Une maison qui brûle c’est un drame, un quartier qui est détruit c’est une guerre, voire un crime de guerre, et une maison d’édition qui voit 115 de ses écrivains la quitter suite une remise en cause de son indépendance éditoriale, c’est une attaque contre la culture, le pilier des sociétés.
Les marchés ont déjà tourné la page… la guerre non
Une maison qui brûle c’est un drame, un quartier qui est détruit c’est une guerre, voire un crime de guerre, et une maison d’édition qui voit 115 de ses écrivains la quitter suite une remise en cause de son indépendance éditoriale, c’est une attaque contre la culture, le pilier des sociétés.
Déjà oubliée ?
A regarder la performance des bourses ces derniers jours ont pourrait avoir le sentiment que la guerre en Iran est terminée, que tout est rentré dans l’ordre, que tout va bien.
Il faut dire que les premiers résultats des entreprises sont encourageants, ce qui a permis aux indices S&P500 et Nasdaq d’afficher de nouveaux records, et au Nikkei de connaître une hausse de plus de 2 % ce matin.
Ces hausses ont été aussi portées par la perspective d’une reprise du dialogue entre les Etats-Unis et l’Iran, et dans l’espoir d’une réouverture du détroit d’Ormuz.
Mais pour le moment l’espoir ne suffit pas pour faire baisser le prix du baril, et son impact inflationniste continue d’influencer le marché obligataire.
Autre facteur de soutien des marchés asiatiques, ce matin, les chiffres du PIB en Chine pour le premier trimestre qui sont …
Solides
En effet, puisque le PIB a augmenté en taux annuel de 5 %, contre un taux de 4,5 % au quatrième trimestre 2025.
Mais pas d’euphorie pour autant, comme l’a souligné Mao Shengyong, directeur adjoint du Bureau national des statistiques, « l’environnement international dans la prochaine phase sera complexe et volatile, avec une augmentation des facteurs incertains et difficiles à prévoir ».
Pour preuve, la production industrielle a augmenté de 5,7 % en mars en taux annuel contre un taux de 6,3 % pour la période de janvier-février. Et les ventes au détail ont augmenté de 1,7 % en mars contre un taux de 2,8 % sur la période précédente.
Le PIB a été soutenu par une hausse des exportations qui ont augmenté de 14,7 % en taux annuel, chiffre largement supérieur à celui observé en 2025, qui s’explique en partie par des exportations soutenues par la demande en semi-conducteurs et en équipements.
Sur une base trimestrielle, le PIB a progressé de 1,3 % entre janvier et mars, contre une croissance de 1,2 % au quatrième trimestre.
Mais le ralentissement devrait se marquer au deuxième trimestre avec la guerre en Iran qui a déjà pesé sur les exportations en mars, et qui a entraîné un renchérissement des coûts de production.
Et la Chine reste confrontée encore et toujours à une crise immobilière qui pèse lourdement sur la consommation intérieure.
Conséquence, les prix des logements neufs ont continué de baisser en mars, affichant un recul de 0,2 % contre une baisse de 0,3 % en février, soit sur un an une chute de 3,4 % contre 3,2 % en février.

L’impact inflationniste
Ce n’est pas parce que les indices boursiers sont euphoriques que l’impact inflationniste de la hausse du prix du baril s’est envolé par un coup de baguette magique.
Pour Alberto Musalem, président de la FED de Saint-Louis, « il est probable que les prix du pétrole se répercutent sur l’inflation de base », et dès lors la FED pourrait laisser son taux directeur inchangé « pendant un certain temps ».
Pour lui, la politique monétaire actuelle « est bien placée et je pense qu’il sera probablement approprié de la maintenir à ce niveau pendant un certain temps. Nous avons besoin de voir toutes les composantes de l’inflation diminuer de manière équilibrée. À l’heure actuelle, c’est le logement qui fait le plus gros du travail. Les biens évoluent dans la direction opposée, et les services de base non liés au logement continuent de se maintenir ».
Mais pour autant il n’exclut pas de relever les taux si les anticipations inflationnistes se renforcent.
Car les marchés pétroliers constituent « le troisième choc négatif de l’offre en 12 mois », après la hausse des tarifs douaniers et le durcissement des règles d’immigration, ce qui met en péril les perspectives d’inflation.
Et la FED adoptera encore une position d’attente lors de sa réunion qui se tiendra fin de ce mois, car pour Musalem, « les risques liés aux taux d’intérêt sont doubles. Les risques ont augmenté des deux côtés du mandat, vers une inflation plus élevée et vers un marché du travail plus faible. Si l’on additionne ces deux éléments, la politique monétaire est bien positionnée là où elle se trouve actuellement ».
Et cela malgré les pressions qui perdurent sur la FED, dernière en date celle de Trump qui a menacé de limoger Jerome Powell de son siège séparé au Conseil des gouverneurs s’il ne quitte pas également ce poste à la fin de son mandat à la tête de la Fed le 15 mai.
« S’il ne part pas à temps, je me suis retenu de le virer, j’ai voulu le virer, mais je n’aime pas être controversé, vous savez. Je veux être incontestable, mais il sera renvoyé ».
Mais en attendant, tout se complique, car le sénateur Thom Tillis, membre républicain de la commission bancaire du Sénat, a déclaré qu’il considérait l’enquête contre Powell pour les travaux du bâtiment de la FED comme une attaque frivole contre l’indépendance de la Fed et qu’il bloquerait la confirmation de Warsh jusqu’à ce qu’elle soit rejetée.
