Tentative de reprise sur les marchés boursiers, mais le prix du baril demeure élevé et la prudence reste de mise, pendant que la Chine table sur son 15e plan quinquennal pour encore se renforcer.
Pékin accélère et l’Europe tergiverse, le temps est pourtant compté
Tentative de reprise sur les marchés boursiers, mais le prix du baril demeure élevé et la prudence reste de mise, pendant que la Chine table sur son 15e plan quinquennal pour encore se renforcer.
Réunion en Chine
Le Premier ministre chinois Li Qiang a directement indiqué la volonté des autorités d’accroître les investissements dans les industries de haute technologie et l’innovation scientifique, les considérant comme essentiels pour renforcer la sécurité nationale et l’autosuffisance.
Reconnaissant que l’économie chinoise est confrontée à un déséquilibre entre une offre forte et une demande qui est restée faible, les autorités tablent pour cette année sur une croissance entre 4,5 % et 5 %.
Malgré cette faiblesse de la demande, le pouvoir entend privilégier les investissements dans l’innovation et dans les industries stratégiques, quitte même à sacrifier un peu de croissance.
Et l’objectif est ambitieux, le plan quinquennal vise à porter la valeur ajoutée des “industries de base de l’économie numérique” à 12,5 % du PIB, tout en assurant la sécurité nationale.
Le plan prévoit des investissements dans la biomédecine, sans abandonner pour autant ceux dans des secteurs où la Chine est déjà très présente, comme les stations de recharge de véhicules électriques, et de se développer encore plus dans l’IA.
Concernant le soutien à la demande, les annonces sont bien maigres, avec une volonté d’augmenter les pensions mensuelles minimales de 20 yuans par personne, et d’augmenter les dépenses d’éducation, de subventionner les services de garde d’enfants et de réformer les hôpitaux publics.
Réponse du berger à la bergère ?
Si c’était vrai, mais le temps de l’UE n’est décidément plus adapté à la vitesse à laquelle le monde bouge, et le décrochage de l’Europe ne va faire que s’accentuer, surtout vu les annonces de la Chine.
La Commission européenne a présenté, hier, ses plans visant à la fois à renforcer la compétitivité de nos industries et à réduire, en exigeant d’utiliser davantage de produits locaux, la dépendance aux importations chinoises.
Ce dispositif appelé l’Industrial Accelerator Act (IAA), impose d’une part une exigence de production à faibles émissions de carbone et, d’autre part, une obligation d’un “Made in Europe”.
L’IAA vise à garantir qu’en 2035, l’industrie manufacturière représente 20% du PIB de l’UE, contre 14% aujourd’hui.
Mais si sur le papier ce projet est ambitieux, il faudra attendre que le Parlement européen et les Etats de l’UE négocient le texte final.
Or le temps est compté et le projet mettra encore au moins plus d’un an, ce qui est beaucoup trop lent compte tenu de l’urgence de la situation.
Secteur des services solide
Aux Etats-Unis, selon l’indice ISM des services qui a atteint en février son plus haut niveau depuis trois ans et demi.

Cet indice est passé de 53,8 en janvier à 56,1 en février, hausse accentuée par une forte hausse des stocks, dont l’indice est passé de 45,1 en janvier à 56,4 en février.
Pour autant, les entreprises ont continué à s’inquiéter de l’incertitude entourant les tarifs douaniers, et certaines entreprises de transport et d’entreposage ont signalé que « la capacité a été extrêmement limitée, ce qui a entraîné une hausse des tarifs de 30 à 40 % ».
Les nouvelles commandes ont également contribué à la hausse de cet indice avec un sous-indice qui est passé de 53,1 en janvier à 58,6.
Après l’indice des prix à la production, et celui du sous-indice des prix de l’indice ISM manufacturier, le sous-indice des prix pour le secteur des services demeure aussi très élevé, ce qui confirme que l’inflation aux Etats-Unis va demeurer trop élevée encore par rapport à l’objectif de la FED.
Sur le front de l’emploi, les chiffres attendus vendredi ne devraient pas changer le scénario d’un statu quo de la part de la FED lors de sa prochaine réunion.
Ce dernier se stabiliserait si on en croit le rapport d’ADP, qui a indiqué que les emplois privés ont augmenté de 63.000 en février, après une hausse de 11.000 en janvier.
Selon les prévisions, les créations d’emplois devraient être de 59.000 en février, après 130.000 en janvier, et le taux de chômage devrait rester stable à 4,3 %.
Petit point sur les marchés
Les actions asiatiques se sont redressées ce matin, ce qui indique une reprise timide de l’appétit pour le risque, avec en particulier l’indice de la Corée du Sud qui a bondi de 10 % effaçant une partie de sa chute de début de semaine.

Mais la prudence reste de mise jusqu’à ce que les flux de pétrole reviennent à la normale.
Et aussi car malgré les affirmations américaines que l’Iran est à genoux, il a lancé une vague de missiles sur Israël tôt ce matin.
Conséquences, le prix du baril a encore légèrement augmenté et les futures en Europe nous annoncent une ouverture dans le rouge de 1 %.
