La nature s’épuise, l’inflation résiste

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Pas de répit au Moyen-Orient, mais les bourses sont toujours tirées par l’IA, et alors que la chaleur remonte, la hausse du prix du baril est une opportunité pour s’en détourner.

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Pas de répit au Moyen-Orient, mais les bourses sont toujours tirées par l’IA, et alors que la chaleur remonte, la hausse du prix du baril est une opportunité pour s’en détourner.

Réduire notre dépendance

Non pas seulement par rapport à nos fournisseurs, mais par rapport aux énergies fossiles, car cela offrira un double avantage pour l’Europe. Non seulement, nous serons indépendants pour notre énergie, mais en plus cela réduira nos émissions de gaz à effet de serre.

Les chiffres publiés par Copernicus ont été relayés abondamment par tous les médias, mais je voudrais quand même y revenir.

Selon Copernicus, juin 2026 a été le deuxième mois de juin le plus chaud jamais enregistré au niveau mondial, derrière juin 2024. Et l’Europe occidentale a connu son mois de juin le plus chaud depuis le début des relevés. La température moyenne y a atteint 20,74°C, soit 3,05°C au-dessus de la normale.

Mais ce dont on a moins parlé, c’est le fait que la température de surface des océans, hors régions polaires, a atteint 20,86°C en juin, un record absolu pour un mois de juin.

Mais prendre la température ne suffit pas, c’est comme si je constatais que j’avais 39 °C et que je ne faisais rien, or c’est exactement notre attitude actuelle, ou en tout cas nous n’en faisons pas assez.

Selon une étude publiée dans Nature Communications par le Laboratoire des sciences du climat et de l’environnement, entre 2015 et 2023, la mortalité naturelle des arbres a fortement augmenté en France.

« C’est la première fois qu’une étude se penche sur la mortalité naturelle des arbres au niveau national, et elle confirme les remontées des divers acteurs », souligne Agnès Pellissier-Tanon, chercheuse au LSCE et coautrice de l’étude.

Cette mortalité, qui exclut les coupes humaines, les incendies et les tempêtes, a augmenté de 1,5 à 4 fois selon les neuf essences les plus répandues en France. La mortalité naturelle du hêtre commun, qui représente plus de 9 % des arbres en France, a ainsi plus que doublé entre 2019 et 2023. Celle du châtaignier commun dépasse désormais 2,5 %.

Ce que met en évidence cette étude, c’est que la hausse de la mortalité des arbres ne s’explique pas par un événement extrême isolé, mais par une « combinaison d’anomalies climatiques saisonnières ».

Et c’est vrai que cette étude vient bouleverser des idées reçues et nous fait prendre conscience, ou nous rappeler, que la nature est un équilibre fragile.

Dans notre esprit, des printemps humides sont bons pour la nature, et favorables à la croissance des arbres. Mais Agnès Pellissier-Tanon, dans son étude, bouscule cette image d’Epinal, en soulignant que si plus de feuilles poussent du fait d’un printemps favorable, l’arbre aura « besoin de plus d’eau » et sera « davantage pénalisé par un été sec ».

Et en plus, des hivers et printemps anormalement chauds « favorisent la survie des ravageurs et perturbent la physiologie des arbres ».

Et avec les vagues de chaleur que nous connaissons cette année, Agnès Pellissier-Tanon, s’attend à voir une plus forte mortalité des arbres « dans un ou deux ans ».

Mais qui dit hausse de la mortalité des arbres, dit évidemment moins de stockage du CO2.

Selon, l’Observatoire des forêts françaises, en France, les forêts séquestrent encore 47 millions de tonnes par an, mais sur les cinq dernières années, la vitesse de séquestration s’est réduite de 30 %. Et avec des arbres en moins bonne santé, le phénomène va encore s’accentuer.

Réduire notre dépendance

Est un long chemin, mais l’important est de s’y préparer et d’avancer par étape. En attendant, l’effet est aussi inflationniste.

Et pour les membres de la BCE, « l’inflation globale devrait encore augmenter durant l’été et rester bien au-dessus de l’objectif au premier semestre 2027, malgré près de trois hausses de taux d’intérêt de 25 points de base intégrées dans les projections », a indiqué la BCE dans son compte rendu de la réunion des 10 au 11 juin.

Trois hausses de taux ! A ce stade, la BCE a procédé à une hausse de taux lors de cette réunion, et le marché tablait sur un statu quo en juillet. Mais la suite est incertaine, et le compte-rendu souligne que « la communication doit rester neutre, sans suggérer que la décision actuelle était la première d’une série de hausses à venir, ni qu’il s’agissait d’un mouvement ponctuel ».

Si le marché table sur un statu quo en juillet, en revanche, en observant le niveau du Bund 2 ans, il intègre deux hausses de taux pour la suite.

Sans se prononcer sur l’évolution des taux de la part de la FED, le président de la FED de New York, John Williams, à propos de l’inflation, a souligné « il y a certains aspects des perspectives d’inflation qui sont probablement un peu plus bénins, par exemple sur les tarifs, peut-être sur les prix de l’énergie, selon comment cela évoluera », et, « d’autres scénarios où l’inflation est plus persistante et reste plus élevée, ce qui … appelle à une politique monétaire plus stricte. Je pense que c’est la bonne façon de voir les choses ».

Concernant les investissements dans l’IA, il estime qu’ils pourraient entraîner des pressions sur les prix plus faibles à l’avenir, mais qu’ils contribuent désormais clairement à alimenter une inflation qu’il considère comme trop élevée.

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