Faire et défaire

Posté le 8 novembre 2019

Faire et défaire c’est toujours avancer même si finalement c’est quand même revenir à la case départ, mais au moins on a le sentiment d’avoir fait quelque chose.

Nouvelles avancées

Si le yuan s’est encore renforcé, comme le montre le graphique, c’est suite à l’annonce que les Américains et les Chinois pourraient annuler, par phase, les différentes hausses de tarifs douaniers imposées depuis plus d’un an. Cette annonce doit cependant encore être nuancée, même si elle a encore une fois été saluée par les bourses et fait remonter les taux, car elle émane particulièrement de la Chine.

Elle est en tout cas envisagée par les Américains et pourrait faire partie de l’accord Phase I, le premier signal confirmant cette possibilité étant que les Américains annoncent qu’ils retirent la hausse des tarifs du 1er septembre dernier.

Les Chinois sont en tout cas pressants sur ce point, alors qu’au sein des équipes de la Maison Blanche une certaine réticence se fait encore sentir, car le retrait de ces hausses de tarifs revient à se priver d’une arme de négociation.

Est-ce la perspective d’un accord, mais en tout cas au mois d’octobre, les exportations chinoises n’ont reculé que de -0.9% en taux annuel contre un recul de -3.2% le mois précédent.

Par contre, et cela demeure inquiétant, les importations ne montrent aucun signal de reprise de la demande intérieure malgré les mesures de soutien apportées par les autorités. Ces dernières affichent un recul de -6.4% en taux annuel, soit le sixième mois en déclin après une baisse de -8.5% en septembre

Mouvements sur les taux

La perspective de la signature d’un accord a non seulement porté les bourses mais a aussi provoqué une remontée assez sensible des taux longs terme. Cette hausse a fait rebasculer les rendements en territoire positif, ce qui en soit est plutôt une bonne nouvelle.

Pour bien montrer l’ampleur du mouvement, qui n’est en rien le signal d’une forte remontée des taux pour autant, j’ai repris l’évolution de la courbe allemande. Sur le graphique, la courbe mauve était la courbe au 14 août dernier, où tous les rendements étaient en territoire négatif. En orange c’est bien évidemment la courbe actuelle qui reste jusqu’à 20 ans toujours en territoire négatif mais qui est quand même remontée sur l’ensemble des périodes. Ainsi, le rendement de l’obligation belge et française à 10 ans est repassé en territoire positif.

Petite parenthèse à propos des taux, comme le montre le graphique, le rendement de l’obligation grecque à 10 ans est passé sous le rendement de l’obligation italienne à 10 ans, une première depuis 2008.

La route sera difficile

Tout en soulignant que l’UE connaissait sa septième année de croissance, la Commission européenne n’en évoque pas moins une route difficile et a revu légèrement à la baisse ses prévisions de croissance.

Elle s’attend maintenant à ce que le PIB de la zone euro progresse de 1,1 % en 2019 et de 1,2 % en 2020 et 2021, soit une révision de -0.1% pour 2019 et 2020 et de -0.2% pour 2021. Pour l’UE dans son ensemble, le PIB devrait augmenter de 1,4 % en 2019, en 2020 et en 2021, soit une révision à la baisse pour 2020 de -0.2% (le tableau donne le détail pour tous les pays).

Pour la Grande-Bretagne, la Commission s’est contentée d’établir des prévisions purement techniques étant donné l’incertitude qui continue de régner.

Changement de cap en vue ?

C’est sans doute pour cette raison que lors de la réunion de la BOE le statut quo n’a été voté qu’à 7 voix contre 2. Deux membres du comité ont voté en faveur d’une baisse des taux, une première depuis le référendum de 2016.

Il faut dire que la BOE s’inquiète de la dégradation du contexte économique et qu’elle a peint un tableau assez noir de la situation en prédisant une croissance qui pourrait être amputée d’un bon 1% sur les trois prochaines années.

La perspective de voir donc les taux baisser en Grande-Bretagne s’est nettement renforcée et pourrait donc intervenir au début de l’année prochaine.

Ralentissement en Inde

L’Inde n’échappe pas au ralentissement mondial, et alors que la croissance au deuxième trimestre n’avait été que de 5%, elle risque fort de ne pas connaitre de reprise significative.

Compte tenu de ce ralentissement, Moody’s a annoncé qu’elle mettait le rating Baa2 sous perspectives négatives au lieu de stables. Cette décision est justifiée par le ralentissement de la croissance qui intervient dans un contexte délicat d’assèchement du crédit.