Le meilleur accord .. so what ?

Posté le 18 octobre 2019

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Personne à ce stade ne peut dire quelle sera la suite des événements dans le dossier du Brexit, mais les marchés se sont montrés extrêmement prudents et dans l’expectative.

Un nouvel accord

Ce nouvel accord ne prévoit plus de « backstop », ce filet de sécurité qui maintenait le Royaume-Uni dans un territoire douanier avec l’UE. Pour rappel, ce dispositif avait pour but d’empêcher le rétablissement d’une frontière physique entre les deux Irlandes après des décennies de troubles.

L’idée du nouvel accord est que si des produits en provenance de pays tiers entrent en Irlande du Nord et s’ils y restent, alors seront appliqués les droits de douanes britanniques.

En revanche, si les marchandises (toujours en provenance de pays tiers) sont destinées à entrer dans l’UE, via l’Irlande du Nord, alors les autorités britanniques appliqueront les droits de douanes de l’UE. Ce sont les douaniers britanniques qui vérifieront les produits à leur entrée dans la province et appliqueront le code des douanes de l’Union.

Autre point d’achoppement, la TVA. Pour éviter une frontière dure entre les deux Irlandes et protéger l’intégrité du marché unique européen, les règles de l’UE concernant la TVA sur les marchandises continueront de s’appliquer en Irlande du Nord. Le service des douanes britanniques sera chargé de l’application et de la collecte de cette TVA.

Par contre ce qui ne change pas c’est que le Royaume-Uni restera membre de l’union douanière européenne et du marché intérieur de l’UE pendant la période de transition, c’est-à-dire au moins jusqu’à la fin de 2020 et au plus tard jusqu’à la fin de 2022. Ce laps de temps sera mis à profit pour négocier un accord de libre-échange.

Mais il faut maintenant que cet accord soit validé par le parlement britannique et c’est là que cela se corse. Car Johnson n’a pas la majorité au parlement et le DUP (Democratic Unionist Party) a déjà rejeté cet accord et dispose de 10 voix. Et le leader du Labour a également rejeté l’accord et donc un rejet par le parlement, comme pour Theresa May, ne peut absolument pas être exclu.

S’ouvre alors la possibilité d’un report avec de nouvelles élections en espérant que Johnson obtienne une majorité pour ratifier l’accord. Mais le scénario d’un nouveau référendum revient au-devant de la scène avec la possibilité d’un abandon du Brexit.

Tout en tenant compte que Johnson veut sortir le 30 octobre coûte que coûte. A ce stade tout est possible.

Le plus faible depuis 30 ans

Il s’agit du PIB de la Chine au troisième trimestre qui est tombé à 6% comme le montre le graphique. Après une hausse de 6.2% au deuxième trimestre, il s’agit bien évidemment d’une déception. Mais en même temps sans surprise tellement les signes avant-coureurs avaient été nombreux et qu’on savait que la guerre commerciale allait peser sur l’activité industrielle.

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En même temps que ce chiffre ont été publiés d’autres indicateurs qui montrent une toute petite amélioration. Ainsi, la production industrielle a augmenté de 5.8% en taux annuel en septembre contre un taux de 5% attendu. Les ventes de détail ont progressé de 7.8% en taux annuel contre une hausse de 7.5% le mois passé.

Il n’en demeure pas moins que les autorités vont devoir prendre de nouvelles mesures de soutien pour l’économie et que vu les incertitudes qui entourent toujours l’accord commercial la croissance va demeurer sous pression.

Le plus faible depuis 2 ans et demi

Il s’agit du taux d’inflation au Japon comme le montre le graphique. Le taux d’inflation de base est tombé à 0.3% contre 0.5%, soit un taux extrêmement éloigné de l’objectif de la BOJ qui table sur un taux de 1% en mars 2020 et de 2% en mars 2021.

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Ce chiffre relance ou plutôt conforte le sentiment que lors de sa prochaine réunion la BOJ devrait prendre de nouvelles mesures massives de stimulation monétaire.

Recul de la production industrielle aux Etats-Unis

Comme le montre le graphique, la production industrielle aux Etats-Unis a reculé de -0.5% après une hausse de 0.6% le mois passé. Ce recul s’explique par l’impact négatif de la guerre commerciale qui commence à peser sérieusement sur l’industrie manufacturière.

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Mais il faut aussi pointer la grève qui touche les 48.000 travailleurs de General Motors qui a inéluctablement pesé sur la production. Même si ce chiffre doit donc être relativisé, il faut constater néanmoins que les utilisations des capacités industrielles ont reculé en passant de 77.9% à 77.5%.

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