des futures en Europe suite à une nouvelle flambée du prix du Brent au-delà des 100 $.
Quand les records masquent les risques
Contraste saisissant entre, des nouveaux records des indices boursiers aux Etats-Unis, et la chute des indices en Asie et des futures en Europe suite à une nouvelle flambée du prix du Brent au-delà des 100 $.
Contrastes
Les indices boursiers aux Etats-Unis ont été portés par des bénéfices solides et même meilleurs que prévu, et par des dépenses de consommation qui ne semblent pas beaucoup marquer le pas.
Ce matin, en Asie, tout avait bien commencé, et les indices avaient suivi allègrement la tendance américaine, avant de se retourner complètement suite à la hausse du prix du Brent.
Il faut dire qu’après l’arraisonnement d’un navire iranien par les Américains, l’Iran a capturé deux porte-conteneurs qui cherchaient à quitter le Golfe via le détroit d’Ormuz, ce qui fait craindre un enlisement du conflit dont les effets délétères commencent à se faire sentir.
Résultat aussi de la hausse du prix du baril, le dollar est reparti à la hausse ainsi que les rendements obligataires, et les futures en Europe affichent un recul de plus de 1 %.
Effets négatifs
Comme annoncé, le gouvernement allemand a revu à la baisse ses prévisions de croissance à 0,5 % contre 1 % pour cette année, et à 0,9 % contre 1,3 % pour 2027.
La ministre de l’économie, Katherina Reiche, reconnaissant que « la reprise économique attendue pour cette année est à nouveau freinée par des chocs géopolitiques externes ».
Et bien évidemment, il a revu à la hausse ses prévisions d’inflation à 2,7 % pour cette année et à 2,8 % en 2027 contre 2,2 % en 2025.
Et Reiche de souligner que « la faiblesse de la croissance est avant tout de nature structurelle », ce qui demande des réformes en profondeur, qui mettent du temps à se concrétiser.
Les indices PMI qui seront publiés ce matin pour la France, l’Allemagne et la zone euro vont venir confirmer le ralentissement de l’économie de la zone euro, qui encaisse de plein fouet le choc énergétique.
En Belgique, la confiance des consommateurs, publiée par la BNB, a reculé et est tombée à son niveau le plus bas depuis avril 2025.

Selon la BNB, « sur le plan personnel, les ménages se montrent plus négatifs quant à leur situation financière propre et à leur capacité d’épargne. Ces deux indicateurs ont enregistré leur niveau le plus bas depuis avril de l’année dernière ».
Assez surprenant
L’indice PMI manufacturier au Japon a fait un bond en passant de 51,6 en mars à 54,9 en avril, atteignant ainsi son plus haut niveau depuis janvier 2022.

C’est en particulier le sous-indice de la production industrielle qui explique cette hausse, ce dernier affichant sa plus forte hausse depuis février 2014.
Pour expliquer cette hausse, Annabel Fiddes, directrice associée de l’économie chez S&P Global Market Intelligence, a déclaré, « des rapports indiquent que certaines entreprises manufacturières ont augmenté leur production en raison des inquiétudes et de l’incertitude entourant la guerre au Moyen-Orient et le potentiel de nouvelles perturbations de la chaîne d’approvisionnement ».
En revanche, l’indice PMI des services a reculé, ce qui fait que l’indice PMI composite est passé de 53 en mars à 52,4 en avril.
La hausse de l’activité par peur de problèmes dans les chaînes d’approvisionnement fait évidemment craindre un ralentissement de l’activité pour le deuxième trimestre.
Croissance solide
L’effet des investissements dans l’IA est indéniable sur l’économie de la Corée du Sud, qui a connu une croissance de 1,7 % au premier trimestre, soit la plus forte hausse trimestrielle depuis le troisième trimestre 2020.
La Banque centrale en publiant ces données a reconnu que cette croissance a été fortement soutenue par les exportations qui ont progressé de 5,1 %, en particulier portées par les semi-conducteurs.
Et ces hausses des exportations se reflètent dans les résultats de SK Hynix qui a affiché un bénéfice d’exploitation au premier trimestre multiplié par plus de cinq, ou ceux de Samsung Electronics dont les bénéfices ont été multipliés par huit.
Les autres contributeurs à la croissance ont progressé nettement plus modestement, la consommation privée augmentant de 0,5 %, et les dépenses publiques que de 0,1 %.
En taux annuel, la croissance est passée de 1,6 % au quatrième trimestre à 3,6 % au premier trimestre, dépassant toutes les attentes.
Elle a bien augmenté
L’inflation en Grande-Bretagne, qui est passée de 3 % en février à 3,3 % en mars, en cause les prix des carburants, qui ont augmenté de 8,7 % au cours du mois, soit la plus forte hausse depuis juin 2022.
Autre mauvaise nouvelle, l’inflation des services est passée de 4,3 % en février à 4,5 % en mars.
Le Comité de la BoE, qui se réunit la semaine prochaine, pourra au moins se consoler en constatant que l’inflation de base, qui exclut les prix volatils de l’alimentation, de l’énergie, de l’alcool et du tabac, s’est affaiblie, passant de 3,2 % en février à 3,1 % en mars, ce qui plaidera pour le statu quo.
Mais le répit pourrait être de courte durée, car l’inflation des prix à la production a fait un bond de 4,4 % en mars, ce qui représente la deuxième plus forte augmentation mensuelle depuis le début des relevés en 1984.
Pour information, le blog sera en pause à partir du 27 avril jusqu’au 1er juin.
