La croissance pour cette année a été revue de moitié en Grande-Bretagne, ce qui a obligé la ministre des Finances à revoir à la baisse ses projets de dépenses.

La Grande-Bretagne fortement fragilisée
La croissance pour cette année a été revue de moitié en Grande-Bretagne, ce qui a obligé la ministre des Finances à revoir à la baisse ses projets de dépenses.
Situation délicate
Et pourtant, la journée avait bien commencé, à l’heure des pancakes, avec l’annonce d’un recul de l’inflation à 2.8% contre 2.9%, et une inflation sous-jacente à 3.5% contre 3.7%, en taux annuel.

Certes pas encore suffisant pour tout à fait rassurer la Banque d’Angleterre, mais lui donner un peu de perspective de pouvoir réduire ses taux plus tard si le mouvement de repli se poursuit.
Mais la seconde partie de la journée a été moins positive, avec l’annonce par l’Office for Budget Responsibility d’une très forte révision à la baisse de la croissance pour cette année à 1% contre 2% précédemment.
Cette perspective d’un très fort recul de la croissance a obligé la ministre britannique des Finances, Rachel Reeves, de revoir à la baisse ses projets de dépenses.
Les coupes budgétaires toucheront en particulier les dépenses sociales, qui seront réduites à 0.3% du PIB, permettant au gouvernement travailliste d’économiser 3.4 milliards de sterling.
Rachel Reeves a bien dû admettre que « l’économie mondiale est devenue plus incertaine, ce qui engendre de l’insécurité au niveau national, car les modèles commerciaux deviennent plus instables et les coûts d’emprunt augmentent pour de nombreuses grandes économies ».
Et de fragilité il est en question, car si les États-Unis augmentent de 20 points de pourcentage les droits de douane dits “réciproques” sur leurs partenaires commerciaux, la croissance britannique pourrait être inférieure de 1% à son pic attendu en 2026-2027, qui se situe à 1.9%.
L’OBR a également révisé à la hausse ses prévisions d’inflation, anticipant une augmentation des prix moyenne de 3.2% en 2025, contre une estimation de 2.6% précédemment.
Droits de douane
Et d’incertitude il en est question avec l’annonce, hier, par Trump d’une hausse des droits de douane de 25 % sur les voitures et les pièces détachées à partir du 2 avril.
Avec cependant des nuances, la mesure est reportée d’un mois pour les moteurs, les transmissions et les composants électriques importés qui se retrouvent dans les véhicules dont la construction finale a lieu aux États-Unis.
Une pause, provisoire ou pas, sera accordée aux pièces essentielles, telles que celles qui sont expédiées du Canada et du Mexique et qui sont conformes au pacte de libre-échange conclu entre ces pays.
Cette annonce est évidemment une très mauvaise nouvelle pour les constructeurs automobiles qui n’ont pas d’usines aux Etats-Unis, comme Mitsubishi. Mais General Motors et Ford seront aussi touchés étant donné que ces deux constructeurs assemblent respectivement 48 % et 18 % de leurs voitures vendues aux États-Unis en dehors du pays.
Selon les estimations, les États-Unis ont importé pour 474 milliards de dollars de produits automobiles en 2024, dont 220 milliards de dollars de voitures particulières. Le Mexique, le Japon, la Corée du Sud, le Canada et l’Allemagne, étaient les principaux fournisseurs.
Impossible à ce stade de mesurer les impacts, mais pour les ménages américains le surcoût pourrait s’élever entre 3.000 et 10.000 dollars par voiture, de quoi leur faire avaler de travers leur gaufre. Et même Musk s’est inquiété, en déclarant sur X « l’impact des droits de douane sur Tesla reste important ».
La Chine n’est évidemment pas épargnée par ces mesures, mais Trump a annoncé qu’il serait prêt à réduire les droits de douane si la société ByteDance, la société mère chinoise de TikTok, vendait son application à un acheteur non chinois.
Sans surprise, les actions ont lourdement chuté au Japon et en Corée du Sud, et les futures en Europe affichent un recul de 0.50%. Et la bourse américaine n’avait pas été épargnée, avec une chute de 2% du Nasdaq, ce dernier étant à fortes composantes technologiques que l’on retrouvent dans les automobiles.
Tous les regards se tournent maintenant vers les pays concernés, le Japon ayant annoncé que toutes les options étaient sur la table, le Canada qu’il allait imposer des mesures de rétorsion et l’UE qu’elle allait chercher des solutions négociées.
Le risque de stagflation aux Etats-Unis pourrait encore s’avérer plus important après ces annonces, et rend la situation plus compliquée pour la FED.
Pour le président de la FED de Minneapolis, Neel Kashkari étant donné les forces « plutôt contradictoires » qui pourraient émaner de ces mesures, la FED devrait « rester là où elle est pendant une longue période jusqu’à ce que nous obtenions des éclaircissements ».
Pour Kashkari, la baisse de la confiance pourrait ralentir les dépenses des ménages et des entreprises plus encore que les tarifs douaniers proprement dits, un peu comme quand la sauce ne prend pas et retombe.
Et de conclure « cela me rend nerveux », mais « la bonne nouvelle, c’est que la confiance pourrait être rétablie rapidement si ces incertitudes commerciales étaient résolues par des pactes commerciaux avec d’autres pays ».
