Dès janvier, l’Asie impose son rythme – attention de ne pas décrocher

Mode Expresso

Juste le temps de souffler, et il faut déjà replonger, s’immerger, s’interroger et surtout prendre pleinement conscience du poids de la Chine, mais pas seulement, de l’Asie en général dans l’économie mondiale.

Mode Lungo

Juste le temps de souffler, et il faut déjà replonger, s’immerger, s’interroger et surtout prendre pleinement conscience du poids de la Chine, mais pas seulement, de l’Asie en général dans l’économie mondiale.

L’exemple de Singapour

Le PIB a progressé de 1,9 % au quatrième trimestre, soit un taux annuel de 5,7 %, son niveau le plus élevé depuis 2021, grâce au secteur manufacturier et à l’IA.

Pour l’ensemble de l’année 2025, le PIB affiche une hausse de 4,8 %, dépassant toutes les prévisions les plus optimistes.

Cette croissance s’explique selon le gouvernement parce que « la croissance au cours du trimestre a été largement tirée par l’expansion de la production dans les secteurs de la fabrication biomédicale et de l’électronique », et par « une demande soutenue de semi-conducteurs liés à l’intelligence artificielle, de serveurs et de produits liés aux serveurs ».

Le gouvernement a cependant déjà prévenu, qu’en 2026, la croissance serait moindre compte tenu de l’effet des droits de douane américains supérieurs à 10% imposés sur certains produits.

Le secteur manufacturier

Le secteur manufacturier a porté la croissance pour l’économie de Singapour, mais pas seulement, comme le montre la publication des indices PMI manufacturiers en Asie vendredi.

Selon Annabel Fiddes, directrice adjointe de l’économie chez S&P Global Market Intelligence, « le secteur manufacturier taïwanais a terminé l’année 2025 en beauté, les entreprises signalant de nouvelles augmentations de la production et de l’ensemble des nouvelles affaires, sur fond de rapports faisant état d’une demande plus ferme. Des signes indiquent que les entreprises anticipent la poursuite de la reprise en 2026, les fabricants constituant leurs stocks et exprimant un plus grand optimisme quant à la production future ».

Cet optimisme a permis à l’indice de repasser le seuil neutre de 50, pour la première fois en dix mois. Même constat pour la Corée du Sud avec un indice supérieur à 50, une première depuis septembre.

L’enquête PMI de la Corée du Sud a montré la plus forte augmentation des nouvelles commandes depuis novembre 2024.

Selon Usamah Bhatti, économiste chez S&P Global Market Intelligence, « selon les fabricants, les lancements de nouveaux produits et l’amélioration de la demande extérieure ont été à l’origine de l’amélioration des ventes, tandis que la confiance dans les perspectives s’est également nettement améliorée en décembre pour atteindre son plus haut niveau depuis mai 2022. En retour, les entreprises ont été encouragées à augmenter à la fois les niveaux d’emploi et l’activité d’achat ».

En un mot, les entreprises asiatiques innovent, et se développent en plein dans les nouvelles technologies, et on peut évidemment se poser la question de savoir ce que fait l’Europe. A part réglementer, on n’a pas le sentiment que l’Europe fasse preuve de beaucoup de volonté de soutenir l’innovation et les nouvelles technologies.

Même en Chine, le secteur manufacturier a terminé l’année sur une note positive, l’indice officiel PMI est en effet passé de 49,2 en novembre à 50,1 en décembre.

Le sous-indice de la production est passé de 50,0 à 51,7 en décembre, tandis que les nouvelles commandes ont grimpé de 49,2 à 50,8, enregistrant ainsi leur meilleure performance depuis mars.

Seul bémol, les nouvelles commandes à l’exportation sont toutefois restées atones, augmentant légèrement à 49,0 contre 47,6 en novembre.

Mais les consommateurs chinois continuent de se montrer réticents à dépenser, toujours affectés par la crise immobilière, ce qui va obliger les décideurs politiques de rééquilibrer l’économie et de transformer le modèle axé sur la production.

Rééquilibrage

Dans un article publié à la mi-décembre par le Qiushi Journal, le magazine phare du parti, le président Xi Jinping a déclaré qu’il y avait un « excès global de capacité » et qu’ « en fin de compte, c’est la consommation qui est le moteur durable de la croissance économique ».

C’est pour cette raison que les autorités ont promis cette année de réprimer la guerre des prix, de réduire la production dans certains secteurs et d’intensifier les efforts dits “anti-involution”.

Elles ont déjà annoncé un plan d’investissement de l’équivalent de 42 milliards de dollars (295 milliards de yuans), pour soutenir la croissance économique.

Environ 220 milliards de yuans sont réservés à 281 projets faisant partie de stratégies nationales majeures et liées à la sécurité, comme les pipelines souterrains.

75 milliards de yuans serviront au financement de 673 projets couvrant des domaines tels que la protection écologique et la réduction des émissions de carbone.

Et 8,9 milliards de yuans seront utilisés pour un programme de reprise des biens de consommation en 2026. Ce programme a été lancé en 2024, mais les montants alloués à ce dernier restent modestes au regard des sommes dépensées pour soutenir encore et toujours l’industrie.

Nouveauté en 2026, les produits numériques et intelligents seront inclus dans le programme, les smartphones, les tablettes, les smartwatches et les bracelets intelligents bénéficiant d’un rabais de 15 %, plafonné à 500 yuans chacun.

Pour les autres produits comme les réfrigérateurs, les machines à laver et les téléviseurs, les consommateurs peuvent bénéficier d’une subvention de 15 % pouvant aller jusqu’à 1 500 yuans par article.

Et les acheteurs qui mettent à la casse de vieilles voitures reçoivent des subventions équivalant à 12 % du prix d’achat des véhicules à énergie nouvelle, plafonnées à 20 000 yuans.

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