Pas de surprise dans la décision de la BCE, ni dans celle de la Banque du Japon, ni d’ailleurs dans l’annonce du départ de Christine Lagarde, qui a eu au moins le mérite de clarifier les choses.
La pause ne fige pas tout
Pas de surprise dans la décision de la BCE, ni dans celle de la Banque du Japon, ni d’ailleurs dans l’annonce du départ de Christine Lagarde, qui a eu au moins le mérite de clarifier les choses.
Statu quo
La BCE a laissé ses taux inchangés, et elle continue d’avoir une approche modérée, même si « les prix de l’énergie ont continué à augmenter, ce qui fait peser des risques à la hausse sur les perspectives d’inflation et des risques à la baisse sur les perspectives de croissance ».
“À l’heure actuelle, nous ne constatons pas de risques d’effets de second ordre s’ajoutant à ceux déjà pris en compte dans les projections », a déclaré Christine Lagarde, pour autant, elle s’inquiète du niveau des cours du pétrole et du gaz.
A ce propos, nous avons, ce matin, une nouvelle poussée de fièvre du prix du Brent, qui se situe à 116 $, et du prix du gaz, qui a refranchi le seuil des 100 euros le MWh, après une attaque d’un navire dans le Golfe, ce qui fait craindre une intervention américaine la semaine prochaine.
La BCE va analyser en détail les indicateurs économiques qui seront publiés d’ici sa réunion de décembre, et déjà rien qu’aujourd’hui, nous avons les chiffres du PIB dans plusieurs pays ainsi que ceux de l’inflation. Car « cela nous aidera en effet à déterminer si la situation que nous observons actuellement, qui aurait pu justifier une hausse des taux, va se confirmer, et dans ce cas, la ligne à suivre est tout à fait claire », a déclaré Christine Lagarde.
Elle a aussi reconnu que la hausse des taux longs ces derniers temps a, en partie, effectué le travail de la Banque centrale, car ils pèsent sur l’inflation et sur la croissance.
Le scénario d’une hausse de taux en décembre tient toujours la corde, même si la croissance en zone euro devrait ralentir sur la fin de l’année, mais compte tenu du niveau d’inflation, elle n’aura pas vraiment le choix.
On attend les chiffres d’inflation en France, en Espagne, et en Allemagne, aujourd’hui, après ceux de la Belgique hier.
L’inflation en Belgique poursuit sa hausse, avec un indice global qui est passé de 4,69 % à 5,26 % en octobre, à cause de la hausse des prix de l’énergie. En revanche, l’inflation sous-jacente, a légèrement reculé à 2,8 % contre 3 %.

Stable aussi
Pour la Banque du Japon, qui s’est réjouie d’avoir atteint enfin son objectif d’inflation, après des années où cette dernière est demeurée inexorablement sous le seuil des 2 %.
Reste maintenant à éviter que l’inflation ne s’emballe et ne dépasse pas ce seuil, comme l’a souligné le communiqué, « l’inflation sous-jacente est à un niveau généralement cohérent avec notre objectif de prix, et devrait rester à ce niveau. Dans ce contexte, il sera important d’examiner dans quelle mesure l’inflation sous-jacente est ancrée autour de 2 % ».
Comme la FED et la BCE, la BOJ a décidé de faire une pause pour appréhender quels sont les effets de ses hausses de taux antérieures, et parce qu’en décembre elle disposera d’indicateurs complémentaires.
Elle se retrouve en effet maintenant dans la même situation que les autres Banques centrales, comme le souligne le communiqué « par le passé, nous devions accorder une attention particulière aux risques de baisse des prix. Nous avons observé un changement de phase. Dorénavant, nous devons nous concentrer sur la prévention du risque que l’inflation sous-jacente dépasse notre objectif de 2 % de se concrétiser ».
Preuve de ce changement de paradigme, elle a annoncé qu’elle accélérerait ses ventes de fonds négociés en bourse à partir de janvier à 860 milliards de yens par an, contre 330 milliards de yens actuellement.
Conséquence, il ne faudra désormais « plus » que 43 ans pour démanteler tous les achats de fonds négociés par la BOJ, au lieu de 112 ans sous le rythme précédent, a indiqué la Banque centrale.
Comme la FED et la BCE, la BOJ devrait procéder à un nouveau resserrement monétaire lors de sa réunion de décembre.
Croissance robuste, inflation et inquiétudes
Le PIB aux Etats-Unis s’est établi à 3,4 % en taux annuel au troisième trimestre, contre un taux de 2,2 % au deuxième trimestre.
Cette croissance robuste a été portée par les dépenses de consommation, qui représentent plus des deux tiers de l’économie, qui ont augmenté à un taux de 3,8 % comme au deuxième trimestre.
Et sans surprise, les ménages à revenu élevé, dont la richesse a été stimulée par la vigueur boursière liée à l’IA, sont à l’origine de la majeure partie des dépenses.
Et c’est sur ce point que je parle d’inquiétudes, car les actions technologiques ont chuté hier au soir aux Etats-Unis entraînant une forte correction en Asie ce matin.
Avec une chute de 12,6 % d’Alphabet, et après la clôture de la bourse, de 23 % d’Intel, et de 7 % d’Amazon, ce qui fait que les contrats à terme pour le Nasdaq sont en recul de 1,9 %, après une baisse de 1,38 % hier soir.
Résultat, en Asie, ce matin, l’indice de la bourse de Corée du Sud chute de plus de 3 %, et le Nikkei de plus de 2 %.
Et pour ne rien arranger, il est question d’un piratage potentiellement record chez Binance, la plus grande plateforme d’échange de cryptomonnaies au monde, ce qui a fait chuter le Bitcoin.
Pour revenir au chiffre de croissance aux Etats-Unis, à côté des dépenses de consommation, qui ont porté cette dernière, les dépenses des entreprises en équipements ont explosé à un rythme de 20,9 %, le plus rapide depuis le troisième trimestre 2020. Il s’agit évidemment des dépenses pour l’IA.
Mais pour assurer ces dépenses d’investissement, il faut importer massivement, résultat, les importations au troisième trimestre ont réduit la croissance du PIB de 2,64 points de pourcentage.
Autre élément qui a pesé sur la croissance, l’investissement résidentiel, qui a été fortement affecté par la hausse des taux hypothécaires et la hausse des coûts des matériaux.
Qui dit croissance robuste, dit également inflation. Et de fait, l’indice des prix des dépenses de consommation personnelle (PCE) a augmenté de 0,5 % en septembre après avoir augmenté de 0,3 % en août, soit un taux annuel qui est passé de 3,4 % à 3,6 %.
En excluant les composantes volatiles de l’alimentation et de l’énergie, l’indice des prix PCE a augmenté de 0,3 % sur le mois, soit un taux annuel qui est passé de 3 % en août à 3,1 % en septembre.
