Un jour sans fin

Posté le 22 octobre 2019
Wheatfield in sunset

Wheatfield in sunset

Pour ceux qui ont vu le film « un jour sans fin », la saga du Brexit y ressemble furieusement. Tous les matins nous nous levons et on nous annonce, non pas que c’est le jour de la marmotte, mais que c’est le jour du vote crucial, et cela recommence le lendemain.

Vent optimiste

Et pourtant cela n’empêche pas qu’un vent d’optimisme souffle sur les marchés boursiers et fait remonter très nettement les rendements obligataires.

D’abord parce que le sentiment sur le Brexit est plus apaisé car le risque d’une sortie sans accord s’est nettement éloigné malgré les péripéties de ces derniers jours.

Car deux scénarii prévalent pour le moment. Le premier est celui d’un vote favorable du parlement, qui entérine l’accord, et donc l’application de la période de transition qui s’ouvrirait jusqu’en décembre 2020. Le sterling et la bourse anglaise devraient être les grands gagnants dans ce cas-là.

Le deuxième est celui d’un rejet par le parlement qui conduirait alors à des élections générales et à un report du Brexit avec une très faible probabilité d’une sortie sans accord. Le sterling serait alors sous pression mais pas plus qu’il ne l’a été depuis 3 ans.

La deuxième raison de ce vent d’optimisme qui souffle sur les bourses tient aux avancées significatives que semblent connaitre les discussions entre les Américains et les Chinois. De part et d’autre on fait preuve d’amabilité pour souligner combien les choses avancent bien et les Américains ont même sous-entendu que les nouvelles sanctions prévues en décembre (hausse des tarifs douaniers de 25% à 30%) pourraient être annulées, et ils sont allés jusqu’à évoquer la suppression de certaines hausses des taxes douanières.

Les bourses se sont engouffrées dans cet espoir d’un accord et les taux se sont nettement redressés comme le montre l’évolution du rendement du treasury 10 ans.

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Situation fragile encore

Car tout ne va pas être résolu en cas d’accord, mais il est évident que si l’on a la conjonction d’un accord sur le Brexit et d’un accord commercial, le contexte économique devrait connaitre une embellie l’année prochaine.

Mais en attendant, comme le soulignais le FMI, la croissance est négativement impactée et le ralentissement s’observe partout, avec comme conséquence des baisses de taux encore attendues.

Cela devrait être le cas cette semaine en Russie et en Indonésie, mais pas en Suède où les taux devraient rester inchangés.

En attendant aussi, le sentiment de précarité a nettement augmenté malgré un contexte d’inflation contenue, ce qui provoque des tensions sociales extrêmement fortes et violentes. Ces mouvements sociaux touchent pour le moment le Chili (avec un engrenage de la violence très inquiétant), l’Irak, l’Egypte, et le Liban et sont le reflet d’une inégalité croissante et interpellante.

En attendant, les effets de la guerre commerciale se marquent un peu plus chaque jour et la Bundesbank a admis que l’Allemagne devrait connaitre une contraction de son PIB au troisième trimestre après un recul de -0.1% au deuxième trimestre.

Dollar canadien sous pression

Comme le montre le graphique, le dollar canadien est un peu sous pression après le résultat des élections. Si Trudeau a été reconduit, son parti, le parti Libéral, a perdu sa majorité avec 155 sièges sur 338. Il devra donc composer avec le New Democratic Party (NDP), ce qui devrait plutôt affaiblir sa position et sa politique future.

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