Le diable est dans les détails

Posté le 6 décembre 2019

Le détail des chiffres du PIB de la zone euro et de l’UE pour le troisième trimestre donne des informations intéressantes et qui valent la peine de s’y arrêter.

PIB de la zone euro et de l’UE

Ce n’est évidemment pas sur le taux de croissance très faible de 0.2% que l’on va s’étaler, mais sur les différences importantes d’un trimestre à l’autre.

Premier constat illustré par le tableau publié par Eurostat, les divergences de croissance importantes entre les différents pays de l’UE, avec les pays de l’Europe de l’Est qui trustent les premières places et l’Allemagne dans les lanternes rouges.

Mais le plus intéressant est d’observer dans le graphique les détails des éléments qui ont contribué positivement ou négativement à la croissance. Il ressort, pour la zone euro, qu’au deuxième trimestre c’est le commerce extérieur qui avait tiré la croissance à la baisse à cause de la faiblesse des exportations et une forte hausse des importations. Et que cet impact négatif n’a pas eu lieu au troisième trimestre. Par contre, la formation brute de capital, qui avait été un facteur important de soutien à la croissance au deuxième trimestre, est tombée à un niveau très faible, ce qui ne peut qu’interpeller pour l’avenir car cela signifie un arrêt des investissements.

Par contre, élément positif, la consommation a plus largement contribué à la croissance qu’au trimestre précédent, ce qui est un signal encourageant.

L’Allemagne lanterne rouge cela est évidemment très interpellant et surtout que pour le moment à part des signes de stabilisation nous n’avons pas encore le moindre signe d’inversion de tendance. Nous serons dès lors très attentifs au chiffre de la production industrielle qui est attendu à 0.10% pour le mois d’octobre contre -0.60% le mois précédent, soit un taux annuel de -3.60% contre -4.30%.

« American First » vraiment ?

A priori, en regardant le recul de -7.6% d’un mois à l’autre du déficit commercial américain qui est tombé à 47.2 milliards de dollars, c’est ce que l’on pourrait penser. A première vue seulement, car le déficit s’est réduit sous l’effet d’un recul des importations mais des exportations aussi. En effet, ces dernières ont reculé de -0.6% alors que les importations ont reculé de -2.1%.

Cela signifie que le flux commercial s’est réduit ce qui indique une ralentissement de la demande intérieure et un ralentissement général de la croissance. Si le déficit commercial s’est réduit de 1.1% avec la Chine, par contre il a nettement augmenté avec l’UE avec un bond de 20%.

Et de façon tout à fait ironique, le surplus commercial avec le Brésil a augmenté à son niveau le plus élevé depuis mars 2014.

Pour revenir sur le recul des importations, ce recul concerne tout une série de biens de consommation comme les Gsm, articles de sports, jeux, … ce qui signifie un recul de la demande intérieure.

Nous serons dès lors attentif aux chiffres du chômage publiés cet après-midi avec un taux de chômage attendu stable à 3.6% et des créations d’emploi qui devraient être de 180.000 contre 128.000 le mois passé.

Réduction de la production de pétrole

Les pays producteurs de pétrole devraient entériner le principe d’une réduction supplémentaire de 500.000 barils par jour sur le premier trimestre 2020, ce qui n’a vraiment pas beaucoup ému les marchés quand on voit le prix du baril ce matin.

Il faut dire, comme l’illustre le graphique, que le poids de l’OPEP dans la production mondiale s’est très nettement réduit et aussi que cette réduction supplémentaire n’est que pour 3 mois.