Le commerce mondial continue de reculer

Posté le 17 octobre 2019

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C’est bien évidemment toujours l’espoir d’un accord dans le dossier du Brexit qui domine et le suspense demeure entier, car le délai est extrêmement court, mais la volonté d’aboutir semble pour le moment toujours de mise.

Recul des ventes de détail

On connait l’importance de la consommation intérieure dans le PIB américain, et la publication d’un recul des ventes de détail fait toujours un peu frémir.

Ces dernières ont reculé, pour la première fois depuis février, de -0.3% après une hausse de 0.6% le mois passé. Il est encore trop tôt pour en tirer des conclusions, mais ce chiffre confirme le sentiment de ces derniers temps d’une décélération de l’économie américaine.

Cela rejoint le constat du Libre Beige de la FED qui relève un ralentissement dans le secteur manufacturier pour la majorité des districts. Mais globalement l’économie américaine continue sur sa lancée d’une croissance modeste, mais en expansion.

Taux d’inflation encore en recul

Comme le montre le graphique, l’inflation en zone euro a encore reculé et est tombée à 0.8% contre 0.9%. Même si l’inflation de base est restée inchangée à 1%, ce nouveau recul est bien évidemment inquiétant pour la BCE, car en dépit des annonces du 12 septembre dernier, l’inflation n’augmente pas.

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Ce recul est d’autant plus interpellant qu’il est lié à une révision à la baisse des prix à la production. Ce qui confirme les difficultés du secteur manufacturier, encore lui, à cause évidemment du Brexit et de la guerre commerciale.

Ce ralentissement très net de l’activité manufacturière a été confirmé par le recul de -2.2% sur un an des exportations de biens de la zone euro vers le reste du monde. Mais les importations ne font guère mieux avec un recul de -4.1% par rapport à août 2018.

Si l’on prend les chiffres pour l’UE, le recul des exportations est de -3.3% sur un an, alors que les importations ont reculé de -0.6%, toujours par rapport au reste du monde.

Cela entraine comme conséquence que le surplus commercial de l’UE avec les États-Unis s’est accentué en passant de 90.6 à 102.7 milliards d’euros alors que le déficit avec la Chine s’est creusé en passant de -116.3 à -127.4 milliards d’euros.

Si on compare la période de janvier à août 2018 à la période de janvier à août 2019, il faut souligner la chute de -15.3% des exportations de l’UE vers la Turquie, et de -5.6% vers la Corée du Sud. Et les importations en provenance de la Norvège ont chuté de -11.3%.

A propos de la Norvège justement

Comme le montre le graphique, la couronne norvégienne est fortement sous pression aussi bien par rapport au dollar que par rapport à l’euro. Même si la faiblesse de la devise est un atout pour les exportations, la Norvège subit de plein fouet la baisse du prix du baril et le ralentissement du commerce mondial.

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Malgré une croissance supérieure à la moyenne européenne, la banque centrale de Norvège ne devrait plus augmenter ses taux la semaine prochaine après 4 hausses depuis 13 mois.

La couronne norvégienne perdrait donc un soutien ce qui explique en partie le petit rallye observé hier dans un contexte où le prix du baril est repassé sous le seuil des 60$.

A propos de la baisse du prix du baril

Cette baisse du prix du baril a aussi comme conséquence un recul de l’inflation en Grande-Bretagne qui est tombée à 1.7% soit son niveau le plus faible depuis décembre 2016.

Comme le montre le graphique, la tendance est clairement à la baisse sur l’inflation en Grande-Bretagne, ce qui permettrait à la BOE de baisser ses taux en cas de nouveau report du Brexit.

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Car s’ils n’arrivent pas à s’entendre dans les prochaines heures, Boris Johnson pourrait/ devrait demander un report. A moins qu’il n’ait médité la sentence de Cioran « on a d’autant plus de prise sur ce monde qu’on s’en éloigne, qu’on n’y adhère pas. Le renoncement confère un pouvoir infini ».

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