La Commission sera-t-elle à la hauteur de l’enjeu ?

Posté le 27 mai 2020

rise of the euro currency – money with growing chart

L’euro s’est sensiblement renforcé par rapport au dollar et les spreads entre pays de la zone euro se sont réduits dans l’espoir de propositions ambitieuses de la part de la Commission européenne.

Plan ambitieux ?

Je ne vais pas redire pour une énième fois que cette journée est cruciale pour l’UE, mais un peu quand même.

La Commission européenne est attendue sur des propositions concrètes, d’une part pour le budget européen et d’autre part pour un fond de relance. On attend d’elle des annonces ambitieuses et volontaristes compte tenu de l’ampleur de la crise et des montants qui tournent entre 1 et 2 mille milliards d’euros si on intègre le budget et le fond de relance.

Le soutien de la France et de l’Allemagne sera-t-il suffisant pour lever les réticences des 4 pays, qui s’opposent à toute hausse du budget et à toute mutualisation des dettes, c’est évidemment la grande interrogation. La Commission doit aussi rencontrer les attentes du parlement européen qui pourrait recaler le budget en cas de manque d’ambition. On le voit la situation est complexe et obtenir un accord ambitieux ne sera pas simple, et pourtant l’UE a impérativement besoin d’un plan de relance.

Les bourses européennes se sont montrées optimistes sur ce plan, l’euro également et les spreads se sont sensiblement réduits comme le montre le graphique de l’évolution des taux italiens et allemands.

Et ceux qui douteraient encore de la nécessité de mettre en place des plans de relance, il suffit de regarder l’indice de confiance des consommateurs allemands publié par GfK. Comme le montre le graphique, certes on a assisté à un rebond, mais extrêmement timide, le consommateur allemand étant inquiet pour son emploi, refroidi par les mesures sanitaires lorsqu’il va faire ses courses et confronté à une baisse de revenu qui l’incite à se restreindre.

Stabilisation de la confiance aux USA

Il est aussi question de stabilisation de la confiance aux Etats-Unis, mais justement seulement d’une stabilisation, comme le montre le graphique. Mais comme en Allemagne, le consommateur américain n’est pas prêt à retrouver son niveau de confiance antérieur, car il s’inquiète pour son emploi, de sa perte de revenu et de l’incertitude qui l’incite plutôt à épargner plutôt que consommer.

Cependant, la stabilisation des indices de confiance des consommateurs est un signal très positif qui indique que le pire est derrière nous si la phase de déconfinement continue de se dérouler comme actuellement, bien évidemment.

Autre bonne surprise, les ventes de maisons neuves ont augmenté de 0.6%, après il est vrai un plongeon de 13.7% en mars, preuve d’une petite reprise et d’un intérêt pour l’immobilier qui revient. D’ailleurs, l’indice S&P Case Shiller, qui reprend l’évolution du prix moyen d’une maison dans les 20 plus grandes villes américaines, a progressé et est passé d’une hausse du prix moyen annuel de 3.5% à 3.9% en avril.

Reprise lente

Mais ces signes encourageants ne peuvent cependant pas masquer le fait que la reprise sera lente et que les embuches sont encore nombreuses.

En plus de cela la situation extrêmement tendue à Hong Kong avec des manifestations et arrestations, va certainement encore tendre un peu plus les relations entre les Etats-Unis et la Chine. Et de nouvelles sanctions pourraient encore être annoncées cette semaine par Trump.

Or la situation en Chine ne s’améliore que très peu, pour ne pas dire trop doucement, avec une baisse des profits dans l’industrie de 4.3% en avril en chiffre annuel après avoir plongé de 34.9% le mois précédent.

Mais la reprise est laborieuse et fragile et sur les 4 premiers mois de l’année les profits dans l’industrie ont reculé de 27.4% contre 36.7% sur les trois premiers mois. La reprise se faisant sentir dans l’industrie automobile, l’industrie électronique, et des équipements électriques. Mais le constat reste négatif avec une demande qui reste faible, des prix sous pression et une tendance à réduire les coûts qui demeure.

Et les tensions géopolitiques ne facilitent pas cette reprise non plus et pourraient peser sur le prix du baril. Alors, que ce dernier était reparti à la hausse avec un certain rééquilibrage entre l’offre et la demande (voir graphique) qui avait provoqué une hausse assez sensible des prix.

Mais les tensions à Hong Kong pèsent sur le prix du baril et aussi évidemment sur la bourse, et par ricochet ont un impact sur le yuan qui s’approche de ses niveaux les plus bas par rapport au dollar (voir graphique).