La FED a laissé ses taux inchangés, et ne devrait pas être pressée de baisser encore ces derniers étant donné que l’économie américaine demeure solide, comme l’a souligné Powell.
Taux inchangés, mais ce sont bien les seuls
La FED a laissé ses taux inchangés, et ne devrait pas être pressée de baisser encore ces derniers étant donné que l’économie américaine demeure solide, comme l’a souligné Powell.
Economie solide
« L’économie nous a une fois de plus surpris par sa force », a déclaré Powell lors de la conférence de presse.
Compte tenu de cet élément, la FED est bien positionnée et pour la suite « il pourrait y avoir des combinaisons, un nombre infini de combinaisons qui nous amèneraient à vouloir bouger », a souligné Powell.
Sans surprise, le gouverneur Christopher Waller, candidat au remplacement de Powell, et le gouverneur Stephen Miran, se sont prononcés en faveur d’une baisse des taux d’un quart de point de pourcentage.
Powell s’est montré discret sur les pressions subies et sur ses intentions futures à la fin de son mandat de président, mais a conseillé à son successeur de « ne vous laissez pas entraîner dans la politique des élus ».
Pour le reste, Powell n’a pas donné d’indications sur la date d’une nouvelle baisse des taux, mais le scénario d’une baisse en juin tient toujours la corde, ce qui échoira alors à son successeur.
Pour autant que l’inflation aux Etats-Unis ait reculé suffisamment, ce qui pourrait ne pas être le cas si en plus le dollar continue de s’affaiblir. Car, comme je le soulignais dans une interview pour Trends Z, la baisse du dollar aura aussi comme conséquence de renchérir les importations américaines, qui ont déjà été affectées par la hausse des tarifs douaniers.
Concernant le marché de l’emploi, la FED estime qu’il est globalement équilibré, en se référant au taux de chômage retombé à 4,4 %.
Comme la décision n’a pas été une surprise, et que le discours de Powell n’a pas donné d’indications complémentaires, les marchés ont très peu réagi, seul les rendements obligataires longs terme ont légèrement augmenté.
Statu quo aussi
Pour la Banque centrale du Canada, et, pour la suite, compte tenu du niveau élevé d’incertitude, la prudence s’impose comme l’a souligné son gouverneur Tiff Macklem, « le Conseil juge que le taux directeur actuel est approprié sur la base de nos perspectives, mais le consensus est que l’incertitude élevée rend difficile la prévision du calendrier ou de la direction de la prochaine modification du taux directeur ».
Avec en ligne de mire le fait que « les risques géopolitiques sont élevés et la révision prochaine de l’accord entre le Canada, les États-Unis et le Mexique constitue un risque important pour les perspectives ».
Bonne nouvelle quand même, l’économie canadienne a relativement bien résisté aux tarifs douaniers, avec comme conséquence que la croissance pour 2025 a été de 1,7 %, alors que la Banque centrale tablait en octobre sur un taux de 1,2 %.
Pour autant, pour la suite, elle demeure très prudente, tablant toujours sur un taux de 1,1 % en 2026 et de 1,5 % en 2027 contre 1,6 % précédemment.
Comme pour la FED, l’annonce de la Banque du Canada n’a pas provoqué beaucoup de réactions, sauf la poursuite du renforcement du dollar canadien par rapport au dollar américain, à moins que cela ne soit que la conséquence de la faiblesse du dollar !

Preuve de cette incertitude
Le gouvernement allemand a revu, déjà, à la baisse ses prévisions de croissance pour cette année et l’année prochaine.
Il a ramené ses prévisions de croissance pour 2026 de 1,3 % à 1,0 %, et pour 2027 à 1,3 %, contre 1,4 % prévu précédemment.
« Cette évaluation légèrement plus prudente s’explique par le fait que les mesures de politique économique et fiscale plus importantes qui étaient attendues ne se sont pas concrétisées aussi rapidement et dans la même mesure que nous l’avions prévu », a déclaré la ministre allemande de l’économie, Katherina Reiche.
Et de rajouter « les perspectives se sont, en fait, structurellement détériorées ».
Il faut dire qu’avec une croissance de seulement 0,2 %, le diesel allemand a du mal à repartir à plus vive allure, et les exportations allemandes continuent de souffrir.
Clairement, le gouvernement escompte beaucoup du plan de relance, selon ses estimations, en 2026, ces mesures de politique budgétaire devraient à elles seules contribuer à hauteur d’environ deux tiers de point de pourcentage à la croissance du PIB.
La baisse du dollar, qui renforce l’euro, est aussi un élément qui pèsera négativement sur les exportations allemandes, ce qui pourrait peut-être forcer la main à la BCE.
C’est la première fois que cette éventualité a été évoquée, hier, par le gouverneur de la Banque centrale autrichienne, Martin Kocher, « si l’euro s’apprécie de plus en plus, à un moment donné, cela pourrait créer une certaine nécessité de réagir en termes de politique monétaire ».
Une appréciation de l’euro a aussi comme conséquence de réduire les prix à l’importation, et dès lors l’inflation, ce qui pourrait donner un argument à la BCE pour baisser ses taux pour soutenir une croissance qui devrait rester assez modeste.
Nouveau record
Pour l’or qui s’approche des 5.600 dollars l’once, et records au pluriel, puisque l’argent a failli franchir la barre des 120 dollars.

Pour rappel, lundi, l’or a franchi la barre des 5.000 dollars pour la première fois et a gagné plus de 10 % depuis le début de la semaine, mouvement évidemment accentué par la chute du dollar.
Et il a aussi été soutenu par les craintes d’attaques américaines sur l’Iran avec des risques de représailles.
