Banques centrales à la manœuvre… avec le frein à main

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Malgré l’accord entre les Etats-Unis et l’Iran, beaucoup de Banques centrales ont resserré leur politique monétaire, soit en augmentant les taux, soit en les laissant inchangés à cause des craintes inflationnistes.

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Malgré l’accord entre les Etats-Unis et l’Iran, beaucoup de Banques centrales ont resserré leur politique monétaire, soit en augmentant les taux, soit en les laissant inchangés à cause des craintes inflationnistes.

Taux inchangés

Après la FED, une série de Banques centrales ont laissé leurs taux inchangés.

Cela a été le cas de la BoE hier, qui a laissé son taux à 3,75 % à 7 voix contre 2, ce qui est une forme de resserrement monétaire, puisqu’avant la guerre sa trajectoire était de poursuivre son assouplissement monétaire.

Pour la suite, elle s’est montrée prudente tout en n’excluant pas une hausse des taux, mais de façon moins explicite que la FED, comme on peut le lire dans le communiqué : « tous les membres ont néanmoins convenu que la réponse de politique monétaire appropriée dépendrait avant tout des perspectives concernant les effets de second tour. Si la hausse de l’inflation devait refléter principalement des effets directs liés à l’énergie et si les effets de second tour devaient rester maîtrisés, il serait davantage justifié de tolérer un retour plus lent de l’inflation vers son objectif, dans un contexte de faiblesse de l’activité. En revanche, le compromis serait plus difficile à trouver si la hausse des prix de l’énergie semblait alimenter une inflation intérieure plus persistante. Dans ce cas, l’importance accordée à la stabilisation de la production serait susceptible de diminuer, et la politique monétaire devrait rester restrictive plus longtemps, voire devenir plus restrictive ».

M. Pill et M. Greene,  qui ont voté pour une hausse estiment « qu’une hausse proactive du taux directeur dès maintenant devrait contribuer à ancrer les anticipations d’inflation ».

La Banque nationale suisse a également maintenu, hier, son taux directeur inchangé.

Pour la suite, « la situation reste très incertaine », a souligné le président de la BNS, Martin Schlegel.

Mais à la différence de la BCE, l’inflation en Suisse a certes augmenté, mais elle est restée contenue avec un niveau de 0,3 % pour l’inflation sous-jacente, aidée par un franc suisse fort ce qui a atténué l’impact de la hausse du prix du baril.

Elle a néanmoins relevé ses prévisions d’inflation pour 2026, les portant de 0,5 % à 0,6 %, tout en prévoyant que l’inflation moyenne restera nettement inférieure à 1 % ces deux prochaines années, restant ainsi dans sa fourchette cible.

La Banque centrale norvégienne a aussi maintenu, jeudi, son taux directeur à 4,25 %, mais s’est montrée plus déterminée pour la suite, le communiqué soulignant « il sera probablement nécessaire de relever encore le taux directeur lors d’une des prochaines réunions de politique monétaire ».

Et pourtant, elle avait déjà augmenté ses taux en mai, mais la hausse de l’inflation sous-jacente à 3,4 % en mai contre 3,2 % a rebattu les cartes, et dès lors « nous estimons qu’une orientation de la politique monétaire légèrement plus restrictive sera nécessaire pour ramener l’inflation à l’objectif dans un délai raisonnable ».  

Cette hausse est déjà tout à fait anticipée par le marché comme le montre le niveau du rendement de l’obligation à 3 ans, et elle devrait intervenir à l’automne.

Mercredi, la Banque centrale suédoise avait aussi laissé ses taux inchangés, tout en laissant aussi entendre qu’une hausse pourrait être nécessaire compte tenu de la hausse de l’inflation.

Taux en hausse

Après la BCE et la BOJ, d’autres Banques centrales ont augmenté leurs taux.

C’est le cas de la Banque centrale des Philippines, qui a relevé, jeudi, son taux de 0,25 %, le portant à 4,75 %.

Il s’agit déjà de la deuxième hausse de taux, et selon le communiqué « la mesure de politique monétaire prise aujourd’hui contribuera à ancrer les anticipations d’inflation et à atténuer le risque d’effets de second tour ».

La Banque centrale indonésienne a encore relevé, hier, ses taux d’intérêt de 0,25 %, une semaine seulement après une hausse surprise hors cycle.

Il faut dire que la roupie indonésienne a été fameusement malmenée par rapport au dollar et que le pays a connu un sérieux désengagement des investisseurs étrangers.

Cette hausse de 100 points de base du taux directeur en peu de temps vise à rassurer, comme l’a souligné son gouverneur Perry Warjiyo, « à la Banque d’Indonésie, nous continuons d’affirmer que nous mettons tout en œuvre pour maintenir la stabilité de la roupie et maîtriser l’inflation, dans le cadre des efforts visant à atténuer les effets de la volatilité mondiale ».

La Banque centrale a également annoncé jeudi qu’elle allait renforcer les exigences relatives aux opérations de change.

À compter du 1er juillet, elle exigera des pièces justificatives pour les transferts de devises sortants supérieurs à 25.000 dollars, contre un seuil actuel de 50. 000 dollars.

Le seuil pour les achats au comptant de devises étrangères sera également abaissé à 10 000 dollars, contre 25 000 dollars auparavant.

Comme évoqué il y a deux jours, l’Asie pourrait être affectée par le phénomène climatique El Niño, et l’Indonésie n’échapperait pas à ses conséquences avec le risque d’une longue période de sécheresse susceptible d’affecter la production alimentaire, ce qui accentuerait encore la hausse de l’inflation.

La Banque nationale tchèque a également relevé, jeudi, comme prévu, son taux de 0,25 % pour le porter à 3,75 %.

Pour la suite, selon son gouverneur, Ales Michl « nous allons discuter sereinement, évaluer si l’économie tchèque reste caractérisée par une faible inflation, et le conseil d’administration examinera très attentivement les mesures à prendre ».

Pour justifier cette hausse, Michl a souligné que l’inflation sous-jacente restait élevée, et que le marché du travail tendu entraîne une forte progression des salaires. 

Et d’ajouter « les prix augmentent surtout dans le secteur des services, dont la dynamique des prix constitue une composante importante de l’inflation sous-jacente ». Cette inflation des services est restée proche de 5 %, tandis que l’inflation sous-jacente s’élevait à 2,9 %.

Pas le barbecue, mais le « TACO ».

Même si les barbecues vont chauffer ce week-end, nous avons quand même assisté cette semaine au plus grand « TACO » de tous les temps de Trump.

« TACO » pour « Trump always chickens out », « Trump se dégonfle toujours », qui a fait flamber les marchés boursiers, qui ont fait fi des perspectives de hausse de taux de la part de la FED, et fait reculer le prix du baril.

Mais ce matin, le doute revient, avec l’annulation de la rencontre prévue en Suisse, avec la poursuite des combats au Liban, et après les propos du Guide suprême iranien, l’ayatollah Mojtaba Khamenei.

Il a déclaré que Trump avait signé cet accord « par désespoir » et a laissé entendre que les prochaines négociations sur le programme nucléaire iranien ne seraient pas faciles, « si la partie américaine se montre trop exigeante, nous ne l’accepterons pas ».

Mais pour le moment, le trafic dans le détroit d’Ormuz a repris doucement, et la trêve de 60 jours est perçue comme une parenthèse bienvenue, mais avec une suite extrêmement incertaine.

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