Le flou domine

Posté le 9 octobre 2019

flou

L’image se brouille de plus en plus, le flou devient de plus en plus marqué, le doute s’installe et même la FED ne parvient plus à envoyer un signal clair et cohérent.

Relations américano-chinoise

Alors que normalement les discussions devraient reprendre demain, les Américains ont pris tout une série de mesures qui fâchent les Chinois. Après avoir imposé des restrictions aux entreprises, ils ont imposé des restrictions de visa pour certains officiels chinois impliqués dans la répression des minorités musulmanes.

Et l’administration américaine compte bien toujours mettre en place les nouveaux tarifs douaniers à partir du 15 octobre.

Difficile d’imaginer évidemment dans ces conditions que les discussions soient, déjà simplement possibles, et les espoirs d’un accord s’éloignent de plus en plus, ce qui a pesé lourdement sur les bourses.

Une FED qui semble douter

A côté de cela, la FED semble être aussi perplexe que nous, ce qui n’a rien de très rassurant et les propos de Powell manquent de cohérence et de ligne directrice.

Cette situation est d’autant plus interpellante dans le contexte actuel et que l’on aurait au contraire besoin d’un message rassurant.

Même si la croissance est très durable selon Powell, il n’a pas exclu une baisse de taux, ni d’augmenter à nouveau le bilan de la FED même si cette dernière mesure ne sera pas une reprise du programme d’assouplissement quantitatif. Ces propos ont conforté le sentiment que lors de la réunion de fin octobre, une nouvelle baisse de taux aurait bien lieu ce que montre l’évolution du rendement du treasury 2 ans.

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Mais dans ce même discours il a exprimé de sérieux doutes sur la bonne connaissance qu’avait finalement la FED de l’état de l’économie. Il a entre autres pointé deux éléments assez troublants dans son discours.

Powell a en effet déclaré que « la mauvaise mesure de la productivité a peut-être en fait sous-estimé la croissance du produit intérieur brut au cours des dernières années ». Soit mais ce n’est pas le plus important, il a estimé que « les révisions des données sur l’emploi ont montré que l’économie a créé moins d’emplois que prévu ». Et que donc « là où le marché de l’emploi était en plein essor, nous assistons à une croissance plus modérée ».

Or un des arguments de la FED ces derniers mois était de dire que compte tenu de la fermeté du marché de l’emploi, il n’y avait aucune raison de douter de la solidité de l’économie américaine.

Le clash en vue sur le Brexit ?

Les points de vue semblent irréconciliables et un accord lors du sommet européen du 19 octobre semble totalement impossible. Les deux parties se renvoient la balle, sans qu’aucune avancée tangible ne soit engrangée.

En plus, les signes de ralentissement de l’économie anglaise se multiplient et la crainte d’une récession s’est encore renforcée. Le sterling est reparti à la baisse comme le montre le graphique.

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« Synchronized slowdown »

Et comme si on en avait encore besoin, la nouvelle directrice du FMI, Kristalina Georgieva, a mis en garde sur les risques qui pèsent sur l’économie mondiale en parlant d’un « synchronized slowdown ».

Selon les dernières estimations conjointes du FMI et de la Banque Mondiale, les effets cumulés de la guerre commerciale pourraient réduire de 700 milliards de dollars le PIB mondiale en 2020, soit amputer la croissance de 0.8%. Et pour prendre une image forte, elle a ajouté que « dans ce scénario, l’entièreté de l’économie suisse disparaitrait ».

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