La BCE et la Banque d’Angleterre se réunissent ce jeudi, et vont laisser leurs taux inchangés, l’une parce que l’inflation est en phase avec son objectif, et l’autre parce qu’elle attend un reflux de l’inflation.
Taux figés, économies en suspens
La BCE et la Banque d’Angleterre se réunissent ce jeudi, et vont laisser leurs taux inchangés, l’une parce que l’inflation est en phase avec son objectif, et l’autre parce qu’elle attend un reflux de l’inflation.
Statu quo
L’inflation en zone euro, publiée hier, a confirmé qu’elle continuait de refluer doucement, avec un taux à 1,7 % pour l’inflation globale, soit le plus bas niveau depuis septembre 2024.
L’autre indicateur d’inflation, l’inflation sous-jacente, qui exclut les éléments volatils tels que l’énergie, l’alimentation, l’alcool et le tabac, a légèrement diminué à 2,2 % contre 2,3 en décembre.
Compte tenu d’une inflation proche de son objectif, a priori, la BCE ne devrait pas bouger à ses taux tout au long de cette année. Seul élément qui pourrait l’inciter à baisser ses taux, une appréciation trop forte de l’euro par rapport au dollar, mais le renforcement de ce dernier à 1,18 actuellement, ne le justifie nullement.
Se pose cependant la question de savoir si l’économie européenne n’aurait pas besoin d’un petit coup de pouce, compte tenu d’une croissance qui reste, certes positive, mais qui manque furieusement d’allant.
C’est ce qui ressorti de la publication des indices PMI des services, qui ont marqué le pas en zone euro, à l’exception de l’Italie.

Résultat, l’indice composite de la zone euro est passé de 51,5 en décembre à 51,3 en janvier, ce qui démontre une croissance molle. L’emploi a pratiquement stagné, les suppressions d’emplois dans les usines ayant annulé les légères embauches dans les services.
Mais la BCE reste attentive à l’inflation dans le secteur des services, et il ressort de cette enquête que l’inflation du coût des intrants s’est accélérée pour le troisième mois consécutif et a atteint son plus haut niveau depuis 11 mois.
Attentiste
La BoE peut se permettre d’attendre avant de baisser ses taux après la publication des indices PMI.

L’activité du secteur des services a en effet fortement augmenté en janvier, mais les entreprises ont également fait état d’une hausse de leurs prix, ce qui pourrait inciter la BoE à sursoir sa décision de baisse des taux.
L’indice PMI des services est passé de 51,4 en décembre à 54 en janvier, son plus haut niveau depuis août 2025.
Mais, comme en zone euro, l’inflation dans le secteur des services reste élevée, ce qui constitue aussi un frein pour une baisse des taux.
Secteur stable
Aux Etats-Unis, le secteur des services est resté stable en janvier, selon l’enquête de l’ISM.

Mais comme signalé pour la zone euro et la Grande-Bretagne, la hausse des prix se poursuit, comme le montre le graphique, avec un sous-indice des prix qui est passé de 65,1 en décembre à 66,6 en janvier.
Ce qui a fait dire à Steve Miller, président du comité de l’ISM chargé de l’enquête sur les services aux entreprises, « la question de savoir si les augmentations de prix vont se maintenir ou s’étendre doit être suivie de près ».
Autre point d’attention, l’indice des commandes à l’exportation s’est contracté à 45,0, le niveau le plus bas depuis mars 2023, contre 54,2 le mois précédent. Cette chute pourrait s’expliquer par un sentiment « anti-américain » de la part des acheteurs, phénomène déjà constaté dans l’industrie.
Prix élevés et activité ferme, aucune raison pour la FED de se précipiter pour baisser ses taux. Demeure la question de l’état du marché de l’emploi, qui semble se stabiliser.
Ce dernier continue de ne se caractériser par « ni embauche, ni licenciement », ce qui est ressorti du rapport publié par ADP sur les créations d’emploi dans le secteur privé. Les effectifs du secteur privé ont augmenté de 22.000 emplois en janvier, après une hausse de 37.000 en décembre.
Malheureusement, le rapport sur l’emploi pour le mois de janvier, qui devait être publié demain, sera publié mercredi prochain à cause de la fermeture partielle du gouvernement qui s’est terminée mardi.
Le taux de chômage devrait rester inchangé à 4,4 %, et les créations d’emploi sont attendues à 70.000 contre 50.000 en décembre.
En l’état, aucune raison pour la FED de s’inquiéter d’un risque important de fléchissement du marché du travail.
Ce qui a incité la gouverneure de la FED, Lisa Cook, à déclarer « à l’heure actuelle, je considère que les risques sont orientés vers une augmentation de l’inflation ».
Fort de ce constat, « nous avons mis en place beaucoup de mesures d’assouplissement à la fin de l’année dernière et je pense que, compte tenu de la situation du marché du travail et de l’inflation, c’est le bon moment pour se reposer et attendre de voir ce qui se passe ».
Car bien qu’elle soit optimiste sur le fait que l’effet des tarifs douaniers sur les prix des biens s’atténuera et permettra à l’inflation de redescendre cette année, il y a encore « beaucoup d’incertitudes ».
Dès lors « après près de cinq ans d’inflation supérieure à l’objectif fixé, il est essentiel que nous maintenions notre crédibilité en revenant sur une trajectoire désinflationniste et en atteignant notre objectif dans un avenir relativement proche. Jusqu’à ce que je voie des preuves plus solides que l’inflation se rapproche durablement de l’objectif, c’est là que je me concentrerai, en l’absence de changements inattendus sur le marché de l’emploi ».
