Malgré une restructuration douloureuse attendue de la part de Volkswagen, qui pourrait entraîner la perte de 50.000 emplois, l’économie allemande montre de sérieux signes encourageants de reprise.
Lueur à Berlin, doutes à Washington
Malgré une restructuration douloureuse attendue de la part de Volkswagen, qui pourrait entraîner la perte de 50.000 emplois, l’économie allemande montre de sérieux signes encourageants de reprise.
Et pourtant
Les écueils ne manquent pas, en dehors des énormes difficultés de l’industrie automobile, comme les droits de douane aux Etats-Unis, les importations chinoises, le niveau extrêmement bas du Rhin qui affecte la production (voir la note de mon collègue), la guerre en Iran et la hausse des prix de l’énergie et les difficultés du gouvernement à mettre en place les réformes.
Et malgré cela, l’économie allemande a connu une croissance plus rapide que prévu initialement au deuxième trimestre et le moral des entreprises a atteint son plus haut niveau depuis un an en août.
Le PIB a en effet progressé de 0,3 % au deuxième trimestre, contre une première estimation de 0,2 %.
Et l’indice IFO s’affiche en hausse, ce qui a fait dire à son président que « malgré la nouvelle hausse des prix de l’énergie, l’économie allemande se relève ».

Ces deux indicateurs suivent un série d’autres indicateurs encourageants comme des exportations plus fortes, une hausse de la production industrielle, et une amélioration des résultats trimestriels des entreprises.
Cette embellie ne profite pas au climat des affaires en Belgique, le baromètre de conjoncture, publié hier par la BNB, se replie en août, tiré vers le bas par l’industrie manufacturière et la construction.

Réponse du berger à la bergère
Le Canada a riposté, mardi, avec des droits de représailles sur environ 20 milliards de dollars d’importations annuelles américaines, qui entreront en vigueur le 8 septembre, avec des droits de 15 %, 25 % et 50 % sur environ 700 produits importés.
Le Canada a imposé des tarifs de 50 % sur l’acier, l’aluminium, les meubles et les vêtements, des tarifs de 25 % sur le fromage, les appareils électroménagers et certains produits de la mer, et des tarifs de 15 % sur l’électronique et les outils.
Le gouvernement a aussi annoncé des mesures pour 7,5 milliards de dollars canadiens comprenant un soutien aux petites et moyennes entreprises, un financement des flux de trésorerie des entreprises, et un soutien aux travailleurs à risque liés aux nouveaux tarifs.
Les minutes
J’évoquais hier les minutes de la dernière réunion de la Banque centrale d’Australie, qui soulignaient qu’elle restait très attentive à l’évolution de l’inflation.
Ce matin, la publication du chiffre d’inflation est venu renforcer le sentiment que de nouvelles hausses de taux devraient intervenir dans les prochains mois.
L’inflation a, en effet, augmenté de 1 % en juillet d’un mois à l’autre, contre un taux de 0,8 % en juin, soit un taux annuel qui a moins reculé que prévu à 3,5 % contre 3,8 % en juin.
Et l’inflation sous-jacente a augmenté de 0,5 % sur le mois, la plus forte hausse en un an, soit un taux annuel inchangé à 3,6 %.
A propos de minutes, celles de la dernière réunion de la Banque centrale suédoise montrent qu’une hausse des taux n’est pas à exclure.
Son gouverneur a déclaré, selon ces minutes, « j’estime que notre prochain changement de taux directeur doit être une augmentation. Mais le moment de tout cela reste incertain ».
Et il n’a pas été le seul à le penser, la vice-gouverneure Anna Seim dans le procès-verbal estimant que « mon évaluation est donc qu’il pourrait être nécessaire d’augmenter le taux directeur à l’automne ».
Et la question des taux aux Etats-Unis
Le moral des consommateurs américains a baissé, le marché de l’immobilier souffre des taux élevés, et le Core PCE (l’indice des prix des dépenses de consommation personnelle) est attendu stable à 3,3 %, niveau bien trop éloigné de l’objectif de la FED.
Pour la présidente de la FED de Boston, Susan Collins, « si des preuves de progrès durables en inflation ne se concrétisent pas, je pense qu’il sera approprié de resserrer la politique bientôt afin de garantir la stabilité des prix dans un délai raisonnable. … Les préoccupations concernant les prix élevés sont omniprésentes dans mes conversations avec les parties prenantes à travers la Nouvelle-Angleterre ».
Tout en soulignant qu’elle pense toujours que l’inflation pourrait baisser, mais, avec une inflation au-dessus de l’objectif depuis plus de cinq ans, elle a également déclaré que la FED ne peut pas attendre éternellement, et craint que le fait de manquer un autre temps sur l’objectif d’inflation ne puisse modifier les attentes des consommateurs au point de rendre l’objectif plus difficile à atteindre.
Et ses propos ont une résonance particulière avec la publication de l’indice de confiance des consommateurs, qui a chuté en août à son plus bas niveau depuis sept mois, alors que les perspectives des ménages concernant le marché du travail et l’inflation se sont détériorées.
Et les consommateurs ont revu leurs anticipations d’inflation à la hausse pour les 12 prochains mois à 5,8 % contre 5,6 % en juillet.
Autre frein pour les ménages américains, le niveau des taux hypothécaires, avec comme conséquence que les ventes de maisons individuelles neuves ont chuté de 10,5 % en juillet en taux annuel contre un recul de 6,3 % en juin.
Et le prix médian des maisons neuves de 393.800 $ en juillet était inférieur de 0,9 % à celui de l’année précédente.
Cette hausse des taux hypothécaires est évidemment la conséquence d’une inflation trop élevée, et des hausses des taux longs obligataires. Autant dire que la pression sur Warsh s’accentue encore un peu plus, la seule bonne nouvelle étant la baisse du prix du baril, assez nettement, dans l’espoir de voir quand même le détroit d’Ormuz s’ouvrir.
