La rhétorique ne change pas

Posté le 13 novembre 2019

Rien de bien neuf dans la rhétorique de Trump, qui a laissé sur leur faim les marchés financiers.

Rien de neuf

Sur le front des négociations avec la Chine, la route est longue et l’accord n’est peut-être pas aussi imminent qu’on le pensait. Trump a en tout cas menacé la Chine d’une hausse substantielle des tarifs douaniers si l’accord n’était pas signé.

Mais quant au contenu de cet accord, nous restons toujours dans le flou le plus total. Et Trump n’a donné aucune précision alors même qu’il a indiqué que les discussions étaient closes.

Sans surprise, il s’en est une nouvelle fois pris à la FED « give me some of that money », et est revenu sur la nécessité d’avoir des taux négatifs.

Les réactions des marchés ont été à la mesure des propos de Trump, statu quo sur les taux, repli ce matin des bourses asiatiques et baisse du yuan.

Position attentiste des banques centrales

La FED, malgré les propos de Trump, a clôturé son processus d’ajustement monétaire et ne devrait plus agir sur les taux. La BCE est allée jusqu’au bout du possible et attend maintenant que les États prennent le relais.

La majorité des banques centrales, après une phase d’ajustement, semblent rentrer dans une période d’attentisme prudent. C’est le cas de la banque centrale d’Australie et de Nouvelle-Zélande. Cette dernière a décidé de laisser son taux inchangé à 1% tout en laissant la porte ouverte à une nouvelle baisse de taux à l’avenir en cas de dégradation de la situation. Mais clairement, elle estime à 50/50 la chance d’une baisse des taux l’année prochaine.

La banque centrale d’Australie n’a pas dit autre chose en laissant ses taux inchangés à 0.75% et en soulignant que les taux allaient rester bas pour encore une longue période.

Il faut dire que malgré le ralentissement, la banque centrale table encore sur une croissance de 2.25% cette année, contre 2.50% précédemment, et sur un taux de 3% en 2021.

Le mystère de la NOK

Comme le montre le graphique, la couronne norvégienne après avoir touché un niveau record à la baisse face à l’euro à 10.24, s’est sensiblement renforcée.

Cette reprise semble liée à l’évolution positive des discussions entre les Chinois et les Américains, et pour preuve, la déception après le discours de Trump a directement affecté la devise.

Cela n’explique cependant pas pourquoi cette devise a été particulièrement pénalisée ces dernières années, et pourquoi le mouvement s’est accéléré durant cette année. Mais en tout cas un accord pourrait bien bénéficier à cette dernière.

Stabilisation

Après l’indice PMI manufacturier et l’indice IFO, l’indice ZEW en Allemagne a montré un premier signal de stabilisation.

Même si cet indice, qui mesure le moral des investisseurs est moins pertinent, car extrêmement volatile et subjectif, il a quand même, comme le montre le graphique, marqué un signal de stabilisation, une première depuis mars 2018.

A côté de cela, il apparait que le secteur de la construction aura soutenu cette année la croissance en Allemagne et devrait connaitre une croissance de 5% contre 4.2% l’année passée, année déjà faste.

Mais cela ne devrait pas empêcher l’Allemagne de tomber en récession technique, soit deux trimestres successifs négatifs. On attend en effet demain le chiffre de la croissance au troisième trimestre qui est prévue à -0.1% contre -0.1% le trimestre précédent.