On discute, on se frappe, et les marchés trinquent

Mode Expresso

On discute mais on continue de se taper dessus, ou bien on se tape dessus mais on commence à discuter, mais dans les faits, l’ultimatum de cinq jours approche et rien ne semble annoncer un accord.

Mode Lungo

On discute mais on continue de se taper dessus, ou bien on se tape dessus mais on commence à discuter, mais dans les faits, l’ultimatum de cinq jours approche et rien ne semble annoncer un accord.

Doute

Voilà pourquoi ce matin, le baril de pétrole est reparti à la hausse au-dessus des 100 $ pour le Brent.

L’Iran a reconnu à demi-mots avoir reçu une proposition américaine pour mettre fin à la guerre, mais n’a pas l’intention d’organiser des pourparlers pour mettre fin au conflit.

Et de son côté, Trump a, une nouvelle fois, menacé de frapper encore plus durement l’Iran s’il n’accepte pas l’accord.

Résultat, les navires passent au compte-goutte par le détroit d’Ormuz, ceux que les Iraniens autorisent à passer.

Pour ne rien arranger sur le marché du pétrole, il semblerait que 40% de la capacité d’exportation de pétrole de la Russie soit à l’arrêt à la suite d’attaques de drones ukrainiens.

Résultat, les bourses asiatiques sont dans le rouge ce matin, des bourses asiatiques qui ont subi depuis le début du conflit des retraits massifs de la part des investisseurs car l’Asie est particulièrement dépendante du pétrole et du gaz transitant par le détroit d’Ormuz. Mais les futures en Europe sont également dans le rouge, et plus on va s’approcher de l’échéance des cinq jours plus la tension va monter.

Confirmation

En Belgique, la confiance des chefs d’entreprise, qui s’était effondrée en février, ne s’est évidemment pas redressée en mars.

Selon cet indice de la BNB, on constate une nette dégradation dans le secteur de la construction et celui des services.

Un peu en contradiction avec le net recul du moral des consommateurs, la BNB souligne que « dans le commerce, la confiance des chefs d’entreprise rebondit après avoir plongé le mois dernier. Dans ce secteur, c’est surtout la vive amélioration des perspectives de demande qui retient l’attention. De plus, les commerçants s’attendent à passer davantage de commandes auprès de leurs fournisseurs et à occuper plus de personnel au cours des trois prochains mois ».

Concernant l’industrie, pas de grand changement d’un mois à l’autre, avec une confiance qui demeure assez faible.

Prête à agir

C’est le message qu’a fait passer Christine Lagarde lors d’un discours à Francfort en déclarant, « si le choc donne lieu à un dépassement important mais pas trop persistant de notre objectif, un ajustement mesuré de la politique pourrait être justifié ».

Et de justifier cette possibilité par le fait que « laisser un tel dépassement sans réponse pourrait poser un risque de communication : le public pourrait avoir du mal à comprendre une fonction de réaction qui ne réagit pas ».

Ses propos laissent sous-entendre que Christine Lagarde ne croit plus vraiment au scénario de base évoqué la semaine passée lors de la réunion de la BCE, scénario d’une inflation qui monterait à 2,6 % avant de retomber.

Mais le scénario défavorable pourrait bien devenir le scénario de base avec une inflation qui culminerait à plus de 4 % au second semestre de cette année, pour revenir à son niveau cible d’ici à la mi-2027.

Tout en sachant que la BCE a dans ses cartons un dernier scénario encore plus défavorable avec une inflation qui culminerait à plus de 6 % au début de l’année prochaine et ne reviendrait pas à son niveau cible avant plusieurs années.

Ne voulant plus reproduire l’erreur de 2021-2022, Christine Lagarde a insisté en soulignant « si nous nous attendons à ce que l’inflation s’écarte de manière significative et persistante de l’objectif, la réponse doit être suffisamment énergique ou persistante. Sinon, des mécanismes d’auto-renforcement se mettraient en place et le risque de désancrage deviendrait aigu ».

Préparer, ne veut pas pour autant dire agir rapidement, et les anticipations de marché sont à ce stade probablement exagérées.

Car comme l’a souligné Christine Lagarde, la situation actuelle ne peut pas être comparée à celle de 2021-2022.

D’une part, parce que jusqu’à présent, le choc énergétique est moins important, en particulier dans le cas du gaz naturel. Et d’autre part, parce que le marché du travail n’est pas aussi tendu qu’à l’époque, il n’y a pas de demande refoulée post-pandémique, les politiques fiscales sont plus strictes et le taux de la Banque centrale est plus élevé.

Toujours à propos d’inflation

Les prix à l’importation aux États-Unis ont connu leur plus forte hausse depuis près de quatre ans en février.

Ils ont augmenté de 1,3 % le mois dernier, la plus forte hausse depuis mars 2022, après une hausse de 0,6 % en janvier.

En taux annuel, ils ont progressé de 1,3 %, soit la plus forte hausse depuis février 2025, contre un taux de 0,3 % en janvier.

Ce chiffre vient conforter le ressenti des chefs d’entreprise, exprimé par l’indice PMI, qui sont confrontés à une hausse des coûts des intrants à cause des droits de douane, des perturbations dans les chaînes d’approvisionnement, et de la flambée des prix de l’énergie.

Ce qui explique les propos de Michael Barr, gouverneur de la FED, qui a constaté que « nous continuons à faire face à une inflation nettement supérieure à l’objectif de 2 % », et dès lors « j’aimerais voir des preuves que l’inflation des prix des biens et des services recule de manière durable avant d’envisager de réduire davantage le taux directeur, à condition que les conditions du marché du travail restent stables ».

Mais il craint que le conflit au Moyen-Orient, avec comme corollaire la hausse du prix du baril, ne compromette le scénario d’une baisse de l’inflation, car cette hausse se répercute déjà sur le prix de l’essence et sur d’autres coûts de consommation.

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