Le prix du baril, nouveau sismographe des inquiétudes mondiales

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Situation un peu inédite ce matin, avec un prix du Brent qui se situe en dessous du prix du WTI, après une hausse très marquée des deux références après les déclarations de Trump de poursuivre les attaques contre l’Iran.

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Situation un peu inédite ce matin, avec un prix du Brent qui se situe en dessous du prix du WTI, après une hausse très marquée des deux références après les déclarations de Trump de poursuivre les attaques contre l’Iran.

Inédit

Cette situation est la conséquence d’une hausse plus importante du prix du WTI par rapport à la hausse du Brent.

Cette situation s’explique par le fait que le marché s’attend à terme à une ouverture même partielle du détroit d’Ormuz après le retrait des Américains, ce qui ferait baisser la prime de risque, et dès lors le prix du baril, mais qui ne concerne pas le WTI.

Une réunion d’une quarantaine de pays devrait se tenir pour discuter des possibilités de réouverture, mais sans les Etats-Unis.

Selon Citi, les prix du Brent pourraient s’établir en moyenne à 95 dollars le baril dans le scénario de base et à 130 dollars le baril dans le scénario haussier au second semestre de l’année. Et pour JP Morgan, les prix pourraient grimper entre 120 et 130 dollars le baril à court terme, et dépasser 150 dollars si le détroit reste fermé jusqu’à la mi-mai.

Pour corser le tout, les attaques de l’Ukraine sur les infrastructures portuaires, les oléoducs et les raffineries en Russie ont réduit la capacité d’exportation d’un million de barils par jour, soit un cinquième de la capacité totale.

Indicateurs américains

Nous aurons cet après-midi les chiffres sur le marché de l’emploi avec un taux de chômage attendu stable à 4,4 %, et 60.000 créations d’emplois, mais le marché de l’emploi pourrait se dégrader en cas de baisse de la consommation avec la hausse du prix de l’essence.

Même le chiffre du déficit commercial aux Etats-Unis est erratique d’un mois à l’autre, suite aux changements de politique commerciale.

En février, le déficit commercial s’est creusé de 4,9 % pour atteindre 57,3 milliards de dollars.

Cette aggravation est la conséquence d’une hausse de 4,3 % des importations pour atteindre 372,1 milliards de dollars, avec en particulier une hausse des importations de biens de 5,0 % pour atteindre 291,5 milliards de dollars.

Et même si les exportations ont affiché des niveaux records avec un bond de 4,2 %, elles n’atteignent que la somme de 314,8 milliards de dollars.  

Et ce chiffre du déficit commercial risque bien de continuer d’évoluer de façon erratique, Trump ayant ordonné des droits de douane de 100 % sur certaines importations de produits pharmaceutiques de marque et ayant révisé les droits de douane sur l’acier, l’aluminium et le cuivre.

Pour compenser l’annulation des droits de douane par la Cour suprême, et après une enquête, qui ressemble à tout sauf à une véritable enquête, concernant les produits pharmaceutiques, les fabricants étrangers de produits brevetés vont devoir conclure des accords avec le gouvernement américain pour réduire les prix des médicaments délivrés sur ordonnance et s’engager à délocaliser la production aux États-Unis.

S’ils concluent les deux, ils seront alors soumis à des droits de douane de 20 %, mais dans le cas où ils ne font ni l’un ni l’autre, ils seront soumis à des droits de douane de 100 %.

Avec cependant des exceptions, ces derniers seront plafonnés à 15 % en vertu d’accords commerciaux conclus avec l’Union européenne, le Japon, la Corée du Sud et la Suisse.

Un représentant de l’administration a déclaré que les grandes entreprises pharmaceutiques disposeraient de 120 jours pour se mettre en conformité avant que les droits de douane de 100 % n’entrent en vigueur, et que les petits producteurs disposeraient de 180 jours.

Par contre, les droits de douane sur les métaux ont été ramenés à 25 % au lieu de 50 % sur de nombreux produits dérivés fabriqués avec de l’acier, de l’aluminium et du cuivre, et sont supprimés complètement sur les produits à faible teneur en métaux.

Mais le taux de 50 % est maintenu sur les importations de produits de base en acier, en aluminium et en cuivre.

Ces nouvelles mesures sur l’acier sont plutôt bien perçues aux Etats-Unis par le secteur, mais pour Neil Bradley, responsable politique de la Chambre de commerce, « un nouveau régime tarifaire complexe sur les produits pharmaceutiques augmentera les coûts des soins de santé pour les familles américaines ». Et « les modifications apportées aux droits de douane sur les métaux entraîneront également une hausse des prix pour les consommateurs et augmenteront la pression sur les secteurs de la fabrication, de la construction et de l’énergie – des secteurs qui souffrent déjà de la hausse des coûts des intrants et des défis permanents liés à la chaîne d’approvisionnement ».

Hausse en vue ?

Des taux au Japon, selon des propos de Koji Nakamura, directeur exécutif de la BOJ chargé de superviser la politique monétaire, devant le Parlement.

« Si nos prévisions en matière d’économie et de prix se concrétisent, nous continuerons probablement à relever les taux d’intérêt », tout en surveillant la manière dont le conflit au Moyen-Orient affecte l’économie et l’inflation sous-jacente.

En conséquence, « nous prendrons une décision appropriée lors de chaque réunion de politique monétaire en mettant à jour nos projections économiques et de prix ainsi que notre point de vue sur les risques en utilisant les données disponibles à ce moment-là ».

Ses propos sont en phase avec le marché qui continue d’anticiper des hausses de taux, comme le montre le niveau du taux à 2 ans.

Pour rappel, les banques sont fermées ce vendredi et lundi.

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