Un nouveau modèle !

Posté le 12 novembre 2019

La Grande-Bretagne a sans doute inventé un nouveau modèle de croissance caractérisé par des phases de stop and start en fonction du report des dates du Brexit.

Le modèle stop and start

Il faut cependant reconnaitre que ce nouveau modèle n’est pas du goût de tout le monde, et Moddy’s a annoncé avoir abaissé la perspective du rating de la Grande-Bretagne de « stable » à « négative ».

L’économie britannique est donc caractérisée par une évolution erratique liée aux reports successifs du Brexit. Après avoir connu une contraction de -0.2 % de son PIB au deuxième trimestre, elle a connu une croissance de 0.3 % au troisième trimestre. Cette hausse est la conséquence du report du Brexit qui a donné une bouffée d’oxygène à l’économie.

Mais en taux annuel, la croissance est tombée à 1 % contre 1.3 % précédemment, soit le taux le plus bas depuis 2010 et la moitié du taux que connaissait la Grande-Bretagne avant le référendum.

Ce chiffre a renforcé le sterling qui est passé sous le seuil des 86 par rapport à l’euro, mais ce mouvement est aussi lié au fait que le parti de Nigel Farage a décidé de ne pas présenter des candidats contre les Conservateurs. Cette décision renforce la position de Boris Johnson et a contribué à la hausse du sterling.

Discours très attendu

Le discours de Trump devant the Economic Club of New York est très attendu et très couru aussi. Ce discours pourrait être celui qui va lui permettre d’encore un plus vanter sa politique pour accélérer sa campagne électorale.

Mais c’est surtout au sujet de la guerre commerciale qu’il est fortement attendu. Trump devrait en principe annoncer un nouveau report de 6 mois de l’imposition de nouvelles taxes douanières sur les importations de voitures et de pièces détachées européennes.

Mais évidemment c’est sur l’état d’avancement des discussions avec la Chine que l’attente est la plus forte, alors que Trump a contesté le fait que les États-Unis avaient accepté de retirer les tarifs imposés jusqu’à présent.

Ce n’est donc pas une surprise de voir que le yuan est reparti de nouveau à la baisse et frôle de nouveau avec le niveau des 7 par rapport au dollar comme le montre le graphique.

Contestation

Le yuan est aussi sous pression suite au mouvement de contestation à Hong Kong. La violence ne semble pas s’arrêter, bien au contraire, et les craintes d’une intervention de la Chine se renforcent un peu plus chaque jour.

La bourse de Hong Kong a encore connu une très nette correction après une phase d’accalmie comme le montre le graphique.

Je devrais mettre un « s » à contestation, car c’est le cas aussi au Chili, en Bolivie, et au Liban, avec un mouvement de révolte par rapport à des inégalités qui se creusent et /ou un pouvoir politique qui s’accroche à ses privilèges . La situation en Bolivie pourrait s’enflammer avec le départ précipité de l’ex-président Morales.

Évolution contrastée

Le yuan est aussi balloté entre la hausse de l’inflation qui empêche la banque centrale d’agir significativement sur les taux, et la baisse des prix à la production.

Le CPI est en effet passé de 3 % à 3.8 % en taux annuel, une première depuis janvier 2012, à cause de la hausse du prix du porc qui a doublé en un an.

Par contre, comme le montre le graphique, les prix à la production ont continué de reculer en passant de -1.2 % à -1.6 % en taux annuel. Ce recul est le reflet d’un ralentissement de l’activité de l’industrie conséquence de la guerre commerciale.

Cette hausse de l’inflation vient limiter la marge de manœuvre de la banque centrale et explique pourquoi elle a réduit de seulement 0.05 % son taux central. Et pourtant la baisse des prix à la production nécessiterait des mesures plus amples. On pourrait encore s’attendre à une réduction des réserves obligatoires des banques plutôt qu’à une baisse du taux directeur d’ici la fin de l’année.