Il ne fait aucun doute de la hausse de l’inflation en zone euro, et si la baisse du prix du baril est bienvenue, elle n’est pas pour autant suffisante pour inverser la tendance.
L’IA met l’Asie sous tension
Il ne fait aucun doute de la hausse de l’inflation en zone euro, et si la baisse du prix du baril est bienvenue, elle n’est pas pour autant suffisante pour inverser la tendance.
Inflation
L’inflation en France s’est établie à 3,4 % en septembre, contre un taux de 2,6 % en août.
Cette hausse s’explique par la hausse des prix de l’énergie qui ont grimpé de 21,2 % sur un an, mais pas que, car les prix de l’alimentation ont progressé de 1,5 % et ceux des services de 2,2 %.
En Allemagne, l’inflation s’affiche à 3,3 % en septembre contre 2,9 % en août, suite à la hausse des prix de l’énergie, l’inflation sous-jacente restant inchangée à 2,4 %.
Et pour terminer le tour d’horizon, avant les chiffres de la zone euro demain, l’inflation en Italie a bondi à 4,1 %, contre 3,2 % un mois plus tôt.
Même si Christine Lagarde a estimé que la BCE devrait adopter une réponse mesurée, ces chiffres ne sont guère encourageants, d’autant plus que la hausse du dollar par rapport à l’euro amplifie le phénomène.
Aux Etats-Unis, l’indice des prix de la consommation personnelle (PCE) a augmenté de 3,4 % en rythme annuel, après un taux de 3,7 % en juillet, et l’indice sous-jacent est resté stable à 3,3 %.
Même si ce chiffre a réduit les anticipations de hausse de taux de la part de la FED ce mois-ci, la hausse des taux longs se maintient, avec une hausse assez spectaculaire depuis le début de l’année comme le montre le tableau mensuel.


Encore et toujours l’IA
Les indices PMI manufacturiers en Asie ont montré que le boom de l’IA a porté l’activité au Japon, en Corée du Sud et à Taïwan.
En Corée du Sud, les exportations ont bondi de 83,5 % en septembre par rapport à l’année précédente, atteignant un record de 120,9 milliards de dollars.
Les exportations de janvier à septembre ont atteint 814,5 milliards de dollars, dépassant le record annuel de 709,3 milliards de dollars de l’année dernière.
Rien que les exportations de semi-conducteurs ont augmenté de 262,8 % en septembre, pour atteindre 60,3 milliards de dollars, représentant près de la moitié de toutes les exportations.
Les exportations vers les États-Unis ont augmenté de 137,0 % pour atteindre 24,33 milliards de dollars et les expéditions vers la Chine ont augmenté de 122,7 % pour atteindre 26,01 milliards de dollars.
Ce qui explique la hausse de l’indice PMI manufacturier, la demande à l’exportation ayant augmenté au rythme le plus rapide depuis 15 ans et demi.
Et comme le soulignait Usamah Bhatti, économiste chez S&P Global Market Intelligence, « les nouvelles commandes et la croissance de la production ont atteint leur plus haut niveau depuis environ cinq ans et demi, avec des témoignages souvent reliant cette expansion à la force combinée des secteurs des semi-conducteurs et de l’automobile ».
Comme le montre le graphique, Taïwan profite également pleinement du boom mondial de l’IA, et même si l’indice PMI manufacturier au Japon a légèrement reculé à 54,1 en septembre contre 54,9 en août, les nouvelles commandes à l’exportation ont augmenté pour le neuvième mois consécutif grâce à une demande robuste en Asie et à l’amélioration des ventes vers les États-Unis.

Pression à la hausse
Cette bonne tenue de l’indice PMI manufacturier au Japon ne peut que conforter la volonté de la Banque du Japon de poursuivre son resserrement monétaire.

Et les minutes de sa dernière réunion vont clairement dans ce sens, un de ses membres ayant souligné que « si des signes d’une hausse des prix sont observés, la Banque devra accélérer le rythme des hausses de taux ».
Un autre allant même encore plus loin, en déclarant, « il est souhaitable que la Banque rapproche le taux directeur de l’objectif approximatif relativement rapidement ».
Ces avis soulignent l’attention croissante du Conseil sur les risques d’inflation, renforçant les opinions dominantes du marché sur encore une nouvelle hausse des taux cette année.
Un autre membre estimant que « la Banque doit continuer à agir en temps opportun sans devenir trop prudente ».
Comme le montrait le communiqué de la réunion de septembre, ces avis ne sont pas unanimement partagés, deux colombes du Conseil, Toichiro Asada et Ayano Sato, désignés par le gouvernement, ont exprimé leur opinion dissidente de la décision de hausse de taux en septembre.
