La réponse du berger à la bergère

Posté le 14 novembre 2019

Powell n’a pas manqué de répondre indirectement à Trump en rappelant que l’économie américaine continuait d’avoir une croissance solide.

La réponse de Powell

Il a rappelé que les taux d’intérêt négatifs ne se justifiaient nullement dans l’environnement actuel aux États-Unis. Son message était clairement destiné à Trump quand il a souligné que « our economy is in a strong position. We have groth, we have a strong consumer sector, we have inflation… ».

La politique monétaire de la FED est donc appropriée à cette situation et la FED n’a pas pour rôle de venir interférer dans la politique, façon de rappeler que l’inverse est vrai aussi.

A propos de l’inflation aux États-Unis, cette dernière a augmenté de 0.4% soit un taux annuel de 1.8% contre 1.7%. Si l’on prend l’inflation de base, elle a augmenté de 0.2% soit un taux annuel à 2.3% contre 2.4%. Cette dernière reste donc contenue, mais n’en demeure pas moins à l’objectif de la FED, ce qui exclut toute autre baisse de taux.

Dans l’attente des PIB

Le chiffre du PIB en Allemagne est attendu aujourd’hui avec une certaine inquiétude, même si une récession technique, deux trimestres successifs en négatif, ne veut pas dire que l’Allemagne sera en récession sur l’ensemble de l’année.

Il n’empêche, la croissance est attendue en recul de -0.1%, soit un taux annuel de 0.50% contre 0.40%, ce qui sera totalement en ligne avec les prévisions des principaux instituts.

L’impact du ralentissement et de la guerre commercial se fait évidemment durement sentir dans les chiffres de croissance au troisième trimestre et c’est aussi le cas au Japon.

En effet, le PIB a progressé de 0.2% contre 0.3% au trimestre précédent, soit un taux annuel qui est passé de 1.8% à 0.8%. La consommation intérieure n’a pas réussi à compenser la chute des exportations et elle devrait même peser sur la croissance au quatrième trimestre.

Impacts de la guerre commerciale

Si les chiffres du PIB souffrent de cette guerre commerciale, l’économie chinoise est évidemment en première ligne et souffre de mois en mois de l’impact négatif.

Ainsi, la production industrielle (voir graphique), a connu un sérieux ralentissement avec une hausse annuelle de 4.7% contre 5.8% le mois précédent. En cause, la chute des exportations qui pèse sur l’activité économique.

Et en plus, les ventes de détail ont connu une hausse de 7.2% en taux annuel, soit un niveau proche de celui d’avril qui était le plus bas depuis 10 ans.

Et ce ralentissement n’incite pas les investissements et ces derniers ont connu une hausse de 5.2% depuis le début de l’année, soit le taux le plus faible depuis 1996.

Pas étonnant que la signature d’un accord demeure le point d’attention principal des marchés, d’autant plus après la publication de ces indices.

Recul de l’inflation

Mais qui n’empêche pas le sterling de se renforcer suite au renforcement de la position de Boris Johnson dans les sondages.

Comme le montre le graphique, l’inflation en Grande-Bretagne a reculé à 1.5% contre 1.7%, soit le taux le plus bas depuis novembre 2016 , l’inflation de base restant stable.

Ce chiffre a une consonance particulière quand on sait que deux membres de la BOE ont voté lors de la dernière réunion en faveur d’une baisse des taux.

Ce déclin de l’inflation renforce donc nettement la probabilité d’une baisse des taux l’année prochaine, pour autant bien évidemment que le Brexit soit réglé dans sa première phase.

Stabilisation ?

Comme en Allemagne, la production industrielle en zone euro a montré un premier signal de stabilisation qui entretient l’espoir que nous avons touché le fonds (voir graphique).

Après une hausse de 0.4% en août, elle a progressé de 0.1%, soutenue par l’activité en France et aux Pays-Bas, alors que l’Allemagne et l’Italie ont continué de peser sur cette dernière.

Mais évidemment cette reprise ne sera pas suffisante pour entrainer un rebond de la croissance. Le chiffre du troisième trimestre devrait être confirmé à 0.2%, comme le trimestre précédent, et donne clairement la tendance pour le dernier trimestre de l’année.

 

Exceptionnellement, il n’y aura pas de commentaire demain.