L’inflation revient sur scène, comme Céline !

Mode Expresso

Premiers signes d’une remontée de l’inflation globale, alimentée par la flambée du gaz et du pétrole, observés hier en Belgique et en Allemagne, et qui devraient se confirmer avec les chiffres de la zone euro et de la France, où l’on peut s’attendre à un second tour plus tard.

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Premiers signes d’une remontée de l’inflation globale, alimentée par la flambée du gaz et du pétrole, observés hier en Belgique et en Allemagne, et qui devraient se confirmer avec les chiffres de la zone euro et de la France, où l’on peut s’attendre à un second tour plus tard.

Hausse de l’inflation

L’inflation en Allemagne est passée de 2 % à 2,8 % en mars sous l’effet simplement de la hausse du prix de l’énergie, car l’inflation de base, hors alimentation et énergie est restée inchangée à 2,5 %.

Mais personne n’est dupe, ce n’est qu’un début, car inéluctablement la hausse des prix de l’énergie va percoler à l’ensemble de l’économie avec la hausse des coûts des transports, des denrées alimentaires suite à la hausse des prix des engrais, des coûts de production, …

Même constat en Belgique, où l’inflation est passée de 1,45 % à 1,65 % en mars, et l’inflation sous-jacente a reculé à 2,71 % contre 2,78 %.

Les principales hausses de prix enregistrées en mars concernent les carburants et les voyages organisés.

Le constat sera le même en zone euro, l’inflation sous-jacente est attendue inchangée à 2,4 %, alors que l’inflation de base devrait passer de 1,9 % à 2,6 %.

En France, même chose, avec une inflation de base attendue à 1,9 % contre 1,1 %, mais la France pourrait bien connaître un second choc en automne. Car après l’effet Taylor Swift en Grande-Bretagne, elle pourrait connaître l’effet Céline Dion. Hausse des nuits d’hôtel et des locations Airbnb, hausse des prix des transports, des restaurants, … la déferlante Céline va booster les prix.

La BCE va regarder avec beaucoup d’attention ces chiffres d’inflation et en particulier déceler les effets de second tour qui pourraient alors demander une réponse rapide. 

Selon Yannis Stournaras,  directeur de la Banque centrale grecque, « si des signes apparaissent indiquant que les effets de second tour gagnent du terrain ou que les anticipations d’inflation commencent à dériver, la BCE devra réagir rapidement pour s’assurer que les pressions inflationnistes ne s’installent pas dans les anticipations ».

Mais bonne nouvelle, comme l’inflation s’est maintenue autour des 2 % depuis près d’un an, ce qui selon lui « cela offre une certaine marge de manœuvre pour un futur resserrement des taux ».

Même position attentiste

De Jerome Powell, qui a déclaré « nous pensons que notre politique est bien placée pour attendre et voir comment cela se passe ».

Ses propos ont fait baisser d’un cran la tension sur les taux comme l’illustre le rendement du Treasury 2 ans.

Pour autant, il n’est pas tombé dans un optimisme béat, bien au contraire, en soulignant « il y a une sorte de risque à la baisse pour le marché du travail, qui suggère de maintenir les taux bas, mais il y a un risque à la hausse pour l’inflation, qui suggère peut-être de ne pas maintenir les taux bas.  Il y a une tension entre les deux objectifs ».

Et d’appeler à une certaine prudence, car « nous subissons actuellement un choc énergétique dont personne ne connaît l’ampleur. Il est bien trop tôt pour le savoir ».

Powell sera aussi attentif à la publication de l’indice de confiance des consommateurs cet après-midi, indice qui est attendu en nette baisse et qui approche de ses niveaux les plus bas atteints lors de l’annonce des droits de douane et de la pandémie.

Autre signal

Des premiers effets de la guerre, Fitch a placé la note souveraine “AA” du Qatar sous surveillance “négative”.

Selon l’agence « il existe un risque accru que l’environnement sécuritaire du Qatar se soit détérioré de manière plus permanente, même si la guerre contre l’Iran devrait prendre fin au cours du mois à venir ».

Et de constater que « l’attaque du complexe gazier de Ras Laffan et la fermeture du détroit d’Ormuz auront un impact négatif sur les finances publiques du Qatar ».

Le Qatar a en effet annoncé que les attaques iraniennes avaient amputé 17 % de la capacité de GNL du pays pour une période pouvant aller jusqu’à cinq ans.

Un petit soulagement

En Chine, l’indice PMI manufacturier officiel est passé de 49 à 50,4 en mars, soit son niveau le plus élevé depuis 12 mois.

Cette hausse est la conséquence des exportations qui ont connu encore une forte croissance en janvier et février, grâce à une demande mondiale soutenue pour l’électronique, en particulier les semi-conducteurs.

Mais la donne pourrait changer avec la hausse des prix de l’énergie, qui se reflète déjà dans le sous-indice des prix d’achat des principales matières premières qui a bondi à 63,9 en mars, contre 54,8 en février.

Il ressort cependant que les sous-indices de la production et des nouvelles commandes ont tous deux dépassé 51, alors qu’ils étaient inférieurs à 50 le mois précédent, tandis que celui des nouvelles commandes à l’exportation s’est amélioré, passant de 45 en février à 49,1.

Et l’indice PMI officiel non manufacturier, qui comprend les services et la construction, a également augmenté, passant de 49,5 en février à 50,1.

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