Chine : forces à l’export, faiblesses domestiques… pendant que Trump joue les pyromanes commerciaux

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La Chine a atteint son objectif et a même réussi à afficher un record d’excédent commercial en diversifiant ses flux d’exportations, un fameux pied de nez à Trump et à sa politique tarifaire, qui fait hélas de nouveau parler d’elle.

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La Chine a atteint son objectif et a même réussi à afficher un record d’excédent commercial en diversifiant ses flux d’exportations, un fameux pied de nez à Trump et à sa politique tarifaire, qui fait hélas de nouveau parler d’elle.

Croissance atteinte

En 2025, l’économie chinoise a connu une croissance de 5,0 % atteignant ainsi l’objectif fixé par le gouvernement.

Et son excédent commercial a atteint la somme record de 1.200 milliards de dollars, soit une hausse de 20 % par rapport à 2024.

Mais tout n’est cependant pas rose, car l’économie chinoise pâtit d’une surproduction qui tire les prix vers le bas, mais surtout d’une demande intérieure qui demeure atone.

Pour l’ensemble de l’année, la production industrielle a augmenté de 5,9 %, alors que les ventes au détail n’ont progressé que de 3,7 %, et les investissements immobiliers ont chuté de 17,2 %.

Reste la question de savoir si la Chine pourra poursuivre sur le même rythme dans les prochaines années si elle ne peut compter que sur ses exportations.

Selon des calculs de Reuters, si l’excédent commercial de la Chine augmentait chaque année au même rythme qu’en 2025, il atteindrait en 2030 la taille de l’économie française, soit environ 3.000 milliards de dollars, et en 2033 celle de l’Allemagne, soit 5.000 milliards de dollars.

Et ce ralentissement s’est déjà fait sentir au quatrième trimestre,  avec une croissance annuelle de 4,5 % contre 4,8 % au troisième trimestre, soit son plus bas niveau depuis trois ans.

Preuve de ce ralentissement, l’investissement des entreprises a reculé de 6,4 % en 2025 compte tenu des surcapacités de production.

Stimuler la demande intérieure doit être la priorité absolue du gouvernement s’il veut atteindre ses objectifs, alors que les prix des logements neufs ont continué à baisser en décembre.

Ces derniers ont reculé de 0,4 % d’un mois à l’autre, au même rythme qu’en novembre. Sur une base annuelle, les prix ont chuté de 2,7 % en décembre, contre une baisse de 2,4 % en novembre.

Non seulement, sur l’ensemble de l’année 2025, les investissements ont chuté, mais les ventes de logements ont diminué de 8,7 %.

Nouvelles menaces de Trump

Il a en effet annoncé qu’il imposerait des taxes à l’importation supplémentaires de 10 % à partir du 1er février sur les marchandises en provenance du Danemark, de la Norvège, de la Suède, de la France, de l’Allemagne, des Pays-Bas, de la Finlande et de la Grande-Bretagne, taxes qui passeraient à 25 % le 1er juin si aucun accord n’était conclu concernant le Groenland.

Cette nouvelle provocation a pesé sur les bourses en Asie, et sur les futures aussi bien pour les bourses européennes qu’américaines. Le dollar a reculé, l’or et l’argent ont atteint de nouveaux sommets historiques, et le rendement du Treasury 10 ans est reparti à la hausse.

L’Europe ne peut plus rester les bras ballants et ces nouvelles menaces demandent une réaction forte.

La première réaction, par solidarité avec les pays concernés, serait que l’ensemble des 27 envoient deux ou trois militaires au Groenland.  

Lors du sommet qui se tiendra en urgence ce jeudi, ils devraient, sans hésitation, imposer des droits de douane sur 93 milliards d’euros sur les importations américaines. Ces droits de douane entreraient automatiquement en vigueur le 6 février, car ils avaient suspendu pour six mois, après le soi-disant accord signé en  Ecosse avec les Etats-Unis.

Si cela ne suffit pas, l’UE devrait alors activer « l’instrument de lutte contre la coercition » (ACI), jamais utilisé jusqu’à présent, qui pourrait limiter l’accès aux appels d’offres publics, aux investissements ou aux activités bancaires ou restreindre le commerce des services.

En cas d’escalade, l’UE pourrait remettre en cause l’accord de juillet qui doit encore être validé par le Parlement européen, ce dernier étant prêt à suspendre ses travaux dans l’attente d’une clarification plus globale.

Et espérons que cette dernière sortie de Trump sera l’élément pivot qui incitera la Cour suprême à considérer sa politique tarifaire comme outrepassant ses pouvoirs, la mise en place des tarifs douaniers n’entrant pas dans les règles d’une loi destinée à être utilisée dans les situations d’urgence nationale.

Réunion de la BOJ ce vendredi

Trop tôt évidemment pour envisager une hausse des taux après celle de décembre, mais la réunion de la BOJ, ce vendredi, pourrait donner des indications sur ses intentions.

Toute la difficulté pour cette dernière est qu’elle doit naviguer entre une croissance sous pression, et une dépréciation du yen qui augmente les pressions inflationnistes.

Si jusqu’à présent, la prochaine hausse de taux n’était pas attendue avant juillet, certains responsables de la BOJ n’excluent pas la possibilité d’une action en avril.

En attendant, les taux longs au Japon continuent de tirer vers le haut, affectés aussi par la perspective d’élections anticipées.

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