Encore et toujours, la hausse des prix de l’énergie propulse l’inflation à la hausse, mais viennent se rajouter les coûts du transport et du raffinage qui accentuent la hausse.
Les tarifs oubliés, les tankers incontournables
Encore et toujours, la hausse des prix de l’énergie propulse l’inflation à la hausse, mais viennent se rajouter les coûts du transport et du raffinage qui accentuent la hausse.
Résultat
Les prix à la production en Chine ont augmenté à leur rythme le plus rapide depuis plus de quatre ans en septembre.
L’indice des prix à la production a augmenté de 5 % par rapport à l’année précédente, contre 3,8 % en août.

Il ne faut évidemment pas chercher bien loin pour expliquer cette hausse. En cause la hausse du prix du baril, mais aussi une explosion du coût du transport, comme le montre le graphique de l’évolution du prix d’un conteneur en Asie.

En revanche, la demande atone continue de peser sur les prix intérieurs, résultat, l’indice des prix à la consommation a gagné 0,9 % en taux annuel, contre une hausse de 0,8 % en août. Et l’’inflation sous-jacente, qui exclut les prix volatils de l’alimentation et de l’énergie, est restée inchangée à 1 %.
Cette dichotomie entre la demande intérieure faible et l’activité soutenue par la demande extérieure se retrouve aussi dans les chiffres sur le commerce.
Les exportations chinoises de biens en septembre ont bondi de 36,3 % par rapport à l’année précédente, dépassant la hausse de 25,0 % d’août.
Même si les importations ont bondi de 31,0 %, contre une croissance de 28,2 % en août, elles sont surtout le reflet d’une demande destinée à assurer les transformations en vue d’assurer les exportations.
On attend
Une explosion des prix à la consommation aux Etats-Unis pour les mêmes raisons, mais en plus soutenus par une demande qui accentue la pression.
L’inflation est en effet attendue en hausse de 0,6 % d’un mois à l’autre en septembre, après une hausse de 0,4 % en août, soit un taux annuel qui passerait de 3,4 % à 3,6 %. En cause, la hausse du coût de l’essence et des produits alimentaires, ce qui donne le sentiment à une partie des Américains d’être comme des citrons verts pressés jusqu’à la dernière goutte.
En excluant les composantes volatiles de l’alimentation et de l’énergie, l’inflation devrait avoir gagné 0,2 % en septembre après avoir grimpé de 0,3 % en août, soit un taux annuel qui progresserait de 2,4 % à 2,5 %.
Si les chiffres sont conformes aux prévisions, la FED devrait s’abstenir d’augmenter les taux en octobre, mais comme l’a souligné le président de la FED de New York, John Williams, « je n’ai pas changé d’avis selon lequel il pourrait être approprié d’avoir une dernière hausse de taux » en 2026.
Pour la suite, il s’est montré prudent, estimant que « je ne pense pas qu’à ce stade, j’aie de bonnes raisons de croire que nous devrions en faire plus », car « nous devrons voir ce qui se passera l’année prochaine, nous ne sommes encore qu’à la mi-octobre. Cette économie est affectée par de nombreuses influences différentes, et nous devons simplement continuer à surveiller les données ».
Mais il ne croit pas trop à la nécessité d’une hausse des taux en 2027, car « je pense toujours qu’il y a des forces désinflationnistes en jeu. En rajoutant « ma prévision pour l’inflation pour l’année prochaine est que l’inflation baissera considérablement — l’inflation globale proche de notre objectif de 2 % pour l’année entière, et cela reflète certains de ces facteurs que j’ai mentionnés, à savoir que les tarifs seront totalement oubliés ».
Les tarifs certes, mais le reste ?
Car aujourd’hui la hausse vient aussi des coûts du transport. Même si le pétrole sort de nouveau du détroit d’Ormuz, il faut le transporter et, faute de bateaux disponibles, le prix de la location d’un supertanker pour acheminer du brut entre le golfe Persique et l’Asie, l’une des routes de référence, a été multiplié par 12 en quelques mois.
Ce qui veut dire que ce prix atteint la somme exorbitante de 1,4 million de dollars par jour, contre 50.000 dollars à 100.000 dollars autrefois. Et cette hausse est généralisée, dans des proportions moindres, sur les autres liaisons.
A côté des problèmes de raffinage, vient en plus se rajouter une crise du transport. Comment expliquer cette flambée ?
Pour faire sortir le pétrole, il faut dans un premier temps des navettes, protégées par la marine américaine, entre le golfe Persique et le golfe d’Oman. Ces dernières font des allers-retours le long des côtes d’Oman et transfèrent leur cargaison vers des supertankers, à l’abri des tirs et des drones à la sortie du détroit.
A cela, il faut rajouter les coûts des primes d’assurance et la hausse des salaires des capitaines, car il faut naviguer de nuit, sans lumière ni GPS.
Et comme les délais de transport se sont rallongés, et que la demande explose pour reconstituer les stocks, les besoins de supertankers ont explosé, et il y a pénurie pour le moment de ces derniers. En sachant qu’il faut deux à trois ans pour construire de nouveaux supertankers, la pénurie va encore durer un bon bout de temps.
