Une fameuse résilience

Posté le 31 octobre 2019

Muenster, Germany – August 25, 2012: List of stock market indices on a high resolution LCD screen presented on iPhone 4 Stocks application. A stock market index is a method of measuring the value of a section of the stock market.

Sacrée résilience de l’économie américaine, qui n’a pas empêché pour autant la FED de baisser son taux pour la troisième fois cette année.

La résilience de l’économie américaine

Au lieu d’une croissance de 1.6% au troisième trimestre, l’économie américaine a connu une croissance de 1.9%, assez proche donc de celle du trimestre précédent.

Comme le montre le graphique, la consommation reste le fer de lance de la croissance, même si elle n’a pas réédité l’exploit du trimestre précédent. Elle a connu une hausse de 2.9% et contribue donc largement à ce chiffre de croissance. Le commerce international, qui  avait pesé sur la croissance le trimestre précédent, n’a eu pratiquement aucun impact.

En revanche, les dépenses de construction, qui avaient pesé sur la croissance au deuxième trimestre, ont contribué très positivement à la croissance suite à la baisse des taux.

A propos de baisse de taux, et malgré donc cette résilience de l’économie, la FED a bien procédé une nouvelle baisse de son taux pour le ramener dans une fourchette entre 1.50% et 1.75%. Cette décision prise à 8 contre 2, 2 qui étaient en faveur du statu quo, était totalement anticipée et n’a donc pas eu d’impact important. Même si la bourse américaine a salué ce chiffre du PIB et la décision de la FED, alors même que cette dernière a clairement laissé entendre qu’elle allait faire une pause.

Et c’est sans doute le message le plus important de cette réunion distillé par Powell, à savoir que la politique monétaire était en bonne place et que la FED ne devrait plus agir de manière appropriée pour le moment.

Le deuxième élément qui montre la résilience de l’économie américaine est le chiffre des créations d’emploi dans le secteur privé. Selon ADP, ce chiffre a été de 125.000 en octobre, mais a été revu à la baisse pour le mois précédent à 93.000 contre 135.000.

Demain sera publié le chiffre du chômage qui est attendu en légère hausse à 3.6% contre 3.5%, et avec 85.000 créations d’emploi contre 114.000.

Porte ouverte à des baisses de taux

La décision de la FED ouvre la porte à d’autres baisses de taux dans le monde, et la banque centrale de Hong Kong s’est engouffrée dans la brèche et a suivi la FED en baissant son taux de 0.25% pour le porter à 2%. Il faut dire que cette dernière est confrontée à une récession, une première depuis 10 ans, suite aux manifestations.

La BOJ, ce matin, a annoncé qu’elle laissait sa politique monétaire inchangée, mais elle a quand même changé son « forward guidance », en laissant entendre qu’elle pourrait encore réduire son taux dans un avenir proche.

La BOC a laissé comme prévu son taux inchangé mais a clairement laissé entendre qu’elle pourrait à l’avenir baisser ses taux compte tenu du ralentissement de l’activité. Elle a d’ailleurs revu à la baisse ses prévisions et table désormais sur un taux de 1.3% en 2019 contre 1.5% précédemment, et sur un taux de 1.7% contre 1.9% en 2020 et de 1.8% contre 2% pour 2021.

La publication des indicateurs PMI officiels en Chine ont renforcé aussi le sentiment que la banque centrale pourrait baisser ses taux dans les prochains mois. L’indice PMI manufacturier a encore reculé à 49.3 contre 49.8, avec en particulier une baisse du sous-indice « new export orders » à 47 contre 48.2.

Et le secteur des services montre aussi des signes de ralentissement en s’affichant à 52.8 contre 53.7.

L’Europe continue de souffrir

Comme le montre le graphique, l’indice de confiance publié par la Commission européenne poursuit son recul et se situe à son niveau le plus bas depuis janvier 2015. Inutile de revenir sur les causes qui expliquent ce nouveau recul, mais rappelons simplement que la tenue des élections en Grande-Bretagne a complètement occulté le fait que l’accord pour sortir de l’UE n’a toujours pas été ratifié par le parlement.

Et ce ne sont pas les chiffres du PIB au troisième trimestre qui vont faire remonter le moral dans la zone euro. Si l’Espagne continue de bien s’en sortir avec une croissance qui devrait être de 0.40% comme le trimestre précédent, soit un taux annuel de 2%, et que la France a affiché une croissance de 0.3%, il n’en est pas de même pour l’Italie et la zone euro.

Pour l’Italie on attend une croissance nulle au troisième trimestre comme le trimestre précédent, soit un taux annuel de 0.20% contre -0.10%. Pour la zone euro, on table sur une croissance de 0.10% contre 0.20% le trimestre précédent, soit un taux annuel de 1.10% contre 1.20%.