Quand les marchés font la fête, l’industrie américaine tire la langue

Mode Expresso

Les marchés financiers ont fait totalement fi de la capture de Maduro, au contraire, les compagnies pétrolières ont porté les indices boursiers aux Etats-Unis, sur fond de hausse toujours des valeurs technologiques.

Mode Lungo

Les marchés financiers ont fait totalement fi de la capture de Maduro, au contraire, les compagnies pétrolières ont porté les indices boursiers aux Etats-Unis, sur fond de hausse toujours des valeurs technologiques.

Peu de réactions

Pas de glissade des marchés hier, et même au contraire une hausse quasi généralisée avec un prix du baril qui a faiblement progressé.

J’ai eu l’occasion d’expliquer pourquoi la réaction sur le prix du baril a été très limitée sur le site 2minutes.fr, hier, ainsi que sur celui du Trends.be (réservé aux abonnés).

Et ce matin, en Asie, les bourses de Taïwan et de Corée du Sud ont atteint des sommets historiques, portées par les valeurs technologiques.

A propos de record, le prix du cuivre, déjà fortement sous tension, a atteint un nouveau record à la suite d’une grève dans une mine au Chili.

Industrie américaine toujours faible

C’est ce qui ressort de la publication, hier, de l’indice ISM manufacturier, qui a même chuté à son niveau le plus bas depuis 14 mois en décembre.

Responsable principal de ce recul, sans ambiguïté, les droits de douane, selon les commentaires des répondants à l’enquête.

Ce qui explique pourquoi l’indice est passé de 48,2 en novembre à 47,9 en décembre, soit le dixième mois consécutif en dessous du seuil des 50.

Et la suite ne s’annonce guère mieux pour certains secteurs. Certains fabricants de produits métalliques ont indiqué que « les niveaux de commande ont continué à baisser ». Et que le « janvier et février ne s’annoncent pas très bien, car les réservations sont en baisse de 25 % par rapport aux deux premiers mois de 2025 », peut-on lire dans le rapport.

Les fabricants de produits informatiques et électroniques ont déclaré que « les marges se sont détériorées, car il n’est pas possible de répercuter entièrement les augmentations de coûts ».

Pour les fabricants d’équipements de transport « l’humeur générale de l’industrie est que le premier semestre de 2026 sera un nouveau fiasco ».

Ces constats se reflètent dans le sous-indice des nouvelles commandes, qui est resté très faible à 47,7.

Preuve que les droits de douane ne sont pas sans effets, les coûts des intrants industriels restent élevés, avec le sous-indice des prix payés qui est resté inchangé à 58,5.

Et dernier point, l’emploi dans les usines a baissé pour le onzième mois consécutif, ce qui représente la plus longue chute des embauches dans le secteur, selon la mesure de l’ISM, depuis environ cinq ans.

Et justement, il sera beaucoup question de l’état du marché de l’emploi aux Etats-Unis avec la publication, demain, du chiffre des emplois disponibles, et celui des créations d’emploi dans le secteur privé publié par ADP. Mais surtout, vendredi, le taux de chômage qui est attendu à 4,5 % contre 4,6 %, et celui des créations d’emploi.

Après Singapour

Après Singapour, que j’évoquais vendredi, une autre économie profite indirectement des bouleversements dans les flux commerciaux, à savoir le Vietnam.

Selon les données publiées hier, la croissance a été de 8 % en 2025, portée par les exportations, malgré des droits de douane de 20 % vers les Etats-Unis. Ces dernières ont augmenté au total de 17 % par rapport à l’année dernière, et celles vers les États-Unis se sont élevées à 153 milliards de dollars, contre un chiffre record de 119,5 milliards de dollars en 2024.

Résultat, l’excédent commercial avec les Etats-Unis s’est hissé à un niveau sans précédent à près de 134 milliards de dollars.

Le Vietnam est devenu une véritable tête de pont, qui permet, à des multinationales étrangères d’assembler leurs produits, souvent fabriqués à partir de composants et de matières premières provenant de Chine, avant de les exporter principalement vers les États-Unis.

Ce qui explique pourquoi, si les exportations affichent un record, il en est de même des importations, qui ont atteint, l’année dernière, un niveau record de 186 milliards de dollars, contre 144,2 milliards de dollars en 2024.

C’est justement parce que le Vietnam est devenu cette plaque tournante de transbordement pour les marchandises chinoises exportées vers les États-Unis, que l’administration Trump a menacé de droits de douane de 40 % les marchandises transbordées illégalement. Mais à ce stade, la Maison-Blanche n’a pas encore indiqué ses critères pour déterminer ce qui peut être considéré comme un transbordement illégal.

Voilà comment la croissance est passée de 7,09 % en 2024 à 8,02 % en 2025, soutenue aussi par la consommation intérieure et l’augmentation des dépenses publiques en matière d’infrastructures.

La production industrielle et les ventes au détail ont toutes deux augmenté de 9,2 % en 2025, selon les données publiées hier.

Pour la période 2026-2030, le gouvernement vise une croissance annuelle d’au moins 10 %.

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