Ubuesque

Posté le 21 octobre 2019

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Comment définir autrement la situation dans le dossier du Brexit après le vote du parlement britannique, vote que personne n’avait prévu malgré tous les scénarii imaginés.

Et maintenant ?

Le sterling a finalement peu réagi car il a été frappé, comme tout le monde, par une certaine sidération. Pour résumé la situation, je pourrais reprendre un tweet du journaliste François Beaudonnet « hallucinant : de source britannique, Bruxelles aurait reçu ce soir (samedi) 3 documents : 1) l’un demandant le report du Brexit, non signé ! 2) un 2nd disant :  « on vous a envoyé le 1er document parce qu’on est obligés » ! 3) un dernier de Boris Johnson, disant qu’il ne veut pas de report ! ».

Bruxelles a, en tout cas, décidé de se préparer à une sortie le 31 octobre et certains pays dont la France ne veulent plus d’un report et espèrent que d’ici quelques jours un vote du parlement britannique viendra accepter le nouvel accord.

Et ils auraient mieux à faire

Les gouvernements que de devoir gérer ce dossier alors que les effets délétères de la guerre commerciale ne font sentir à tous les étages de l’économie et dans toutes les régions.

Ainsi, au Japon, les exportations ont chuté de -5.2% sur un an soit largement plus que le recul de -4% attendu. Par région, cela donne un recul de -6.7% des exportations vers la Chine, qui est le premier partenaire commercial. Vers l’Asie, en dehors de la Chine, le recul est de -7.8% avec une chute des exportations de semi-conducteurs en particulier vers la Corée du Sud. Pas d’exception pour les Etats-Unis, où les exportations ont reculé de -7.9% sur un an. Mais les importations en provenance des Etats-Unis ne font pas mieux, bien au contraire, puisqu’elles reculent de -11.6%.

Pas étonnant que le gouvernement japonais a revu les perspectives à la baisse pour la situation économique et que l’on attend de nouvelles mesures de la part de la BOJ. Elle pourrait encore baisser ses taux lors de sa réunion qui se tiendra le 30 et 31 octobre, en même temps que celle de la FED d’ailleurs, et à une date lourde de sens.

Conséquence de cette chute dans la production des semi-conducteurs, la Corée du Sud a annoncé que sur les 20 premiers jours du mois d’octobre, ses exportations ont chuté en taux annuel de -19.5%, avec un recul de -20% vers la Chine, de -17.4% vers les Etats-Unis et de -36.6% vers l’UE.

Aucune région dans le monde n’est épargnée par l’impact négatif de cette guerre commerciale qui pèse sur l’économie mondiale comme l’ont encore rappelé le FMI et la Banque Mondiale.

Révisions aussi pour les pays nordiques

Aucune région en effet n’échappe aux révisions et c’est le cas pour les trois pays nordiques.

Pour la Suède, après une croissance de 2.4% en 2018, elle devrait connaitre un taux de 1.4% alors qu’elle tablait jusqu’à présent sur une croissance de 1.8%.Et pour l’année prochaine cela ne sera guère mieux puisqu’on attend un taux de 1.3%.

Malgré la chute inexorable de sa devise (voir graphique), la Norvège devrait voir sa croissance passer de 2.3% cette année à 1.8% l’année prochaine. Et le Danemark ne devrait pas faire exception avec une croissance qui passerait de 1.9% en 2019 à 1.5% l’année prochaine.

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Prix du baril sous pression

Face à ce ralentissement généralisé, le prix du baril reste sous pression malgré le recul de la production décidé par l’OPEP + , malgré les tensions géopolitiques et l’arrêt des exportations iraniennes.

Il devrait se stabiliser autour des 60$ pour le brent (voir graphique) avec l’arrivée de l’hiver qui devrait soutenir la demande, mais la question d’une nouvelle réduction de la production n’est pas exclue. Ce qui évidemment à un impact négatif sur les économies des pays exportateurs.

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