Patience, patience.

Posté le 7 novembre 2019

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En révisant la croissance en zone euro, le FMI ne vient évidemment confirmer que ce que les indices PMI nous indiquent ces derniers mois.

Ralentissement qui perdure

Le FMI a revu la croissance dans la zone euro à 1.2% cette année contre 1.3% précédemment et à 1.4% en 2020 et 2021 contre 1.5% précédemment. Ce ralentissement est la conséquence, selon lui, d’une croissance anémique en Allemagne et d’une stagnation en Italie.

Pour cette année, pour l’Allemagne, il a revu sa prévision à 0.5% contre 0.8% et a réitéré son appel à une réponse fiscale synchronisée des gouvernements de la zone euro.

Que nous ont indiqué les indices PMI publiés ces derniers jours ? Malgré, le petit rebond (voir graphique) de l’indice PMI composite dans la zone euro, le niveau de cet indice continue d’indiquer une croissance en quasi-stagnation en octobre. Après une première estimation de la croissance au troisième trimestre de 0.2%, cette dernière pourrait n’être que de 0.1% au quatrième.

Au Japon, la situation n’est guère plus enviable avec un recul des indices de confiance des entreprises, le fameux indice Tankan. Comme le montre le graphique, cet indice pour l’industrie est tombé à son niveau le plus bas depuis 6 ans et demi. Le secteur manufacturier continue de souffrir de la guerre commerciale et du ralentissement du commerce international. Alors que le secteur des services, qui a vu son indice passer de +25 à +12, pointe en particulier la hausse de la TVA qui pèse sur le moral des commerçants.

Réunion de la BOE

Ayant comme échéance les élections le 12 décembre et la sortie normalement au plus tard de l’UE le 31 janvier 2020, la BOE ne va certainement pas modifier ses taux lors de sa réunion.

Elle devrait donc confirmer son attitude attentiste en dépit de la décision de la BCE en septembre et de la dernière baisse de taux de la part de la FED.

Et cela même si les signaux de ralentissement de la croissance s’accumulent mais le contexte politique n’est malheureusement pas propice à une baisse des taux.

Report de la signature

Si les bourses ont fait du surplace hier c’est en grande partie suite à l’annonce d’un report de la signature de l’accord entre les Etats-Unis et la Chine au mois de décembre.

Ce report s’expliquerait, d’une part, pour des raisons très pratiques mais néanmoins symboliques de trouver le lieu idéal pour la signature. Et d’autre part, parce que la Chine essaye d’obtenir de la part des Américains un retrait des hausses de tarifs décidées en septembre dernier et une confirmation que les hausses prévues en décembre seront bien annulées. Ces exigences font bien partie des négociations et en échange la Chine s’engage toujours à acheter massivement des produits agricoles américains.

Ce report a provoqué une légère remontée de la parité en USD/CNH au-dessus de 7, signe d’une certaine déception.

Certains s’en sortent mieux

Dans la zone asiatique, la guerre commerciale et le ralentissement de l’économie chinoise a eu un double effet pénalisant pour la majorité des pays. Mais certains s’en sortent mieux, soit parce qu’ils se sont substitués à la Chine dans ses flux commerciaux, soit parce que la demande intérieure est restée solide.

C’est entre autres, pour ce dernier point, le cas des Philippines qui ont connu une croissance de 1.6% au troisième trimestre, soit une croissance annuelle de 6.2% contre 5.5% précédemment. Cette consommation intérieure, qui représente 60% de la croissance, a progressé de 5.9% contre 5.4%, a été soutenue par la baisse de 0.75% cette année du taux de la banque centrale qui a été ramené à 4%.