Les rendements obligataires ont continué de progresser, avec une tension particulière sur la dette française, sur fond de hausse du prix du baril, ce qui vient raviver les craintes inflationnistes.
Des marchés obligataires à fleur de peau
Les rendements obligataires ont continué de progresser, avec une tension particulière sur la dette française, sur fond de hausse du prix du baril, ce qui vient raviver les craintes inflationnistes.
Hausse des rendements
La hausse des rendements obligataires se poursuit et a été accentuée par la remontée du prix du baril.
Comme le montre le graphique, les rendements du Bund 10 ans et de l’obligation française à 10 ans ont nettement progressé, mais celui de l’obligation française plus fortement, ce qui implique que le différentiel de taux s’est très sensiblement élargi, reflétant les craintes sur la situation en France.

Mais le mouvement ne s’est pas limité à la dette en euro, il a aussi affecté les rendements obligataires au Japon, et les minutes de la dernière réunion de la FED, je vais y revenir, ont aussi poussé le rendement du Treasury 10 ans à la hausse.

Comme je l’évoquais hier, cette remontée est la conséquence des craintes liées aux niveaux d’endettement des Etats, dans un contexte où la reprise des frappes au Moyen-Orient ravive les craintes inflationnistes avec la remontée du prix du baril.
Inflation en Chine
L’inflation des prix à la production en Chine a atteint son niveau le plus élevé depuis quatre ans en juin, en passant de 3,9 % en mai à 4,1 %, suite à la hausse des prix de l’énergie.

D’un mois à l’autre, l’indice des prix à la production a reculé de 0,3 % en juin, avec la décrue du prix du baril, les prix ont progressé en revanche dans certaines industries à haute technologie.
Preuve que le marché intérieur reste atone, les prix à la consommation s’affichent en hausse de 1 % en taux annuel en juin, contre 1,2 % en mai.
L’inflation de base, qui exclut les coûts volatils de l’alimentation et de l’énergie, a augmenté de 1,0 %, le rythme le plus lent depuis janvier.
Inquiétude
C’est ce qui ressort des minutes de la dernière réunion de la FED concernant l’inflation élevée aux Etats-Unis.
Il ressort que quelques « participants » à la réunion ont déclaré qu’il y avait déjà des arguments pour augmenter les coûts d’emprunt, même s’ils avaient finalement convenu avec leurs collègues de maintenir des taux stables « lors de cette réunion ».
Le procès-verbal souligne que « plusieurs participants ont commenté que les pressions sur les prix étaient devenues plus larges, avec une grande part des biens et services — y compris le transport, les billets d’avion, les produits pétrochimiques et les intrants agricoles — connaissant des augmentations substantielles … Plusieurs participants ont remarqué que l’inflation des prix des services, à l’exclusion du logement, avait peu diminué et était restée élevée ».
Tension sur les taux
En Grande-Bretagne aussi sur fond de hausse de la dette, après une mise en garde de l’Office for Budget Responsibility.

Dans son analyse annuelle, il souligne que la dette publique était susceptible de s’orienter vers une « trajectoire insoutenable et en constante ascension » dans pratiquement tous ses scénarios.
L’évaluation de l’OBR montre que les plans actuels du gouvernement travailliste, même s’ils étaient pleinement réalisés, ne suffiraient pas à stopper la montée de la dette à long terme.
Hausse du prix du baril
Même si la hausse est contenue, ce deuxième jour de bombardement au Moyen-Orient montre que l’Iran semble déterminé à maintenir son influence sur la navigation dans le détroit d’Ormuz.
Et même si les Etats-Unis et les pays du Golfe s’y opposent, pour autant ils n’oseront pas défier le pouvoir iranien, et nous pourrions dès lors connaître une impasse qui pourrait nous maintenir dans une crise prolongée.
Ce qui maintiendra une certaine pression inflationniste, ce qui obligera les Banques centrales à rester sur le qui-vive et exercera une pression à la hausse sur les rendements obligataires.
Selon le Commandement américain, cette nuit, les forces américaines ont frappé environ 90 cibles militaires iraniennes, comprenant des systèmes de défense aérienne, des moyens de surveillance côtière, des sites de stockage de missiles et de drones, des capacités navales et des infrastructures logistiques militaires le long des côtes iraniennes.
En représailles, l’Iran a attaqué des sites militaires américains à Bahreïn et au Koweït.
