Défiance par rapport au dollar, avec un yen en hausse sur fond de crainte d’interventions sur le marché par la BO, le marché des changes est particulièrement chahuté en ce début de semaine.
Or au plus haut, tensions sur les devises
Défiance par rapport au dollar, avec un yen en hausse sur fond de crainte d’interventions sur le marché par la BO, le marché des changes est particulièrement chahuté en ce début de semaine.
Mouvements sur les devises
La hausse du yen par rapport au dollar, mouvement qui a commencé vendredi, est assez impressionnante comme le montre le graphique.

Alors qu’il approchait le niveau des 160 pour un dollar, le yen a inversé la tendance après que la FED ait procédé à des vérifications des cours, ce qui a fait craindre une intervention conjointe des Etats-Unis et du Japon.
Cette crainte d’une intervention a été renforcée par les propos de la Première ministre Takaichi qui a déclaré, dimanche, que le gouvernement « prendra les mesures nécessaires contre les mouvements spéculatifs ou très anormaux du marché ».
Cette hausse du yen a évidemment plombé le Nikkei, car cela pénalise les exportations japonaises.
Mais il y a aussi une faiblesse du dollar, qui a aussi nettement reculé par rapport à l’euro sur fond de défiance par rapport à la dette américaine, des tensions entre l’Europe et les Etats-Unis et les tensions internes aux Etats-Unis. Les démocrates ont agité la menace d’une nouvelle fermeture du gouvernement après le nouveau meurtre par des agents d’ICE.

La France décroche
En tout cas dans le secteur des services, comme l’a montré la publication de l’indice PMI des services qui a chuté très lourdement en deux mois, ce qui a entraîné l’indice composite en territoire négatif.

L’indice PMI manufacturier en hausse n’a pas suffi à compenser la chute de l’indice des services.
Pour expliquer ce début d’année morose, il faut pointer un recul des exportations, le contexte politique incertain, avec la crainte d’une chute du gouvernement. Le fait que le budget ait été finalement adopté et que le gouvernement a survécu devrait un peu soulager les entreprises.
En revanche, la situation en Allemagne est meilleure, l’année commençant avec une hausse de son indice PMI des services qui tire ainsi l’indice composite.

Mais par contre, l’emploi trinque, avec un secteur manufacturier qui a poursuivi sa tendance à la suppression d’emplois, et un secteur des services qui a connu la baisse la plus rapide de ses effectifs depuis plus de cinq ans et demi.
Et il ressort aussi que les coûts des intrants ont bondi, marquant le taux d’inflation le plus élevé depuis près de trois ans, sous l’effet de la hausse des salaires et des coûts de l’énergie, des métaux et des transports.
Résultat, l’indice PMI composite pour la zone euro est resté stable à 51,5, la baisse de l’indice des services étant compensée par une légère remontée de l’indice manufacturier.
Mais même si l’indice manufacturier s’est légèrement repris, il reste en territoire négatif. Et preuve que l’année commence sur une note assez morose, les nouvelles commandes ont augmenté au rythme le plus faible depuis septembre et les nouvelles exportations se sont contractées au rythme le plus rapide en quatre mois, ce qui suggère que la demande reste faible dans tous les domaines.
Comme en Allemagne, les pressions globales sur les prix se sont intensifiées, les coûts des intrants augmentant au rythme le plus rapide depuis février et les charges de production augmentant au rythme le plus rapide depuis près de deux ans.
Sérieuse reprise en Grande-Bretagne
L’indice PMI composite a atteint son niveau le plus élevé depuis avril 2024, ce qui a renforcé le sterling aussi bien par rapport à l’euro que par rapport au dollar, le mouvement par rapport à ce dernier étant accentué par le recul du dollar.

Manifestement, les entreprises se montrent soulagées après la présentation du budget qui contient certes des augmentations d’impôts, mais dont l’introduction a été retardée.
Le secteur des services a tiré la croissance vers le haut, tandis que les industries ont connu leur meilleur mois depuis août 2024, avec des carnets de commandes qui se sont étoffés au rythme le plus rapide depuis près de quatre ans.
Mais, revers de la médaille, selon Chris Williamson, économiste en chef de S&P Global pour les entreprises, « les coûts élevés du personnel ont été à nouveau largement signalés comme une cause clé de la hausse des prix de vente, ce qui laisse présager une intensification des pressions sur les prix à un niveau supérieur à l’objectif de la Banque d’Angleterre ».
Résultat, la perspective d’une baisse des taux rapide s’éloigne, ce qui explique la remontée du rendement de l’obligation à 2 ans, ce qui devrait encore soutenir le sterling.

Nouveau record
Pour l’or, qui a dépassé le seuil des 5.000$ l’once ce matin, toujours porté par le contexte géopolitique, mais aussi et surtout par la crise de confiance dans l’administration américaine et les actifs américains.
