Un gouverneur de la FED est venu à la rescousse de Warsh, en estimant que la prochaine réunion ne devait pas encore acter une hausse de taux pour autant que l’inflation se modère un peu.
Quand l’IA creuse le déficit commercial
Un gouverneur de la FED est venu à la rescousse de Warsh, en estimant que la prochaine réunion ne devait pas encore acter une hausse de taux pour autant que l’inflation se modère un peu.
L’inflation en première ligne
Alors que les données sur le marché de l’emploi aux Etats-Unis seront publiées cet après-midi, le gouverneur de la FED, Christopher Waller, n’a évoqué que l’inflation dans son interview.
Il faut dire que le taux de chômage est attendu stable à 4,1 %, et les créations d’emplois seraient de 56.000 contre 23.000 destructions d’emplois le mois passé, des chiffres, s’ils sont conformes aux prévisions, qui ne devraient pas changer la perception générale de l’état du marché de l’emploi.
Pour revenir aux propos de Waller, qui n’ont pas été sans effet sur les taux obligataires, il estime que « s’il y a des progrès continus vers notre objectif de 2 %, alors je suis prêt à soutenir le maintien du taux directeur à son niveau actuel ».
Ajoutant, « je vais paraphraser John Lennon ici. Donnez une chance à la désinflation. Je ne dirai pas d’attendre l’année prochaine, mais attendons simplement de voir si cela s’améliore ».
Pour autant, « si l’inflation se manifeste fort, j’envisagerais une hausse des taux », et d’ajouter « il ne faudra peut-être pas beaucoup d’accélération de l’inflation pour me pousser à soutenir une politique plus stricte ».
Autant dire que la publication de l’indice d’inflation la semaine prochaine sera cruciale, et même si Waller se montre confiant sur le fait qu’il n’y a pas de fortes tensions sur les prix, il s’est quand même montré prudent.
Il a en effet terminé son intervention en soulignant que « les prix de l’énergie ont de nouveau augmenté et restent nettement plus élevés qu’au début de 2026, et l’économie fait face à la fois à des pressions sur les prix des biens technologiques liées à la montée en puissance de l’IA et à la possibilité d’une nouvelle augmentation des tarifs ».
En plus de ces éléments, Waller a oublié de citer une forte hausse des dépenses de consommation.
Cette dernière, combinée aux investissements dans l’IA, a poussé les indices ISM nettement à la hausse.
Ainsi, l’indice ISM des services est passé de 57,2 en juillet à 60,9 en août, soit son niveau le plus élevé depuis février 2023.
Et l’indice ISM manufacturier n’avait pas été en reste, passant de 54,1 à 55,4.
Cependant, une partie de la demande intérieure, en particulier pour les investissements dans l’IA, est comblée par les importations, ce qui a entraîné une détérioration du déficit commercial.
En effet, ce dernier a augmenté de 24,4 % pour atteindre 88,6 milliards de dollars en juillet.

Les importations ont augmenté de 2,8 % pour atteindre 399,3 milliards de dollars. Les importations de biens ont bondi de 3,7 % pour atteindre 320,6 milliards de dollars, et les importations de biens d’équipement ont bondi de 14,4 milliards de dollars pour atteindre un record de 140,3 milliards. Et ces dernières sont le reflet de fortes augmentations des ordinateurs, accessoires informatiques et semi-conducteurs, probablement liées à la montée en puissance de l’IA.
Les exportations ont diminué de 2,1 % à 310,7 milliards de dollars, avec une baisse de 3,0 % des expéditions de marchandises à 201,0 milliards de dollars.
Et paradoxe, malgré des tarifs agressifs sur les importations, les États-Unis ont enregistré des déficits commerciaux records avec le Mexique, le Vietnam, Taïwan, la Thaïlande, la Corée du Sud et la Malaisie.
Résultat de ces chiffres, le PIB va être plombé par les exportations nettes au troisième trimestre, comme cela a été le cas au deuxième trimestre.
Au tour de l’IFO
J’évoquais hier la révision à la hausse par l’institut allemand DIW des chiffres de croissance pour cette année.
L’institut économique allemand IFO a également relevé hier ses prévisions, tablant dorénavant sur une croissance de 1,4 % en 2026 et de 1,2 % en 2027, contre des prévisions de 0,8 % pour les deux années précédemment.
Pour expliquer cette révision, il se base sur la hausse de 0,3 % du PIB au deuxième trimestre, et du fait que les dépenses publiques en infrastructures, en transition énergétique et en défense fourniront cette année un stimulus budgétaire d’une valeur de près de 40 milliards d’euros, soit 0,8 % du PIB.
Seul bémol, et de taille, la consommation des ménages restera faible, plombée par la hausse des prix de l’énergie, et sur ce front rien ne s’améliore pour le moment, avec un Brent à 96 $, et un prix du gaz qui a franchi les 70 euros.

Même si la situation s’améliore en Allemagne, n’oublions pas la performance remarquable de l’économie espagnole qui se maintient.
L’indice PMI des services a certes reculé, en passant de 58,3 en juillet à 57,8 en août, mais il a tout de même enregistré son deuxième chiffre le plus élevé depuis près de trois ans et demi.
Petit bémol cependant, le PMI composite est tombé à 55,8 en août contre 56,5 en juillet, reflétant le fait que la croissance a été entièrement portée par les services, la production manufacturière ayant diminué au rythme le plus rapide depuis décembre 2023.
Et l’Italie, qui connaît une stabilité politique inédite, affiche aussi une forte hausse du secteur des services, dont l’indice PMI est passé de 52,5 à 55,2, affichant son rythme le plus rapide depuis près de trois ans et demi.
Ce qui explique pourquoi l’économie italienne a mieux résisté que prévu avec une croissance de 0,3 % au premier trimestre et de 0,2 % au second.
Si l’indice composite est en hausse en passant de 52,5 à 53,6, c’est uniquement grâce aux services, l’indice manufacturier étant passé en territoire négatif.
