Trop beau pour y croire ?

Posté le 11 octobre 2019

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C’est presque trop beau pour y croire, mais d’un côté les pourparlers entre les Chinois et les Américains se déroulent dans un climat positif, et d’un autre côté, un accord sur le Brexit pourrait être possible.

Tout va bien dans le meilleur des mondes !

Concernant les discussions entre les Chinois et les Américains, Trump a déclaré que « we had a very, very good negotiation with China », et il devrait en principe rencontrer ce vendredi le Vice Premier Liu He.

Concernant le Brexit, la bonne nouvelle est venue du premier ministre irlandais, qui détient sans aucun doute la clef de la sortie, qui s’est montré très positif et qui a évoqué une réunion très positive avec Boris Johnson.

A ce stade rien n’a filtré de la teneur des discussions entre les deux dirigeants, mais les propos de Leo Varadkar ont fait bondir la livre sterling comme le montre le graphique.

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La conjonction de ces deux éléments a évidemment été saluée par les bourses, alors que les rendements obligataires repartaient à la hausse, le rendement du treasury 10 ans passant de 1.57 % à 1.67 %, et que le prix du baril prenait le même chemin.

Dollar en recul

Cette conjonction de bonnes nouvelles a permis une détente du dollar, accentuée aussi sans aucun doute aussi par l’interrogation qui demeure sur les intentions de la FED.

Si un accord devait être conclu on pourrait penser légitimement que le dollar pourrait se renforcer, mais en même temps il pourrait moins servir de monnaie de refuge et donc s’affaiblir.

Mais la perspective d’une baisse de taux de la part de la FED en octobre aura plutôt tendance à peser sur le dollar.

Et cette perspective a été confortée après la publication de l’inflation aux États-Unis. Comme le montre le graphique, même si le core CPI est en hausse à 2.4 %, la tendance générale reste orientée à la baisse, ce qui laisse de la latitude à la FED.

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Dissensions au sein de la BCE

Les minutes de la dernière réunion de la BCE ont bien confirmé ce que tout le monde subodorait, à savoir qu’il y avait eu de fameuses dissensions lors de la dernière réunion.

Il ressort en effet clairement qu’un tiers des membres du Conseil se sont opposés à la décision de relancer le programme de rachat d’actifs, dont la France et l’Allemagne.

Même la décision de la baisse des taux n’a pas fait l’unanimité, alors que d’autres avaient soutenu l’idée d’une baisse de 0.20 % du taux des réserves obligatoires des banques.

Cette opposition au programme de rachat d’actifs est en grande partie liée aux craintes que la BCE ne dépasse à un moment ses limites d’achat. En effet, la BCE a fixé qu’elle ne peut pas racheter plus d’un tiers de la dette de chaque pays membre, seuil qu’elle approche dangereusement pour l’Allemagne.

Mais en tout cas, cette dissension jette un voile négatif sur le programme de rachat d’actifs et enlève à ce dernier une grande partie de sa pertinence. Et Christine Lagarde aura donc fort à faire pour faire taire ces dissensions ou pour modifier les règles de la BCE.

Toujours des mauvaises nouvelles en Allemagne

Un accord entre la Chine et les États-Unis serait une véritable bénédiction pour l’Allemagne, et si en prime la sortie de la Grande-Bretagne se fait avec un accord cela deviendrait presque un miracle.

En attendant, les chiffres confirment que l’Allemagne s’enfonce inexorablement dans la récession. Le dernier en date a été l’annonce d’un recul de -1.8 % des exportations au mois d’août.

Avec comme conséquence comme le montre le graphique que le surplus de la balance commerciale s’est nettement réduit ces derniers temps.

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Tout le monde, et les Allemands en premier croisent les doigts pour qu’un accord, qui sera sans doute limité, émerge dans les prochains jours.

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