Tous les regards seront tournés, cette semaine, vers la FED et la BOJ, tout en observant d’un regard inquiet la situation au Moyen-Orient et la nouvelle hausse du prix du baril.
Le Moyen-Orient impose sa loi aux taux
Tous les regards seront tournés, cette semaine, vers la FED et la BOJ, tout en observant d’un regard inquiet la situation au Moyen-Orient et la nouvelle hausse du prix du baril.
Hausse du baril
Alors que vendredi, ce dernier avait légèrement reculé, il est reparti de plus belle à la hausse après de nouvelles frappes houthistes contre l’Arabie saoudite et des attaques iraniennes contre des navires dans le Golfe.
Attaques qui sont venues s’ajouter à celles qui s’en sont prises à un pipeline crucial pour l’Arabie saoudite, qui ont entraîné la fermeture temporaire de ce dernier. Cette fermeture est tout sauf anodine, car elle menace jusqu’à 4 % de l’approvisionnement mondial en pétrole.
Et la situation pour l’Arabie saoudite devient inextricable, avec les Houthis qui ont atteint vendredi l’île stratégique de Perim, cherchant à renforcer leur contrôle sur le détroit de Bab el-Mandeb, une autre voie de transit pétrolière clé qui transporte entre 4 % et 5 % de l’approvisionnement mondial ces derniers mois.
A propos de clé, il sera question de cette situation au Moyen-Orient et de ses conséquences, lors de l’émission « Les Clés » animée par Arnaud Ruyssen, à 12 h 30, et à laquelle je vais participer en direct.
Pour la première fois depuis le début de la guerre, une réunion à Oman entre l’Iran et les États arabes du Golfe était prévue ce lundi pour discuter d’un accord sur l’ouverture du détroit d’Ormuz, mais elle a été reportée.
Au pire moment
Cette nouvelle tension sur les prix de l’énergie intervient au pire moment pour la FED, et en particulier pour son président.
Pas pour le Président Trump, quoique, l’envolée du prix du diesel à l’approche des élections à mi-mandat est une très mauvaise nouvelle.

Non pour le président Warsh qui, s’il veut asseoir sa crédibilité, va devoir augmenter les taux lors de la réunion de ce mercredi, même s’il sent dans son dos le souffle brûlant de Trump.
Après les chiffres de l’inflation, la probabilité d’une hausse de taux s’est envolée à 86 %, et les taux obligataires, courts et longs, ont suivi.

Toutes les grandes banques américaines tablent désormais sur une hausse des taux. Car comme le soulignait Michael Feroli, économiste en chef américain chez JPMorgan, « nous prévoyons désormais que la FED augmentera deux fois cette année, en septembre et décembre. À ce stade, ne pas étayer ses paroles par des actions pourrait mettre en péril la crédibilité de l’institution ».
Pour revenir aux chiffres d’inflation, l’indice des prix à la consommation a augmenté de 0,4 % le mois dernier après avoir progressé de 0,1 % en juillet, soit un taux annuel qui est resté inchangé à 3,4 %.
En excluant les composantes volatiles de l’alimentation et de l’énergie, l’inflation a augmenté de 0,3 % le mois dernier après avoir progressé de 0,2 % en juillet, soit un taux annuel qui a légèrement reculé à 2,4 % contre 2,5 % en juillet.
On ne peut dès lors pas parler de décrue significative de l’inflation, ce qui pousse le marché à tabler sur une hausse des taux. D’autant plus, que la confiance des consommateurs américains s’est détériorée début septembre, suite aux craintes d’une inflation plus forte au cours des 12 prochains mois.
Selon l’enquête sur les consommateurs de l’Université du Michigan, son indice est tombé à 47,8 ce mois-ci, contre 51,7 en août. Ce qui a fait dire à Joanne Hsu, directrice des Enquêtes auprès des consommateurs, « avec une résurgence des prix du carburant et des tensions commerciales, les consommateurs anticipent une pression accrue sur leur portefeuille à venir ».
Et pour la FED, les anticipations d’inflation sont importantes. Et selon l’enquête, la mesure des attentes des consommateurs concernant l’inflation pour l’année à venir est passée à 4,6 % contre 4,0 % le mois dernier. Les attentes des consommateurs concernant l’inflation pour les cinq prochaines années ont légèrement augmenté à 3,4 % contre 3,3 % en août.

Hausse au Japon
Le marché table sur une probabilité de 76 % de hausse de taux de la part de la BOJ ce vendredi.

Et il table sur le fait qu’elle devrait également adopter une attitude plus agressive quant à un nouveau resserrement, alors qu’elle lutte pour éviter une rechute du yen.
Conséquence, comme le yen est moins intéressant pour le carry trade, les spéculateurs se tournent vers d’autres devises dont les intérêts sont faibles. Et ils ont jeté leur dévolu sur le franc suisse, ce qui explique pourquoi ce dernier a atteint son niveau le plus haut depuis avril 2025 par rapport à l’euro.

Et le mouvement pourrait s’accentuer, alors que le marché table sur un taux qui resterait à zéro de la part de la BNS. Alors que pour la BCE, une autre hausse de taux n’est pas exclue, ce qui amène un soutien complémentaire à l’euro.
Il n’a d’ailleurs pas fallu attendre longtemps, puisque vendredi, deux responsables de la BCE ont ouvert la porte à de nouvelles hausses de taux d’intérêt si une hausse des prix de l’énergie se poursuit.
Pour le président de la Bundesbank, Joachim Nagel, « je n’exclus pas que nous devions entrer dans un territoire légèrement restrictif, mais comme je l’ai dit, cela dépend beaucoup de l’évolution des prix de l’énergie, de l’évolution du tableau des prix au cours du mois à venir ».
Pour Ülo Kaasik, gouverneur de la Banque centrale d’Estonie, « les développements récents sur les marchés de l’énergie, par exemple, indiquent la possibilité que la hausse des prix du gaz et des carburants soit bien plus importante et dure plus longtemps que prévu ».
